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Découvrons l’Unité 62 – Grand Nord-Ouest catholique

13 mars 2026

Découvrons l’Unité 62 – Grand Nord-Ouest catholique

Par Amélie Cournoyer, rédactrice agréée

Un immense territoire avec plusieurs écoles en régions éloignées et beaucoup d’élèves qui parlent peu français en dehors du milieu scolaire, mais une solidarité et un engagement plus forts que jamais au sein des membres… Bienvenue dans l’Unité 62 – Grand Nord-Ouest catholique.

L’Unité 62 représente une centaine de membres du personnel enseignant régulier et suppléant des écoles du Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales. S’étendant sur un territoire de 34 000 km2 dans le Nord-Ouest de l’Ontario, l’unité regroupe neuf communautés, dont les petites municipalités de Red Lake, Longlac et Marathon, ainsi que la ville de Thunder Bay, qui est la deuxième plus grande dans le Nord de la province.

« La spécificité de notre unité est qu’il y a peu de membres sur une très grande superficie. Notre unité se trouve sur le deuxième plus grand territoire de l’AEFO », explique Siriki Konate, président de l’Unité 62. Il peut en témoigner puisqu’il fait beaucoup de route pour aller à la rencontre des membres dans leurs écoles depuis son entrée en poste en février 2024. « Je dois prévoir un séjour de trois ou quatre jours quand je me rends dans les écoles de l’Ouest », donne en exemple celui qui habite Longlac.

 

Une unité soudée malgré l’éloignement

Toutes les occasions sont bonnes pour les membres de l’unité de tisser ou de renforcer des liens, que ce soit les formations en ligne et les activités pédagogiques organisées par le conseil scolaire ou les rencontres syndicales. Et vu le nombre restreint de ses membres, l’unité peut se permettre financièrement d’inviter tout le monde à l’assemblée annuelle locale. « Cela permet aux régions éloignées de partager leur réalité », poursuit le président.

Marie-Pierre Rouleau confirme que l’Unité 62 est plus soudée que jamais. « Quand j’ai commencé à enseigner, il y a une vingtaine d’années, le syndicat était moins fort. Il fallait faire ses propres démarches pour s’informer sur nos droits, par exemple. Mais depuis une dizaine d’années, on se tient plus », commente l’enseignante-ressource à l’École catholique Franco-Supérieur de Thunder Bay. Selon elle, c’est l’esprit rassembleur des personnes ayant occupé la présidence de l’unité qui a contribué à ce changement.

 

Les défis des petites écoles en milieux minoritaires

L’étendue du territoire fait en sorte que les réalités des membres sont très différentes d’une école à l’autre. « Les écoles très éloignées dans l’Est et dans l’Ouest du territoire se trouvent dans des petites municipalités, où la population scolaire n’est pas aussi importante que dans la ville de Thunder Bay », rapporte Siriki Konate. Dans plusieurs de ces écoles, les élèves doivent partager certains locaux et la cour avec les conseils scolaires anglophones.

Le faible nombre d’élèves les oblige par ailleurs à former des classes multiniveaux de deux, voire trois années scolaires. De plus, ces classes incluent des élèves avec des besoins particuliers, malgré le manque de services professionnels. « Tout cela ajoute à la complexité de la tâche du personnel enseignant », mentionne le président de l’unité. Il ajoute : « Ce sont des enjeux provinciaux, mais nous les ressentons davantage à cause de l’éloignement. »

Dans cette région, toutes les écoles francophones se trouvent en situation minoritaire. Résultat : même si les élèves ont des parents francophones, la plupart utilisent l’anglais comme langue principale. « Quand je suis arrivée à Thunder Bay, les enfants parlaient français avant de commencer l’école. Aujourd’hui, je peux compter sur mes doigts le nombre de familles qui parlent français à la maison », rapporte Marie-Pierre Rouleau, en précisant que le personnel enseignant a dû adapter ses méthodes d’enseignement à cette nouvelle réalité.

 

Quand les écoles sont les points d’ancrage de la culture

Marie-Pierre Rouleau tient à rappeler l’importance des écoles francophones en situation minoritaire. « Non seulement elles enseignent la langue, mais elles transmettent aussi toute la culture francophone aux jeunes », dit-elle.

Dans cet objectif, l’École catholique Franco-Supérieur organise plusieurs activités au cours de l’année, telles que le souper de Noël ou le carnaval d’hiver. L’école collabore également avec l’organisme Accueil francophone de Thunder Bay, pour la tenue d’activités intergénérationnelles, entre autres. Les parents sont souvent invités à l’école lors de soirées cinéma ou de jeux de société en famille. De plus, toute la communauté est conviée au festival du livre, qui se tient deux fois par année. « Malgré la tâche complexe qui incombe au personnel enseignant et le peu de moyens dont il dispose, il arrive à accomplir de grandes choses », se réjouit Siriki Konate.

 

L’immigration comme réponse au manque de main-d’œuvre qualifiée

Le fait d’être en régions éloignées pose aussi le défi du recrutement de personnel. « C’est sûr que d’avoir du personnel permanent est difficile parce qu’on est loin. On doit recruter à l’international pour pourvoir beaucoup de postes », souligne Marie-Pierre Rouleau.

Siriki Konate, qui est originaire de Côte d’Ivoire, est lui-même arrivé au Canada en 2021 grâce à son métier d’enseignant. Dès son entrée en poste à l’École Notre-Dame-de-Fatima, à Longlac, il s’est engagé dans les activités syndicales. « L’AEFO est le plus important organisme francophone en Ontario en nombre de membres. Alors pour moi, qui suis francophone, m’impliquer dans l’AEFO était la meilleure façon d’appuyer ma communauté. Cela m’a permis d’en savoir davantage sur la francophonie ontarienne et de mieux connaître mes droits et mes responsabilités en tant qu’employé en Ontario », raconte Siriki Konate, qui est la preuve que l’engagement peut bonifier le milieu scolaire et renforcer la vitalité francophone dans les communautés minoritaires.

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