Que se passe-t-il après l’échéance de votre convention collective?

Par l’équipe de l’AEFO

Cette rubrique fait le point sur des sujets relatifs aux conditions de travail et aux droits des membres de l’AEFO.

 

La convention collective : votre contrat de travail

La convention collective est le document qui régit un grand nombre de vos conditions de travail : salaire, heures de travail, congés, avantages sociaux, procédures de grief, règles de dotation, ancienneté, etc. Négociée par un syndicat pour un groupe de membres ayant le même employeur, elle constitue votre contrat de travail collectif.

Les membres de l’AEFO sont couverts par différentes conventions collectives, selon leur employeur, leur statut ou leur milieu de travail. Bien que ces conventions puissent varier dans leur contenu, elles reposent sur les mêmes principes fondamentaux : elles définissent les conditions de travail, encadrent les relations de travail et prévoient des mécanismes de protection des droits. C’est pourquoi, même si les clauses diffèrent d’une convention à l’autre, les règles générales applicables après l’échéance restent les mêmes pour l’ensemble des membres.

Toute convention collective comporte une date d’expiration (date d’échéance). Pour la majorité des membres de l’AEFO, cette date est le 31 août 2026; elle est toutefois fixée au 31 mars 2028 pour l’Unité 203. Cette échéance marque la fin de la période couverte par l’entente, mais elle ne met pas fin à vos droits ni à vos protections.

 

Après l’échéance : vos droits demeurent protégés

En Ontario, le droit du travail prévoit un mécanisme clair pour assurer la continuité et la stabilité des conditions de travail après l’échéance d’une convention collective : le gel statutaire.

Concrètement, l’entente arrivée à échéance ne disparaît pas. Elle continue de s’appliquer et demeure votre contrat de travail jusqu’à la conclusion d’une nouvelle entente ou jusqu’à ce que les parties atteignent légalement le stade de la grève ou du lock‑out.

 

Le gel statutaire : un filet de sécurité

Le gel statutaire empêche toute modification unilatérale des conditions de travail pendant la négociation. Les règles déjà négociées restent en vigueur, et l’employeur ne peut pas imposer de changements de son propre chef.

À compter du 1er septembre 2026, même en l’absence d’une nouvelle convention collective conclue et ratifiée, les protections suivantes continuent de s’appliquer :

  • Votre sécurité d’emploi
    Les règles encadrant la discipline et le congédiement demeurent en vigueur. L’employeur conserve l’obligation de démontrer une cause juste et suffisante pour ses décisions, et les protections contre les décisions arbitraires s’appliquent toujours.
  • Votre salaire
    Votre rémunération demeure en vigueur à l’échéance de votre entente. Elle ne peut pas être réduite, puisque les salaires font partie des matières négociées.
  • Vos avantages sociaux
    Assurances collectives, régime de retraite, banques de congés, etc. : l’ensemble de ces avantages reste en place. L’échéance de la convention n’entraîne pas l’interruption de votre couverture.
  • Le droit de grief
    Si une disposition de la convention n’est pas respectée, le mécanisme de grief demeure pleinement accessible. Une convention échue n’est pas une convention affaiblie.

Certaines clauses temporaires, comme des projets pilotes, peuvent comporter des modalités particulières. Cela ne signifie pas pour autant que les droits des membres cessent de s’appliquer : le cadre légal demeure contraignant, et l’AEFO exerce une veille constante afin d’en assurer le respect.

 

Quand commencent les négociations?

Le déclenchement officiel des négociations ne peut pas être déterminé à l’avance.

Personnel enseignant régulier et suppléant des conseils scolaires franco-ontariens – Unités 56 à 66 et Unité 204

Selon la loi*, l’avis d’intention de négocier peut être donné dans les 90 jours précédant l’échéance des conventions collectives. La loi permet aussi au ministre de l’Éducation, par règlement, d’autoriser un déclenchement plus précoce – jusqu’à 180 jours avant l’échéance.

Dans cette optique, les filiales syndicales**, dont fait partie l’AEFO, ont demandé au gouvernement de commencer à négocier le plus tôt possible. Un déclenchement plus précoce des discussions favoriserait une rentrée plus prévisible. Il permettrait aussi de clarifier plus tôt les priorités gouvernementales et de soutenir la stabilité du milieu éducatif.

Le ministre de l’Éducation ne semble toutefois pas préconiser cette approche pour l’instant.

* Loi de 2014 sur la négociation collective dans les conseils scolaires

** Ces filiales sont la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (ETFO), l’AEFO, la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO).

 

Unité 103 – PAPSP* (Conseil scolaire Franco-Nord)

Pour les membres de l’Unité 103 (PAPSP), le processus de négociation s’inscrit dans la même ronde provinciale, mais se déroule selon un cadre et un calendrier qui lui sont propres.

* Personnel administratif, professionnel et de soutien pédagogique

 

Unités 201 et 202 (Lycée Claudel)

Le Lycée Claudel est un établissement scolaire français privé situé à Ottawa. L’Unité 201 regroupe des membres du personnel enseignant et suppléant, tandis que l’Unité 202 comprend des membres du personnel administratif et de soutien.

Bien que les conventions collectives de ces deux unités arrivent à échéance le 31 août 2026, les discussions peuvent s’amorcer avant cette date, soit lorsque l’AEFO et le Lycée sont prêts à s’engager dans le processus.

 

Unité 203 – Le CAP

La convention collective des membres de l’Unité 203, qui travaillent au Centre d’appui et de prévention (Le CAP) à Ottawa, arrive à échéance le 31 mars 2028. Leur négociation se déroulera lors d’une ronde ultérieure.

 

Avant et pendant la négociation : le rôle des membres

La négociation ne se déroule pas uniquement à la table. Elle repose aussi sur la vigilance et l’engagement des membres dans chaque lieu de travail. Vous pouvez soutenir le processus de plusieurs façons :

  • Informez-vous.
    Les rumeurs peuvent circuler rapidement. Fiez-vous aux communications officielles de l’AEFO, notamment aux Infos NÉGOS envoyées à votre courriel personnel.
  • Gardez vos coordonnées à jour.
    Assurez-vous que l’AEFO dispose de votre adresse courriel personnelle. Pour mettre à jour vos coordonnées, rendez-vous à : Mon profil AEFO.
  • Signalez toute situation problématique.
    Si une directive semble contredire votre convention collective, communiquez rapidement avec votre unité locale. Une intervention précoce permet d’éviter qu’une pratique irrégulière s’installe.

 

Une transition protégée

La période du gel statutaire ne crée pas de vide : pendant la négociation, vos droits demeurent pleinement protégés par l’entente actuelle, dans l’attente de sa mise à jour.

La négociation pour le renouvellement des conventions collectives a un objectif clair : maintenir les droits déjà acquis et améliorer les conditions de travail afin que l’engagement professionnel des membres soit reconnu et appuyé par des conditions justes et respectées.

 

Réaction à la création d’un fonds pour les fournitures de classe

OTTAWA, le 11 mars 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement au sujet de la création d’un fonds pour les fournitures de classe destiné aux enseignantes et enseignants à l’élémentaire. 

« L’AEFO reconnaît que la création d’un fonds pour les fournitures scolaires peut sembler aider un peu en classe, mais elle rappelle qu’il faut rester vigilantes et vigilants. Même si cette mesure semble apporter de l’aide, elle met en lumière la tendance du ministère à offrir des solutions incomplètes au lieu de soutenir durablement le système d’éducation.  

Trop souvent, les enseignantes et enseignants doivent acheter eux-mêmes les fournitures de base pour faire leur travail, ce qui ne devrait pas être leur responsabilité. Ce fonds ne doit pas devenir un prétexte pour transférer une charge supplémentaire sur les enseignantes et les enseignants. Elles et ils doivent pouvoir se concentrer sur l’élève. Une aide pour les fournitures ne compense pas des années de sous-financement.  

Des investissements solides et durables tant dans les ressources matérielles que dans les ressources humaines et les services spécialisés sont essentiels pour permettre aux écoles et aux enseignantes et enseignants d’avoir ce dont elles et ils ont besoin pour soutenir l’apprentissage, répondre à la complexité croissante des salles de classe, et favoriser la réussite des élèves. 

L’AEFO demeure préoccupée par le sous-financement du système d’éducation financé par les fonds publiques, particulièrement en langue française, ce qui limite la capacité à répondre adéquatement aux besoins croissants des élèves. Nous rappelons au ministre que nous sommes toujours disponibles pour partager nos réflexions, nos préoccupations, notre expertise sur le terrain et nos recommandations, tant sur ces enjeux que sur d’autres dossiers prioritaires touchant l’éducation en langue française en Ontario. » 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO 

Réaction à l’annonce de la création d’un organisme consultatif pour évaluer l’apprentissage des élèves de l’Ontario

OTTAWA, le 4 mars 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement concernant la création d’un organisme consultatif expert qui mènera un examen exhaustif de la réussite des élèves partout en province :

« L’AEFO souligne l’annonce du gouvernement de l’Ontario concernant la nomination d’un organisme consultatif chargé d’évaluer l’apprentissage des élèves, notamment à la lumière des résultats provinciaux des tests de l’Office de la qualité et de responsabilité en éducation (OQRE).

Nous reconnaissons l’importance de se pencher sur les défis réels des élèves et de rassembler les expertises afin de mieux répondre à leurs besoins grandissants.

L’AEFO rappelle qu’elle possède une expertise essentielle liée aux réalités du terrain et aux besoins spécifiques de l’éducation en langue française. Les personnes qui travaillent au quotidien auprès des élèves sont les mieux placées pour identifier des solutions concrètes et porteuses.

Nous réitérons notre volonté de collaborer de façon constructive aux travaux de cet organisme et d’être pleinement consultés, afin que les mesures proposées reflètent concrètement les réalités vécues dans nos écoles et contribuent de manière tangible à la réussite de tous les élèves. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Réaction à la visite du ministre Calandra en Angleterre

OTTAWA, le 27 janvier 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à la visite du ministre de l’Éducation, Paul Calandra, en Angleterre, dans le cadre de ses démarches visant à s’inspirer de modèles étrangers en matière d’éducation :

« Bien que nous reconnaissions l’importance de s’informer des meilleures pratiques à l’international, nous estimons essentiel que toute réflexion sur l’avenir du système d’éducation ontarien soit d’abord ancrée dans la réalité des élèves, du personnel scolaire et des communautés de la province.

Nous sommes également préoccupés par les coûts associés à ce déplacement en Angleterre, dans un contexte où chaque dollar public investi devrait prioritairement servir à soutenir directement les élèves et le personnel.

L’AEFO demeure préoccupée par le sous-financement du système d’éducation financé par les fonds publics, et particulièrement en langue française, qui limite la capacité à répondre adéquatement aux besoins croissants des élèves. Nous sommes également inquiets des risques de privatisation de l’éducation, qui pourraient découler de certaines orientations inspirées de modèles internationaux qui privilégient les entreprises et les mieux nantis, notamment à la suite de la visite du ministre d’une école à charte.

Avant d’importer des approches d’ailleurs, il est impératif d’investir pleinement dans notre système d’éducation et de consulter de façon significative les actrices et acteurs du milieu. L’éducation doit demeurer un bien collectif, accessible, équitable et géré dans l’intérêt des communautés.

D’ailleurs, nous avons hâte de rencontrer le ministre afin de lui faire part de nos réflexions, de nos préoccupations et de nos recommandations, tant sur ces enjeux que sur d’autres dossiers prioritaires touchant l’éducation en langue française en Ontario. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

L’article 23, pilier de la vitalité culturelle franco-ontarienne

Par Amélie Cournoyer, rédactrice agréée

L’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés ne se limite pas à reconnaître aux communautés de langue officielle en situation minoritaire le droit à l’éducation dans leur langue. Il leur confère également le pouvoir de gérer leurs propres établissements scolaires. Dans un contexte où cette gouvernance est parfois remise en question, revisitons l’article 23 pour en saisir toute l’importance historique, sociale et identitaire.

L’adoption de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982 marque un tournant dans l’histoire des francophones en situation minoritaire au pays. En effet, durant les 100 premières années de la Confédération canadienne, une série de politiques scolaires visant l’assimilation des francophones ont été mises en place par les provinces majoritairement anglophones.

En 1912, par exemple, le gouvernement ontarien a voté le Règlement 17, qui restreignait le français comme langue d’enseignement et de communication aux deux premières années du primaire seulement. « Le Règlement 17 était la loi linguistique la plus sévère jamais adoptée au Canada. Il visait à forcer l’assimilation involontaire de toute une génération de jeunes [Franco-Ontariennes et] Franco-Ontariens et à dissuader [toute future migrante québécoise ou] tout futur migrant québécois qui aurait pu espérer élever sa famille dans la langue ancestrale », écrit Daniel Bourgeois dans son étude Vers la pleine gestion scolaire francophone en milieu minoritaire.

 

Vers une égalité entre les anglophones et les francophones

C’est dans ce contexte de tensions sociales et linguistiques que la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme est créée en 1963. Son mandat est de « faire enquête et rapport sur l’état présent du bilinguisme et du biculturalisme, et de recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d’après le principe de l’égalité entre les deux peuples qui l’ont fondée (…) ».

Les recommandations de cette Commission transformeront complètement la politique linguistique au pays. Elles mènent entre autres à l’adoption de la Loi sur les langues officielles en 1969, qui oblige le gouvernement fédéral à servir la population canadienne en anglais et en français. (Celle-ci a été revue en 2023, notamment pour mieux soutenir les droits et les institutions des communautés de langue officielle en situation minoritaire.) La politique du multiculturalisme est également mise en place deux ans plus tard afin de gérer le nationalisme francophone et l’augmentation de la diversité culturelle. Qui plus est, les recommandations forcent les provinces à réformer leurs règlements touchant à l’éducation des francophones en situation minoritaire et à apporter plusieurs changements afin d’améliorer l’enseignement du français comme langue seconde. « Avec le maintien des deux langues, on veut s’assurer d’une égalité entre les deux communautés linguistiques qui est réelle et non formelle, notamment dans le domaine de l’éducation », commente Anne Tardif, avocate associée en litige chez Gowling WLG.

Dans son rapport, la Commission tient à préciser que ce sont les luttes des Canadiennes françaises et des Canadiens français pour leur système scolaire qui leur ont permis d’éviter la disparition de la langue et de la culture française. « L’école est le cadre le plus nécessaire au maintien de la langue et de la culture; celles-ci, à défaut d’école, ne peuvent conserver leur vitalité », soutiennent les commissaires. Ces derniers reconnaissent donc que les écoles primaires et secondaires, en plus d’être des lieux d’apprentissage de la langue et de transmission de la culture française, ont un mandat de développement communautaire.

 

L’article 23 : réparer les torts du passé

Les recommandations de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme mènent en 1982 à l’adoption de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés après 14 ans de négociations constitutionnelles. Cet article accorde le droit aux groupes de langue officielle en situation minoritaire de recevoir un enseignement dans leur langue là où le nombre le justifie, et ce, dans des établissements scolaires distincts financés par les fonds publics et administrés par leur communauté. « L’article 23 est fondamental – il n’y a pas de mots plus justes – pour les minorités linguistiques au Canada, notamment en Ontario. Les tribunaux, incluant la Cour suprême du Canada, l’ont décrit comme la pierre angulaire et la clé de voûte pour la protection des droits minoritaires linguistiques », affirme Me Tardif.

 L’adoption de cet article a pour objectif de réparer les injustices subies par les communautés linguistiques en milieu minoritaire, notamment les francophones hors Québec. « L’objet de l’article 23 est donc principalement historique : réparer les torts du passé afin d’assurer l’égalité dans le futur. Il le fait dans le but de garantir la survie des communautés de langue officielle en milieu minoritaire et, par conséquent, la survie du pays fédéré », indique Daniel Bourgeois. Me Tardif affirme pour sa part : « L’article 23 cherche à favoriser l’épanouissement des minorités linguistiques plus que n’importe quel autre droit linguistique. »

 

La jurisprudence relative à l’article 23

Après l’adoption de l’article 23, les tribunaux sont appelés à l’interpréter à plusieurs reprises. Des précisions sont notamment nécessaires au sujet « du nombre suffisant d’élèves » pour justifier l’ouverture d’une école francophone sur un territoire. Au moins huit arrêts de la Cour suprême du Canada ont porté sur la gestion scolaire dans les provinces hors Québec, dont ceux-ci :

 •  Dans l’arrêt Mahé, rendu en 1990, la Cour suprême mentionne que la raison d’être de l’article 23 est de « maintenir les deux langues officielles du Canada ainsi que les cultures qu’elles représentent et [de] favoriser l’épanouissement de chacune de ces langues ». Elle fait aussi remarquer que « les écoles de la minorité servent elles-mêmes de centres communautaires qui peuvent favoriser l’épanouissement de la culture de la minorité linguistique et assurer sa préservation. Ce sont des lieux de rencontre dont les membres de la minorité ont besoin, des locaux où ils peuvent donner expression à leur culture. »

Le mandat de « centres culturels » est ainsi ajouté aux écoles qui desservent les francophones en situation minoritaire. Cela « expliquera pourquoi les écoles françaises ont un mandat pédagogique différent de celui des écoles anglaises et un mandat communautaire additionnel », explique Daniel Bourgeois dans son étude. Me Tardif ajoute : « L’arrêt Mahé vient confirmer que la culture est véhiculée par la langue. Donc, lorsqu’on parle d’un droit linguistique, on parle de l’importance de la culture minoritaire également. Une langue est plus qu’un moyen de communication. Elle fait partie inhérente et intégrante de la culture.

Surtout, la Cour rend alors une décision historique en statuant que les établissements scolaires appartiennent aux communautés linguistiques en milieu minoritaire et, par conséquent, qu’elles ont le droit de gérer elles-mêmes leurs écoles. « Je retiens l’argument des [appelantes et] appelants que la plus sûre garantie contre l’assimilation est un établissement relevant du contrôle exclusif du groupe en question. Toute diminution de ce pouvoir dilue inévitablement la spécificité de l’école et l’expose à l’influence d’une majorité insensible, voire hostile », peut-on lire dans le jugement.

  • En 2000, la Cour précise dans l’arrêt Arsenault-Cameron l’objet de l’article 23, qui est « d’assurer à la minorité linguistique officielle un accès égal à un enseignement de grande qualité dans sa propre langue, dans des circonstances qui favoriseront le développement de la communauté ». « L’arrêt Arsenault-Cameron reconnaît explicitement que l’école est l’institution la plus importante pour la survie d’une minorité linguistique officielle », indique Me Tardif.
  • L’arrêt Rose-des-Vents, rendu en 2015, insiste pour sa part sur l’équivalence réelle entre l’instruction offerte à la majorité linguistique et celle destinée aux communautés francophones en situation minoritaire. « On s’entend que l’éducation n’est pas identique, mais elle doit être de qualité égale. En même temps, on reconnaît que les fonds affectés aux écoles de la minorité doivent être au moins équivalents en proportion du nombre d’élèves aux fonds affectés à la majorité », précise Me Tardif.
  • Rendu en 2020, l’arrêt Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique rappelle entre autres l’importance de prévenir l’érosion des communautés linguistiques officielles ainsi que de remédier aux injustices passées en favorisant l’épanouissement des communautés linguistiques en situation minoritaire. « Avec cet arrêt, le tribunal a reconnu que s’il n’y a pas d’investissements dans les écoles des minorités linguistiques, l’assimilation et l’érosion culturelles vont se poursuivre », rapporte-t-elle.

La création des CSF : pour une autogestion des écoles de langue française

L’adoption de l’article 23 a permis aux communautés franco-ontariennes d’ouvrir des écoles de langue française dans plusieurs communautés où les francophones se trouvaient en nombre suffisant et éventuellement de mettre sur pied tout un système d’éducation francophone. « En 1985, l’Ontario forme, dans ses conseils scolaires bilingues, des “sections de langue française” responsables de la gestion du personnel, des installations et du programme. Des [conseillères et] conseillers francophones élus s’occupent de ces sections; ils gèrent également, avec des [conseillères et] conseillers anglophones, le transport, les budgets et les locaux communs », mentionne Serge Dupuis dans l’Encyclopédie canadienne.

Puis, un important chapitre de l’histoire de l’éducation de langue française en Ontario s’entame le 1er janvier 1998, lorsque la province donne aux communautés francophones la gestion de leur système d’éducation pour la première fois grâce à la Loi 104. La « réforme réunit les 3 conseils scolaires de langue française, les 8 comités francophones, les 59 conseils consultatifs français et les 90 000 élèves de langue française en 12 conseils de langue française, dont 4 publics et 8 catholiques », résume Serge Dupuis.

La création de conseils scolaires francophones (CSF) dans certaines régions assure une gestion des établissements scolaires par et pour la communauté. Et le financement qui en découle permet au système scolaire franco-ontarien de se structurer et d’avoir une meilleure visibilité au sein du système scolaire ontarien.

Tel que le rappelle Daniel Bourgeois dans son étude, les CSF exercent un contrôle exclusif sur au moins sept fonctions scolaires :

  1. l’identification des besoins scolaires de la communauté qu’elle dessert;
  2. les dépenses des fonds prévus pour l’instruction et les établissements scolaires;
  3. le recrutement et l’affectation du personnel enseignant;
  4. la nomination et la direction du personnel administratif;
  5. l’établissement des programmes scolaires;
  6. la conclusion d’accords pour l’enseignement et les services dispensés;
  7. la détermination de l’emplacement des écoles de la minorité.

La province se voit pour sa part confier cinq obligations :

  1. réparer les injustices du passé et assurer qu’elles ne se répéteront plus afin de contribuer à l’égalité des deux communautés linguistiques officielles dans le futur;
  2. offrir et promouvoir l’instruction en français;
  3. assurer que l’instruction en français soit d’une qualité exemplaire;
  4. restructurer leurs institutions scolaires, par exemple par l’établissement de conseils scolaires francophones indépendants, et déléguer à ces CSF les pouvoirs exclusifs prévus;
  5. desservir les besoins scolaires de la communauté minoritaire.

« L’article 23 crée une échelle variable. Cela signifie qu’il garantit aux communautés linguistiques minoritaires un degré de gestion et de contrôle sur leurs établissements d’enseignement pour pouvoir assurer leur épanouissement. Mais le niveau de gestion et de contrôle varie en fonction du nombre d’élèves, ou plus précisément du nombre d’ayants droit [c’est-à-dire de parents] », explique Me Tardif.

 

Des défis d’application encore multiples

À l’heure actuelle, les défis reliés à l’application de l’article 23 en Ontario sont toujours nombreux, tels que la menace de fermeture d’écoles et de services scolaires dans certaines régions ontariennes en raison de la baisse démographique de la population francophone, les difficultés de recrutement et de rétention du personnel enseignant qualifié partout au pays ainsi que le sous-financement chronique des commissions scolaires francophones.

« Les défis sont nombreux. Les écoles en milieu minoritaire linguistique doivent faire face à des pressions démographiques, des contraintes géographiques et des ressources limitées. Elles doivent concilier la réalité d’un environnement anglophone dominant avec leur mission de préserver et de promouvoir le français. Ce double mandat ne peut être rempli sans un soutien financier adéquat », a déclaré Denis Labelle, président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO) lors d’une séance du Comité permanent de la Chambre des communes sur les langues officielles en 2024.

Par ailleurs, malgré l’article 23 et sa jurisprudence, la gestion des établissements scolaires de langue française n’est pas encore entièrement sous le pouvoir des communautés francophones. « D’un bout à l’autre du pays, les conseils scolaires francophones doivent continuellement rappeler aux gouvernements leurs obligations constitutionnelles. Si, théoriquement, les pouvoirs sont clairement entre les mains des communautés, dans les faits, les moyens manquent pour s’en emparer totalement », résume la journaliste Marine Ernoult dans un article publié par Francopresse.

Le chercheur Daniel Bourgeois abonde dans le même sens : « Pour faire respecter ce droit de gestion, les conseils scolaires francophones doivent constamment utiliser le levier juridique, une démarche coûteuse tant en temps qu’en argent. Et malgré des victoires successives devant le plus haut tribunal au pays, la Cour suprême du Canada, la mise en œuvre des recommandations contenues dans les jugements rencontrent très souvent une résistance de la part des provinces et territoires. »

Ce dernier donne l’exemple de l’élaboration des programmes scolaires qui est en théorie confiée aux CSF, mais qui relève encore davantage du ministère de l’Éducation, même si les CSF et le personnel enseignant sont invités aux tables à dessin. « Les concepts juridiques ne semblent donc pas suffisamment précis pour guider plusieurs pratiques administratives quotidiennes », avance-t-il.

 

L’importance de la gestion « par et pour » les francophones

Ces dernières années, le ministère de l’Éducation de l’Ontario a tenté de diverses façons d’avoir plus de contrôle sur les conseils scolaires, notamment en renforçant leur supervision et en tentant de centraliser certains pouvoirs administratifs. « Toute tentative de réduire la portée des conseils scolaires francophones représente une menace sérieuse aux droits des communautés de langue officielle en situation minoritaire garantis par la Charte canadienne des droits et libertés », rappelle Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO.

Les actrices et acteurs du système d’éducation francophone craignent que la centralisation des pouvoirs réduise leurs droits de gouvernance et de gestion « par et pour » les CSF. « L’autonomie locale est importante, puisqu’elle est la seule à pouvoir prendre en compte les spécificités linguistiques et culturelles des communautés en situation minoritaire », poursuit la présidente de l’AEFO.

L’autonomie locale est donc essentielle à la vitalité des communautés franco-ontariennes. « Nos conseils scolaires francophones viennent tout juste de souligner leur 25e anniversaire. Ils sont devenus des pierres angulaires de nos communautés francophones », relate Gabrielle Lemieux. Elle ajoute : « Même s’il reste beaucoup de place à l’amélioration, réduire la portée de ces conseils est un affront direct à l’héritage et aux luttes historiques pour le système d’éducation en langue française. »

L’AEFO invite donc le Ministère à renforcer la collaboration avec les CSF plutôt que de restreindre leur autonomie. « L’AEFO reconnaît que le modèle des conseils scolaires francophones n’est peut-être pas parfait, mais nous appelons le gouvernement provincial à engager des consultations approfondies avec les parties prenantes de l’éducation, notamment les organismes francophones qui œuvrent en lien avec l’éducation, avant de prendre toute décision affectant la gouvernance scolaire », conclut Gabrielle Lemieux.

 

Sources : thecanadianencyclopedia.ca, icrml.ca, thecanadianencyclopedia.ca, francopresse.ca, decisions.scc-csc.ca, l-express.ca, perspective.usherbrooke.ca, thecanadianencyclopedia.ca, ourcommons.ca

Le droit de refuser de travailler s’il y a risque de violence

Par l’équipe de l’AEFO

Pour beaucoup trop de membres du personnel en éducation, la violence dans les lieux de travail est devenue une réalité quotidienne. Coups, menaces, agressions physiques ou verbales… Ce qui choquait autrefois est maintenant courant et même banalisé dans plusieurs établissements du pays, y compris dans les milieux scolaires franco-ontariens.

Ces actes ne sont ni rares ni sans répercussions. Ils menacent la sécurité de toutes et de tous et ont un véritable coût humain. Stress, épuisement, absences répétées… À ces conséquences déjà très graves, il faut ajouter les départs prématurés. Des membres du personnel en éducation, autrefois des personnes passionnées qui aimaient profondément leur profession, finissent par la quitter, ne pouvant plus tolérer un environnement devenu hostile.

Dans de telles conditions, comment se concentrer pleinement sur son travail? Et comment créer un environnement propice à l’apprentissage et à l’épanouissement dans un climat d’insécurité?

 

Toujours le même constat

De nombreuses alertes ont été lancées depuis des années, notamment par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO). Pourtant, les incidents ne cessent d’augmenter.

En 2024, l’AEFO publiait l’article « Violence dans les écoles : une hausse alarmante », qui révélait déjà que le problème s’aggravait. En 2025, les témoignages des membres confirment une réalité similaire. On ne peut cependant pas connaître toute l’ampleur du problème, puisqu’un grand nombre d’incidents ne sont pas toujours déclarés.

« Depuis le temps que l’AEFO et d’autres syndicats sonnent l’alarme, il serait temps de cesser de faire l’autruche », rappelle Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO. « La violence au travail, personne ne peut plus se permettre de l’ignorer. »

 

Oser dire non face à la violence

La sécurité au travail n’est pas un privilège : c’est un droit fondamental. La Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) vous garantit un milieu sans violence, la possibilité de signaler tout incident sans crainte de représailles ainsi que le droit d’obtenir l’appui de votre employeur lorsqu’une situation devient dangereuse.

Qu’est-ce qu’un refus de travail?

C’est le droit de dire non à une tâche, à une situation ou à un environnement qui présente un danger sérieux et réel, qu’il soit immédiat, potentiel ou perçu.

Quand peut-on refuser de travailler?

Le refus de travailler est une démarche sérieuse : ce droit doit être exercé uniquement lorsqu’il y a une menace réelle.

Cela dit, vous pouvez exercer votre droit de refus lorsqu’une situation dangereuse se présente ou lorsqu’il existe une menace de violence, par exemple si une ou un élève ou une autre personne tient des propos menaçants, si un comportement violent se répète ou devient plus intense, ou si les mesures de sécurité en place ne suffisent pas à assurer votre protection.

Cependant, si la vie, la santé ou la sécurité d’une personne dont vous êtes responsable est en danger immédiat, la protection des personnes vulnérables reste votre priorité absolue dans votre rôle professionnel.

Signalement aux autorités policières
En tout temps, vous avez le droit de communiquer directement avec les services policiers, selon la gravité de l’incident qui vous concerne.

Comment exercer votre droit de refus
  1. Informez votre superviseure ou superviseur de votre refus de travail. Expliquez clairement le danger et les raisons de votre refus, en décrivant simplement les faits. Il est préférable de contacter votre superviseure ou superviseur uniquement avant ou après les heures de travail, ou pendant une pause.
    Important : Vous ne devez pas quitter votre poste de manière soudaine ou impulsive, surtout si vous êtes responsable de personnes vulnérables.
  2. Votre superviseure ou superviseur doit procéder immédiatement à une enquête, et ce, en votre présence.
  3. Si le problème n’est pas résolu et que votre sécurité demeure à risque, le ministère du Travail peut intervenir. Une inspectrice ou un inspecteur se rend alors sur les lieux de travail pour enquêter, en consultation avec vous, l’employeur, le syndicat ou une représentante ou un représentant du comité mixte sur la santé et la sécurité au travail (CMSST). Même si le refus n’est pas jugé fondé, l’inspectrice ou l’inspecteur peut recommander des mesures pour réduire les risques liés à votre poste.

La présidence de votre unité de l’AEFO est votre premier point de contact en cas de refus de travail. Elle peut vous accompagner, vous conseiller et vous informer sur vos droits.

N’hésitez pas à communiquer avec elle. Son rôle est de vous soutenir, que ce soit pour un refus de travail ou pour toute autre question sur la sécurité.

Pourquoi ce droit est-il si important?

En refusant de travailler dans un contexte à risque, vous protégez votre propre sécurité et obligez le système à réagir. Vous affirmez clairement que la sécurité n’est pas négociable et poussez votre employeur à prendre des mesures concrètes.

Vous évitez ainsi que des situations dangereuses se répètent tout en contribuant à rendre le milieu plus sécuritaire pour vous, vos collègues et les personnes dont vous avez la charge.

 

Un nouveau site pour vous soutenir : DireNonALaViolence.ca

Pour mieux accompagner ses membres, l’AEFO vient de lancer DireNonALaViolence.ca , une plateforme qui rassemble toute l’information sur la violence en milieu scolaire. Elle offre des ressources pratiques pour comprendre vos droits et préparer vos démarches.

Vous y trouverez :

  • des guides simples pour reconnaître les différents types de violence;
  • des modèles de rapports et des formulaires pour signaler un incident;
  • des instructions claires pour documenter les faits;
  • des explications accessibles sur vos droits et les responsabilités de l’employeur;
  • des contacts utiles : unités locales de l’AEFO, comités mixtes sur la santé et la sécurité, psychologues, travailleuses et travailleurs sociaux.

 

Vers des écoles plus sûres

La violence en milieu scolaire n’est pas une part « normale » du métier. La refuser, c’est protéger sa propre intégrité, soutenir ses collègues et offrir à toutes et à tous un environnement sain et sécuritaire.

Le droit existe. Les outils sont là. Comme le souligne la présidente de l’AEFO : « Trop longtemps, on a demandé aux membres de l’AEFO d’endurer l’inacceptable. Cette époque doit prendre fin. Signaler la violence, c’est déjà refuser le silence et revendiquer un milieu de travail où on peut accomplir son rôle sans peur. »

Réaction à l’annonce du gouvernement au sujet des résultats provinciaux des tests de l’OQRE

OTTAWA, le 3 décembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement concernant les résultats provinciaux des tests de l’Office de la qualité et de responsabilité en éducation (OQRE) :

« Les résultats publiés aujourd’hui par l’OQRE reflètent une réalité bien connue du personnel scolaire : les élèves ont des besoins grandissants et les écoles manquent cruellement de ressources, de soutien et d’investissements ciblés. La santé mentale des élèves demeure préoccupante, les services spécialisés sont insuffisants, et des mesures comme le décloisonnement sont imposées sans appui additionnel pour les mettre en œuvre.

Plutôt que de reconnaître ces défis réels, le ministre choisit encore une fois de détourner l’attention en blâmant la gouvernance des conseils scolaires. L’annonce du ministre Calandra de ce matin divise et détourne l’attention du réel problème: le système fonctionne depuis trop longtemps en contexte de sous-financement. Ce que les résultats des tests de l’OQRE montrent, ce n’est pas un problème de gouvernance : c’est un manque de ressources sur le terrain. De plus, ces tests standardisés ne constituent pas le meilleur outil pour évaluer la réussite des élèves et ne reflètent pas la totalité des apprentissages ni les progrès authentiques réalisés en classe. Depuis plus de huit ans, les décisions majeures du gouvernement sont prises sans consulter véritablement les partenaires en éducation, alors qu’elles et ils sont les mieux placés pour identifier les solutions.

Si le gouvernement souhaite réellement améliorer la réussite scolaire, il doit investir dans le système d’éducation en langue française, renforcer le soutien au personnel scolaire et écouter enfin les personnes qui sont en première ligne. L’AEFO est prête à collaborer, mais il est temps que les actions du gouvernement reflètent les besoins réels des élèves et du personnel. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

L’AEFO lance son microsite sur la violence en milieux scolaires : un outil centralisé pour agir avec assurance

Des mesures concrètes pour outiller, former, revendiquer et collaborer

TORONTO (Ontario), le 21 novembre 2025 — Dans le cadre de sa conférence des déléguées syndicales et délégués syndicaux, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a lancé aujourd’hui son tout nouveau microsite DireNonÀLaViolence.ca, une plateforme numérique centralisée qui vise à outiller ses membres et à faciliter les démarches dans les situations de violence en milieu de travail.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du Plan d’action provincial pour contrer la violence dans les milieux scolaires de l’AEFO, dévoilé en octobre dernier et constitue une réponse directe à une situation qui s’aggrave, se banalise et met à risque la santé et la sécurité du personnel scolaire.

« La violence dans nos écoles est une réalité de plus en plus présente, et elle ne peut plus être tolérée ni banalisée. C’est inacceptable! L’AEFO prend cette situation très au sérieux : nos membres nous parlent de blessures physiques, de détresse psychologique et d’une surcharge qui s’ajoute à des conditions déjà difficiles. Tous nos membres et les élèves ont droit à des environnements d’apprentissage sains et sécuritaires », déclare Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO.

Le microsite DireNonALaViolence.ca regroupe des ressources fiables, à des outils pratiques et à des informations essentielles concernant leurs droits. Il vise également à remédier à un problème majeur : des mécanismes de signalement souvent ambiguës qui génèrent de la confusion., ce qui contribue au climat de silence et d’insécurité dans les écoles.

 

Un outil concret issu du Plan d’action provincial

Le microsite lancé aujourd’hui découle directement des engagements pris par l’AEFO dans son plan d’action provincial qui s’articule autour de quatre axes : outiller, former, revendiquer et collaborer. Il vise à simplifier, clarifier et renforcer les démarches de signalements d’incidents, un élément crucial alors que la violence est en hausse dans les écoles élémentaires comme secondaires.

Concrètement, le microsite propose :

  • des fiches informatives décrivant les premiers gestes à poser après un incident de violence ;
  • des modèles de formulaires et un guide complet sur les types de signalement conformes aux obligations légales ;
  • des parcours guidés selon les responsabilités de chacun, que vous soyez membre, déléguée ou délégué syndical, présidence d’unité ou membre d’un comité mixte sur la santé et la sécurité au travail ;
  • un répertoire des politiques pertinentes, des références juridiques et des ressources provinciales ; et
  • les coordonnées des personnes-ressources à contacter pour discuter d’une situation de violence ou obtenir un accompagnement personnalisé.

« Ce microsite est un pas important, mais il ne remplace pas les investissements que le gouvernement doit faire en prévention, en formation et en ressources humaines, notamment pour appuyer l’intégration des élèves à besoins particuliers. Sans personnel suffisant, sans formation en résolution de conflits et en désescalade, et sans mécanismes de signalement efficaces, la violence continuera d’augmenter », ajoute madame Lemieux.

L’AEFO demeure pleinement engagée dans la lutte contre la violence en milieu scolaire et participe activement au groupe de travail provincial en santé et sécurité pour améliorer les pratiques, les formations et les outils disponibles dans les écoles de l’Ontario.

 

L’AEFO compte plus de 12 500 membres et représente les enseignantes et les enseignants des écoles élémentaires et secondaires de langue française de l’Ontario, tant catholiques que publiques, en plus du personnel professionnel et de soutien œuvrant dans différents lieux de travail francophones.

 

Pour information et demandes d’entrevues :
Marianne Raina
Cadre, service des communications à l’AEFO
Courriel : mraina@aefo.on.ca
Tél. : 613-218-3702*

(*Compte tenu du volume élevé de demandes, nous recommandons de nous contacter par courriel.)

 

Réaction au fait que l’Alberta invoque la disposition de dérogation pour des lois sur les personnes trans

OTTAWA, le 19 novembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à la décision du gouvernement de l’Alberta de suspendre les droits protégés par la Charte pour les jeunes trans :

« La décision du gouvernement albertain de recourir à la clause dérogatoire pour retirer des protections constitutionnelles aux jeunes trans et 2SLGBTQIA+ constitue une violation grave des droits humains. C’est un recul inquiétant qui met en danger la santé, la sécurité et le bien-être de jeunes déjà vulnérables. Il ne s’agit pas du premier projet de loi déposé en Alberta qui touche aux droits, une multiplication particulièrement alarmante.

L’AEFO condamne fermement toute mesure cherchant à invisibiliser ou discriminer des personnes en quête d’équité. Les écoles doivent demeurer des milieux inclusifs, sécuritaires et respectueux pour toutes et tous.

L’usage de la clause dérogatoire pour éviter l’examen judiciaire d’une loi discriminatoire crée un précédent dangereux et affaiblit les protections de la Charte. La répétition de ce recours en Alberta trace une pente dangereuse qui menace l’intégrité démocratique et exige une vigilance accrue.

L’AEFO réitère sa solidarité envers les communautés trans et 2SLGBTQIA+ et poursuivra son engagement à défendre leurs droits et leur dignité. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Réaction suite au décès de Rolande Faucher

OTTAWA, le 18 novembre 2025 — Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante à la suite du décès de madame Rolande Faucher :

« C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Rolande Faucher, samedi dernier, à l’âge de 84 ans. Rolande était une bâtisseuse, une alliée dont l’engagement a marqué l’éducation en français en Ontario.

 

Une vie au service de la francophonie

Rolande a été de tous les combats. L’obtention de la gestion scolaire, en 1997. La reconnaissance des droits linguistiques et scolaires des francophones en milieu minoritaire. Pendant sept ans, elle a été recherchiste au Comité des langues officielles du Parlement canadien. De 1993 à 1996, elle a présidé le Conseil de l’éducation et de la formation franco-ontarienne. Elle a par ailleurs défendu la création d’une université de langue française en Ontario — ce qui deviendra une réalité en 2017, lors de la fondation de l’Université de l’Ontario français. Toujours avec la même conviction : transformer les revendications en réalité.

Rolande savait rassembler. Mais elle savait aussi rappeler que nos droits ne se défendent pas tout seuls. Consultante en langues officielles, en santé, en justice et en formation professionnelle, elle a produit des rapports qui demeurent des références. Elle a participé à d’innombrables panels — dont un panel sur l’avenir de l’éducation en langue française, lors du Congrès 2006 de l’AEFO. Des groupes de travail, aussi, et des consultations publiques. Son livre sur le sénateur Jean-Robert Gauthier, qui lui a valu le prix Champlain en 2009, et ses travaux sur l’école en milieu minoritaire restent des repères en Ontario français.

Chevalière de l’Ordre de la Pléiade, elle a reçu l’Ordre du mérite de l’AJEFO et le Prix du Centre de recherche en civilisation canadienne-française. En 2014, elle a été nommée membre honoraire du Réseau des services de santé en français de l’Ontario.

Au nom de l’AEFO et de tous ses membres, j’offre nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Rolande Faucher. Nous lui devons beaucoup. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

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