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Rémi Sabourin travaille en enseignement depuis 1992. Il a enseigné aux cycles moyen et intermédiaire dans la région du Centre-Sud de l’Ontario.  

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Son implication syndicale remonte à 1997, lorsqu’il est observateur à l’assemblée générale de l’AEFO provinciale. Par la suite, il est notamment devenu membre du comité de consultation en négociation lors de la première négociation après l’amalgamation des conseils scolaires en Ontario. De 2006 à 2016, il a été président de l’Unité 64 – Centre-Sud catholique. Il est membre du conseil d’administration de l’AEFO depuis 2005.

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Cet article a d'abord été publié en février 2019 dans Perpectives, le magazine de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) 

Parlez-vous français ? Au Canada, près de 10 millions* de francophones et de francophiles peuvent répondre oui à la question. Et maintenant, posez la question — parlez-vous français? — aux Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens. La réponse sera oui, bien entendu. Mais il est bien possible que derrière ce oui,vous entendiez quelque chose de plus : une profonde et légitime indignation. Car, encore une fois, les droits linguistiques fondamentaux des francophones sont menacés en Ontario.

Tout a commencé un 15 novembre 2018 pendant une mise à jour économique du ministre des Finances de l’Ontario, Vic Fedeli. Sans préavis — et, d’après moi, sans logique ni raison —, il déclara à l’Assemblée législative la fin du Commissariat aux services en français et l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français. Pour les 620 000 francophones de la province, cela revenait à freiner l’amélioration des services dans leur langue maternelle et à leur interdire un meilleur et plus grand accès à une éducation postsecondaire en français. Pas étonnant que l’évènement ait tant fait réagir… Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à se déchaîner. De partout au pays, les appuis se sont manifestés — je tiens d’ailleurs à remercier les syndicats d’enseignement qui nous ont donné leur appui. Très rapidement, un mouvement de résistance a surgi, puis 14 000 personnes ont participé à une trentaine de manifestations partout en province et plusieurs autres à travers le pays… Les francophones et francophiles ne s’arrêteront pas là; car, pour nous, la lutte est loin d’être terminée.

Je ne peux pas dire que la décision du gouvernement ontarien ait été entièrement surprenante. Dès la course à la chefferie des conservateurs, en mars 2018, Doug Ford avait annoncé ses couleurs, notamment en promettant d’abolir le programme d’éducation sexuelle de 2015, un curriculum progressiste qui tenait compte des réalités d’aujourd’hui et qui avait été mis en place par le gouvernement ontarien précédent. Ça s’annonçait plutôt mal pour le monde de l’éducation… Une fois élu premier ministre de l’Ontario, il a ressorti le curriculum d’éducation physique et santé de 1998 et lancé ce qu’il a par la suite appelé la « plus vaste consultation publique de l’histoire de l’Ontario ». Comme vous le savez, cette consultation sur l’éducation était ouverte à qui le voulait, et comprenait un méli-mélo de questions sur l’éducation sexuelle, les téléphones cellulaires, les mathématiques, les tests standardisés ou toute autre question que la population générale avait envie d’aborder. En prime pour Doug Ford, ce Don Quichotte redresseur des torts causés par l’éducation publique et le personnel enseignant : un lien sur le formulaire de consultation menant directement à l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario afin de porter plainte contre n’importe quelle enseignante ou n’importe quel enseignant.

Un courant de populisme semble donc traverser l’Ontario. Qu’il s’agisse de mettre en place un programme de bière à un dollar ou d’annuler l’augmentation du salaire minimum, les annonces surprises se multiplient… et les syndicats se mobilisent. Car, à l’inverse de Doug Ford, les syndicats se portent à la défense de causes bien réelles, qui, souvent, touchent l’ensemble de la société.

En Ontario comme ailleurs, le populisme continuera probablement sa montée, soufflant, comme le vent d’hiver, des idées « pour le peuple » derrière lesquelles peuvent se cacher le manque de transparence et le manque de rigueur. Les Donald Trump de ce monde prétendent être les seuls qui représentent « le peuple ». Pourtant, tout porte à croire qu’ils ne connaissent pas l’importance de la collectivité. Si les circonstances l’exigent et qu’on pousse les syndicats à monter aux barricades, nous le ferons. Exactement comme lors des manifestations du 1er décembre. Partout en province, l’AEFO était présente ainsi qu’un très grand nombre de ses membres. Nous savons manifester, revendiquer. C’est notre expertise. C’est dans notre ADN.

Parlez-vous français? Non seulement nous le parlons, mais nous vivons en français. C’est dans notre langue que nous allons à l’école, que nous travaillons et que nous vieillissons. Et nous avons la ferme intention de nous assurer que les générations futures pourront encore faire le même choix.

Voilà pourquoi, pour l’instant, les revendications des francophones retentissent d’un bout à l’autre du pays.

C’est notre langue, notre culture et notre droit.

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La fin de l’année 2018 aura été mouvementée pour la francophonie : élimination du Commissariat aux services en français, arrêt du projet de l’Université de l’Ontario français, recul concernant certaines décisions, etc. On finit par croire que le gouvernement semble privilégier les décisions spontanées, voire imprévisibles et non informées. Mais il se trouve que les francophones savent faire face à toute décision, surtout lorsque leurs droits sont menacés : réaction immédiate et indignée de la communauté franco-ontarienne et franco-canadienne, de francophiles, d’anglophones... manifestations massives le 1er décembre, auxquelles les membres de l’AEFO ont participé en grand nombre... concertations d’organismes, de juristes pour planifier les prochaines étapes... La lutte, qui ne fait que commencer, sera chaude. Qu’à cela ne tienne. L’AEFO sera présente à chacune des batailles. Je crois d’ailleurs que les membres de l’AEFO, à titre de travailleuses et travailleurs en éducation, sont une des premières lignes de défense pour les droits des francophones. L’éducation est un des piliers de la société, que nous avons le devoir de protéger. Nous devons nous assurer que nos jeunes pourront un jour envoyer leurs propres enfants dans une école francophone. Chacune et chacun de nos jeunes doit avoir, aujourd’hui et demain, le droit de dire #jesuisfrancophone, #jevisenfrançais. N’ayez pas peur d’affirmer votre francophonie. Joignez-vous au mouvement #AEFOJEMIMPLIQUE. Impliquez-vous auprès d’un organisme local francophone ou de votre unité locale de l’AEFO. Suivez les nouvelles de #LaRésistance.

Et sur cette note solidaire et francophone, je vous souhaite de profiter du temps des Fêtes pour refaire le plein et passer du temps avec les êtres qui vous sont chers.

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Cher membre,

Hier après-midi, le projet de loi 57 – c’est-à-dire le projet de loi sur les coupes dans les services en français en Ontario – a été adopté à Queen’s Park. Cette loi élimine le Commissariat aux services en français, qui existait depuis 2013, et qui était le chien de garde des droits et acquis des Franco-ontariennes et Franco-ontariens. Le Commissariat perdra son indépendance à compter du 1er mai 2019 et devra exercer ses pouvoirs selon les directives de l’ombudsman.

Il est désolant que le gouvernement Ford ne reconnaisse pas le bienfondé de la protection des droits et acquis des francophones de notre province. L’idée de créer un ombudsman adjoint pour protéger les droits et acquis des Franco-ontariennes et Franco-ontariens est de la poudre aux yeux. Seul un commissaire autonome et redevable à l’Assemblée législative peut nous assurer cette protection. Qui seront les prochaines victimes?

Le projet de loi 57 ne mentionnait pas l’Université de l’Ontario français. Cependant, l’AEFO ne doit pas baisser les bras face à l’éducation postsecondaire francophone en Ontario. Nous continuons de travailler avec nos partenaires clés pour faire avancer le dossier. Nous vous tiendrons au courant des développements.

D’ici là, je l’ai dit et je vais le répéter : l’AEFO est le plus grand regroupement francophone en Ontario. Nous avons la responsabilité de jouer un rôle de premier plan afin de lutter pour nos acquis et nos droits, et pour l’avenir de nos jeunes francophones. Membres de l’AEFO, unissons-nous! #AEFOJEMIMPLIQUE.

Rémi Sabourin
Président de l'AEFO

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Le 15 novembre, le gouvernement a annoncé qu'il sabrait dans les acquis des francophones et dans nos projets d'avenir. Depuis, le gouvernement a maintenu ses décisions et a continué à faire des déclarations aberrantes, qui dénotent son ignorance de notre histoire, de notre quotidien, de notre place ici, en Ontario, et ailleurs au Canada. 

Face à un tel manque de respect de nos droits et nos acquis, nous ne pouvons pas rester impassibles. Bien au contraire, nous devons nous préparer à reprendre le même chemin que celles et ceux qui ont lutté avant nous et pour nous — par exemple, pour la gestion de nos écoles, pour nos droits linguistiques, pour des services en français... Car si nous laissons le gouvernement actuel mettre en morceaux notre francophonie, un acquis à la fois, c’est tout notre avenir qui est en jeu : nos institutions, nos services, notre système francophone d’éducation primaire et secondaire, l'éducation postsecondaire francophone, les services juridiques en français, les services médicaux en français, les centres communautaires francophones...

Nous devons nous battre, et nous devons le faire en grand nombre.

Et comme l’AEFO est le plus grand regroupement francophone en Ontario, je demande personnellement à chacune et chacun d’entre vous de vous joindre aux manifestations du 1er décembre. Envoyons à Doug Ford un message collectif qu’il n’aura pas besoin de se faire traduire : NON.

Je serai devant le bureau de Doug Ford 

Le 1er décembre, à 13 h, je serai à Etobicoke, devant le bureau de circonscription du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. Si vous êtes dans la région, je vous invite à vous joindre à la manifestation. Et n'oubliez pas de porter du vert!

Ajoutez votre nom à la liste des manifestantes et manifestants

Si vous le désirez, confirmez votre participation à une des nombreuses manifestations sur le site de l'Assemblée de la francophonie (AFO). Vous y trouverez aussi la liste de toutes les manifestations de la province. Invitez vos proches à se joindre à vous!

D'autres façons d'appuyer le mouvement #LaRÉSISTANCE

 

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