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Il y a quelques années, lorsque le ministère de l’Éducation (MEO) avait parlé d’un programme de deux ans pour la formation à l’enseignement, l’AEFO avait sonné l’alarme : l’ajout d’une année complète aurait des conséquences négatives sur le système d’éducation en langue française. Le MEO avait quand même décidé que la formation initiale serait de deux ans, à compter de 2015-2016.

Nous voici donc à la fin de cette première année du nouveau programme. Les conséquences négatives que l’AEFO avait annoncées sont déjà à nos portes. Parmi celles-ci : la demande en main-d’œuvre est désormais plus forte que l’offre. Du point de vue d’une travailleuse ou d’un travailleur, il est certain que de ne pas avoir à attendre trop longtemps avant de se trouver un emploi permanent est un avantage. Il est préférable d’être une « denrée » en demande plutôt que de peiner à trouver un emploi. Mais pour le système d’éducation, la situation est alarmante.

De moins en moins d’étudiantes et d’étudiants francophones (et anglophones!) choisissent l’enseignement. Pour vous en donner une idée, en 2007, les facultés d’éducation de la province avaient reçu plus de seize mille demandes. En 2016, toutes facultés confondues, la demande était environ de… quatre mille. Il est vrai qu’on peut hésiter avant de débourser des frais scolaires pour deux ans, alors qu’il n’y a pas si longtemps, le programme n’était que d’un an.

Puisqu’il y a moins d’étudiantes et d’étudiants, il y a forcément moins de diplômées et de diplômés. Le recrutement est donc en passe de devenir un réel défi pour certains conseils scolaires, surtout au Sud et au Nord (personnel suppléant). Selon un sondage de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), 67 % des conseils scolaires de langue française estiment qu’il y avait, en 2015-2016, trop peu de candidates et de candidats qualifiés pour répondre à leurs besoins d’embauche. Pour l’instant, la situation est telle que certains conseils se voient obligés de donner des lettres de permission à des personnes non qualifiées. Ajoutez à cela que la concurrence sera désormais plus forte entre les conseils scolaires franco-ontariens et les programmes d’immersion en Ontario et ailleurs au Canada, et vous comprendrez pourquoi il est primordial de se pencher sur le problème.

L’AEFO travaille déjà avec ses partenaires en éducation pour trouver des solutions. Mais je dois avouer que faire partie d’un groupe de travailleuses et de travailleurs aussi recherchés me fait un petit velours, comme on dit. Nous avons eu raison de choisir l’enseignement – le plus beau métier du monde!