OTTAWA, le 5 mai 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à la diffusion, par la Fédération des enseignantes et enseignants de l’Ontario (FEO), de données liées au Test de compétences en mathématiques (TCM), exigé pour la certification depuis février 2025 :
« Les données rendues publiques sur le TCM soulèvent de sérieuses préoccupations quant à sa validité et son équité.
Dès la première tentative à ce test, un écart marqué apparaît : 71 % de réussite chez les anglophones contre 44 % chez les francophones; un écart important qui persiste et qui désavantage clairement les francophones.
Quand un test produit constamment ce type de résultats, il est normal de se questionner sur sa validité et son équité. D’autant plus que rien ne démontre que le TCM forme de meilleures enseignantes et enseignants. Au contraire, il semble aller à l’encontre des données de recherche et des orientations de la FEO.
Les résultats montrent aussi un taux d’échec plus élevé chez les francophones dans la composante pédagogique, ce qui soulève des doutes sur les aspects linguistiques et culturels du test.
Ces constats ne sont pas nouveaux : des préoccupations ont été soulevées par la FEO dès 2019, et en 2021, la Cour divisionnaire de l’Ontario a jugé le TCM discriminatoire et inconstitutionnel.
Dans un contexte de défis majeurs de recrutement de personnel enseignant, le TCM devient un obstacle de plus à l’entrée dans la profession. Il freine l’accès, particulièrement pour les francophones, et limite la diversité des parcours, ce qui soulève des enjeux de discrimination systémique et d’équité, notamment pour les personnes nouvellement arrivées et racisées. Un non-sens alors que le système a besoin de relève.
Bref, le TCM pose un réel problème d’équité et de pertinence. Les données actuelles montrent clairement qu’il est temps de le revoir sérieusement. »
Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO
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