11 Décembre 2025
Par Amélie Cournoyer, rédactrice agréée
Située dans la région de Toronto et sa périphérie, l’Unité 64 – Centre-Sud Catholique regroupe plus de 2 000 membres dans 64 écoles du Conseil scolaire catholique MonAvenir. Zoom sur une unité qui travaille en synergie.
L’esprit de collaboration est une valeur particulièrement chère au président de l’Unité 64, David Legagneur, qui cherche constamment à rallier les membres de son unité ainsi que toutes les personnes qui œuvrent de près ou de loin dans le milieu de l’éducation sur son territoire.
Lors de la dernière assemblée générale annuelle de l’unité, par exemple, des représentantes du conseil scolaire ainsi que de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) ont été invitées, en plus de la présidente provinciale de l’AEFO, Gabrielle Lemieux. « Leur présence était importante pour nous. Elle a permis d’envoyer le message aux membres que nous travaillons toutes et tous en collaboration afin d’améliorer leurs conditions de travail », explique David Legagneur. Ce dernier se fait aussi un devoir de rencontrer la FEESO deux fois par année afin de discuter des problématiques concernant leurs membres respectifs et ainsi travailler en parallèle lors des rencontres avec le conseil scolaire.
L’Unité 64 collabore également avec plusieurs organismes communautaires de la région, que ce soit pour accueillir les nouvelles arrivantes et nouveaux arrivants, offrir des repas aux personnes aînées ou organiser des événements entourant la Journée internationale des femmes, notamment.
L’Unité 64 fait face aux mêmes défis que les autres unités de la province concernant le recrutement et la rétention de personnel, le manque de financement et la violence dans les écoles. L’unité fait de plus face à un grand nombre d’enquêtes administratives. David Legagneur pense que c’est dû à la procédure du conseil scolaire en cas de plaintes. Des membres s’inquiètent notamment de l’équité des décisions qui sont prises et des délais qui en découlent.
Il faut dire que l’attente crée un stress énorme chez le personnel qui fait l’objet d’une enquête, sans compter le sentiment d’humiliation et la peur de voir sa réputation entachée », précise David Legagneur. Son équipe et lui travaillent donc activement avec l’AEFO et le conseil scolaire sur ce dossier. « Si l’on réussit à faire réduire le délai à trois semaines, ça sera déjà une victoire », dit-il en évoquant du même coup sa devise : « Ne craignez pas d’avancer lentement, craignez seulement de rester immobiles ».
En attendant le dénouement de ce dossier, un dépliant informatif a été créé par l’unité pour informer les membres de l’unité de la marche à suivre lors d’une enquête administrative. Le dépliant donne de plus des informations sur les répercussions émotionnelles qu’une telle situation peut leur faire vivre ainsi que sur leurs droits et responsabilités.

Les membres du comité de justice et d’équite de l’unité.
Mylène Comeau, qui est membre du comité directeur de l’Unité 64 depuis 2016, reconnaît elle aussi la valeur de la collaboration. L’enseignante à l’école secondaire catholique Saint-Charles-Garnier a commencé à s’impliquer en 2009 comme déléguée syndicale à l’école élémentaire où elle travaillait à l’époque. Lorsqu’elle a fait le saut au secondaire, elle a été élue dans un poste au comité directeur de son unité. « Je voulais m’impliquer autrement qu’en étant déléguée, parce que je ne connaissais pas les gens de l’école à mon arrivée. Puis, ce poste me permettait de voir comment la présidence locale travaille et de mieux comprendre les défis de notre unité », souligne-t-elle.
Par un pur hasard, Mylène Comeau a connu David Legagneur durant leurs études communes en Gestion du développement des coopératives et des collectivités à l’Université de Sherbrooke, au Québec. Elle a été aussi surprise qu’heureuse de le retrouver en Ontario plusieurs années plus tard lors d’une rencontre syndicale, alors que tous les deux avaient effectué une réorientation de carrière vers l’enseignement.
Depuis deux ans, le duo travaille en étroite collaboration, puisque c’est Mylène Comeau qui représente l’unité au sein du conseil d’administration (CA) de l’AEFO. « Avant, c’était le président de l’unité qui siégeait au conseil d’administration. Mais David a beaucoup de travail et, moi, je souhaitais m’impliquer davantage. Alors, nous sommes en contact direct. Je lui fais entre autres des comptes-rendus des réunions du CA », explique-t-elle.
Pour le moment, Mylène Comeau aime garder un pied dans l’enseignement pour mieux représenter les membres. « Mon expérience en tant qu’enseignante au primaire, au secondaire et dans une classe d’apprentissage alternatif m’aide à garder à l’esprit l’ensemble des membres qui occupent ces postes lors des prises de décision au sein du CA », souligne-t-elle.
L’équipe de l’Unité 64 a tout récemment formé un comité de justice et d’équité, composé de membres du comité directeur et de membres de l’unité. La première rencontre a eu lieu le 29 novembre 2025. « L’oppression systémique est une problématique sur laquelle il faut se pencher pour soutenir nos membres. L’objectif est aussi de faire le lien avec le comité consultatif sur l’inclusion, la diversité et la lutte contre la discrimination piloté par l’AEFO et d’appliquer dans notre unité les recommandations provinciales », explique David Legagneur.
Ce dernier, avec l’aide de l’agent d’unité Valentin Youmbi, a également mis sur pied une formation à l’intention du personnel suppléant. « Ce sont un peu les délaissées et délaissés du système. Ces membres arrivent souvent en classe sans avoir reçu les outils nécessaires et sans connaître leurs droits », déplore le président. Une vingtaine de personnes ont participé à la première formation, qui s’est tenue à la fin novembre 2025. Et l’équipe compte bien l’offrir à nouveau.
Bien qu’il soit en poste depuis 15 mois seulement, David Legagneur compte déjà beaucoup de réalisations à son actif. « Je me suis présenté comme président pour répondre aux préoccupations des membres et apporter des changements. Je pense que je suis en train de réaliser ce que j’avais promis », commente celui qui a enseigné pendant 20 ans à l’élémentaire, au secondaire et à l’université en Ontario.
Les membres de l’unité semblent d’accord avec cette affirmation. Un sondage effectué auprès d’elles et d’eux lors de la dernière assemblée générale annuelle de l’unité a permis de constater que le taux de satisfaction par rapport au travail de la présidence d’unité est de 100 %. « J’ai remplacé un président extraordinaire, Pascal Chéron, qui a été en poste pendant 8 ans. J’avais de grandes chaussures à chausser. Alors, je suis content de voir que les membres m’ont fait confiance dès la première année et qu’ils sont satisfaites et satisfaits du travail accompli depuis mon entrée en poste », conclut le président.

Formation des membres suppléants.