Réaction à l’annonce d’une plateforme numérique de ressources pédagogiques standardisées et l’encadrement de l’évaluation des élèves.

OTTAWA, le 25 juin 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction aux changements annoncés par le ministère de l’Éducation concernant la mise en place d’une plateforme numérique pour des ressources pédagogiques standardisées et l’encadrement de l’évaluation des élèves.  

« L’AEFO accueille favorablement l’intention du ministère visant à fournir davantage de ressources pédagogiques au personnel enseignant. Notre priorité demeure que les enseignantes et les enseignants disposent des outils nécessaires pour répondre aux besoins des élèves francophones. 

Nous déplorons toutefois l’absence de consultation du personnel enseignant et des partenaires francophones dans ce dossier. Toute initiative de cette envergure gagnerait à s’appuyer davantage sur l’expertise des personnes qui travaillent quotidiennement auprès des élèves. 

L’AEFO appuie la mise à disposition de ressources communes servant de point de départ. Toutefois, ces ressources doivent demeurer adaptables aux réalités des classes et ne pas devenir des outils prescriptifs qui limitent le jugement professionnel du personnel enseignant. 

Dans une perspective franco-ontarienne, il est également essentiel que les ressources et les pratiques d’évaluation tiennent compte des réalités linguistiques, culturelles et pédagogiques propres à nos écoles.  

Lorsqu’il est question d’évaluation, le jugement professionnel des enseignantes et des enseignants doit demeurer au cœur des décisions. Ce sont elles et eux qui sont les mieux placés pour évaluer les apprentissages des élèves et déterminer les approches les plus adaptées à leur réalité. 

Enfin, le moment choisi pour cette annonce, à l’aube de la période estivale et à quelques semaines de la rentrée scolaire, soulève certaines préoccupations quant à sa mise en œuvre.  

L’AEFO suivra ce dossier de près et demeurera attentive aux impacts de ces changements sur le personnel enseignant et sur l’apprentissage des élèves. » 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Chaleur et qualité de l’air : des milieux de travail sécuritaires pour toutes et tous

Par l’équipe de l’AEFO

Cette rubrique fait le point sur des sujets relatifs aux conditions de travail et aux droits des membres de l’AEFO.

 

Une classe étouffante en juin, un bureau mal aéré, une salle où l’on peine à respirer; ces conditions ne relèvent pas de la malchance. Elles doivent et peuvent changer.

Pour l’AEFO, il s’agit avant tout d’une question de santé et de sécurité. La chaleur excessive et la mauvaise qualité de l’air nuisent directement au bien-être et à la capacité de travailler.

 

La chaleur : un risque réel

Avec des étés de plus en plus chauds, les vagues de chaleur sont plus fréquentes. Dans bien des milieux, cela se traduit par des conditions physiquement éprouvantes, parfois dangereuses. Une mauvaise ventilation ou l’absence de climatisation peuvent causer de la fatigue, des maux de tête et des étourdissements.

Ces conditions représentent plus qu’un inconfort : elles constituent un risque pour la santé.

Ce que dit la Loi

La Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) ne fixe pas de température maximale pour une salle de classe ou un bureau. Toutefois, elle oblige l’employeur à prendre toutes les précautions raisonnables pour protéger son personnel.

Concrètement, cela peut signifier des pauses supplémentaires, un accès constant à de l’eau potable, une meilleure ventilation ou une réorganisation des tâches. Ces mesures doivent être adaptées à chaque situation.

 

La qualité de l’air

La chaleur n’est pas le seul facteur en jeu. La qualité de l’air intérieur est tout aussi cruciale. Une ventilation défaillante, des moisissures, des poussières ou des produits nettoyants trop forts peuvent provoquer des troubles respiratoires, souvent sans que la cause soit évidente. Les épisodes de smog et de fumée liés aux feux de forêt, de plus en plus fréquents, viennent aggraver une situation déjà fragile dans bien des bâtiments.

 

Vos droits face à des conditions inacceptables

Si vos conditions de travail deviennent problématiques, signalez-le rapidement à votre direction. Un courriel est préférable à une discussion orale, car il permet de garder une trace écrite de votre démarche.

Lorsque la situation présente un danger réel et immédiat pour la santé (malaise, déshydratation, incapacité de fonctionner), vous pouvez exercer votre droit de refus de travailler, conformément à la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

Le droit de refus de travailler

Le droit de refus est un processus bien encadré, mis en place afin de protéger tout le monde.

  1. Informez votre supérieure ou votre supérieur de la situation et de votre refus de travailler.
  2. Une enquête doit être menée immédiatement.
  3. Si le danger est confirmé, des correctifs doivent être apportés.
  4. Si le problème persiste, le ministère du Travail peut intervenir.

Même lorsque le refus n’est pas jugé fondé, une inspection peut mener à des recommandations améliorant les conditions de travail pour l’ensemble du personnel.

Tout au long de ce processus, votre unité locale de l’AEFO peut vous accompagner et vous conseiller. Le droit de refus est une démarche sérieuse qui doit reposer sur un danger réel, mais c’est aussi un droit fondamental.

Si vous comptez exercer ce droit, contactez votre unité locale sans tarder.

Attention – personnel enseignant
L’AEFO recommande aux enseignantes et enseignants d’exercer le droit de refus pendant une pause ou à l’heure du dîner afin de ne pas laisser les élèves sans surveillance.

 

Le rôle clé des comités de santé et de sécurité

Le comité mixte de santé et de sécurité au travail (CMSST) est la voix collective par excellence. Il peut documenter les problèmes, demander des inspections et exiger un suivi. Il peut aussi signaler des problèmes concernant les bâtiments, comme les infiltrations d’eau ou la ventilation défectueuse.

 

Ce que revendique l’AEFO

Chaque travailleuse et travailleur a le droit d’exercer son métier dans un environnement sain, confortable et sécuritaire.

C’est pourquoi l’AEFO revendique des conditions adaptées aux réalités climatiques actuelles, notamment :

  • des seuils de température acceptables dans tous les milieux;
  • une meilleure ventilation dans les lieux de travail de ses membres;
  • des protocoles clairs pour les périodes de chaleur extrême;
  • une meilleure communication auprès du personnel sur les symptômes liés à la chaleur et à l’air vicié.

 

Un enjeu de société

Les conditions environnementales des milieux de travail dépassent l’expérience individuelle. Elles finissent par fragiliser les milieux collectifs, augmenter la pression sur les services publics et toucher l’ensemble de la société.

Des milieux de travail sains et sécuritaires ne devraient jamais être un luxe. Il s’agit d’une question de dignité, de santé publique et de justice. Nous devons cesser de normaliser l’inacceptable, continuer de signaler les problèmes et exiger, ensemble, des changements concrets.

La solidarité intersyndicale à la défense de l’éducation financée par les fonds publics en Ontario

Par Amélie Cournoyer, rédactrice agréée 

Le 29 avril 2026, plusieurs milliers d’enseignantes et d’enseignants de l’Ontario ont porté du rouge et du mauve. Portrait d’une solidarité intersyndicale qui s’amplifie, à la veille de la prochaine ronde de négociations collectives.

Ce mercredi-là de la fin avril, partout en Ontario, des enseignantes et des enseignants ainsi que des membres du personnel scolaire se sont présentés au travail, vêtus de rouge ou de mauve dans le cadre des mouvements « Red for Ed » et « Le pouvoir du mauve ». Dans une déclaration commune publiée deux jours avant, les cinq syndicats l’annonçaient : « Cette action collective démontrera la solidarité des enseignantes et enseignants et des travailleuses et travailleurs de l’éducation, qui réclament de meilleures conditions d’apprentissage et de travail dans nos écoles et nos universités. »

Les cinq présidences se sont réunies le matin devant une école anglophone de Mississauga, puis l’après-midi dans une école francophone. « Cette action démontre clairement au gouvernement que nous sommes unies et déterminées à faire entendre nos voix », soutient la présidente de l’AEFO Gabrielle Lemieux.

 

De gauche à droite : Martha Hradowy (FEESO), Gabrielle Lemieux (AEFO), David Mastin (FEEO) et René Jansen in de Wal (OECTA).

 

Des syndicats en éducation d’autres provinces, notamment du Manitoba, du Nouveau-Brunswick et du Québec, ont porté le rouge et le mauve en guise de soutien. « Cela montre à nos membres que cette cause résonne d’un bout à l’autre du pays. Nous défendons toutes et tous une éducation publique de qualité », précise la présidente.

 

Une collaboration de longue date

La collaboration entre l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA) et la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) ne date pas d’hier.

Elle a, en fait, toujours existé, même si elle n’a pas toujours été aussi visible. Les quatre syndicats en enseignement de l’Ontario se côtoient régulièrement : ils siègent ensemble aux conseils d’administration de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (FEO), du Régime d’assurances des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RAEO) et de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) ainsi qu’au conseil de direction du Conseil ontarien d’évaluation des qualifications (COEQ).

Ce qui les a amenés à collaborer plus étroitement est l’entrée en vigueur de la Loi de 2014 sur la négociation collective dans les conseils scolaires (aussi appelée le « projet de loi 122 »), qui a institué un système à deux paliers pour la négociation des conventions collectives entre les conseils scolaires et leur personnel, avec une table centrale à laquelle le gouvernement participe de manière officielle.

Depuis, les quatre filiales de la FEO misent sur une collaboration plus étroite. « Nous avons toujours entretenu des liens, mais, depuis que le gouvernement est assis à la table provinciale, il a fallu accentuer notre collaboration et nos discussions », confirme Anne Lavoie, directrice générale de l’AEFO.

 

De la collaboration au front commun

Avec le temps, la collaboration entre les filiales sœurs s’est progressivement transformée en coalition. En décembre 2019, alors que les syndicats sont en pleine négociation avec la province pour le renouvellement de leurs conventions collectives respectives, ils déposent des recours judiciaires contre la loi provinciale qui plafonne à 1 % par année les augmentations salariales de la fonction publique pendant trois ans. Ils deviennent ainsi les premiers syndicats à contester la loi en cours et gagnent gain de cause : la loi sera déclarée inconstitutionnelle par la Cour supérieure de justice de l’Ontario en 2022, et la décision sera maintenue par la Cour d’appel de l’Ontario deux ans plus tard.

En février 2020, ils franchissent un autre cap : une grève générale provinciale mobilise les membres des cinq syndicats afin de protester contre la lenteur des négociations et les compressions gouvernementales en éducation. « Ces dernières années, nous avons fait face à une série de défis qui ont mis en lumière à quel point notre travail est véritablement interconnecté. Les classes sont plus complexes, les ressources sont insuffisantes et les attentes envers nous ne cessent de croître », mentionne René Jansen in de Wal, président de l’OECTA.

Lors de la ronde de négociations 2022-2024, les filiales en enseignement optent pour une stratégie commune affirmée en choisissant l’arbitrage plutôt que la grève, adoptant ainsi une approche concertée.

À la suite de ces dernières rondes de négociations, les membres aussi réclament plus de coordination entre les syndicats. « À l’assemblée annuelle de la FEESO, par exemple, les membres ont fait une demande claire de collaborer avec les autres associations de façon permanente. Une résolution a même été adoptée en ce sens », se rappelle Anne Lavoie.

Puis, le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) rejoint la coalition des filiales syndicales en enseignement, joignant ainsi les voix des 57 000 employées et employés des conseils scolaires à celles du personnel enseignant.

Ce qui est nouveau, donc, ce n’est pas la collaboration entre les différents syndicats ; c’est la volonté désormais partagée de la rendre publique et stratégique. « Ce qui a changé, c’est que les syndicats comprennent plus clairement que jamais que les défis auxquels est confronté l’enseignement financé par les fonds publics ne peuvent pas être résolus de façon isolée », affirme la présidente de la FEESO Martha Hradowy.

 

L’année 2026 : un pas de plus vers les actions concertées

En février 2026, les cinq présidences se réunissent à l’assemblée annuelle de l’AEFO. « Leur présence est venue confirmer à quel point il est essentiel de travailler main dans la main pour protéger les intérêts de nos membres et la qualité de notre système d’éducation financé par les fonds publics », soutient Gabrielle Lemieux.

 

Lors de l’assemblée annuelle de l’AEFO, de gauche à droite : David Mastin (FEEO), Chris Cowley (FEO), Clint Johnston (FCE), Gabrielle Lemieux (AEFO), Martha Hradowy (FEESO), Joe Tigani (OSBCU) et René Jansen in de Wal (OECTA).

 

Quelques semaines plus tard, les cinq présidences se retrouvent aux assemblées annuelles de la FEESO, puis de l’OECTA. Elles partagent alors une même tribune devant les membres des filiales. Lors de son allocution à l’assemblée annuelle de l’OECTA, Gabrielle Lemieux déclare : « À l’approche des prochaines négociations collectives, cette solidarité prend encore plus de sens. Elle montre que nous ne sommes pas seulement des groupes séparés. Nous formons un front commun, cohérent et fort, capable de défendre les droits de nos membres et d’assurer leur avenir. »

Cette union des forces syndicales est plus que nécessaire. « Ce gouvernement conservateur est extrêmement sensible à la pression publique. Cela rend notre collaboration, nos efforts de mobilisation et d’unification et notre travail commun encore plus efficaces », pense le président de la FEEO David Mastin. Martha Hradowy abonde dans le même sens : « Les gouvernements cherchent souvent à diviser les secteurs, les catégories de personnel ou les unités de négociation. Ils veulent que les travailleuses et les travailleurs de l’éducation blâment le personnel enseignant, que le personnel enseignant blâme le personnel de l’éducation, ou qu’un syndicat en blâme un autre. Nous refusons de laisser cela se produire. »

Le président du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) Joe Tigani ajoute : « Ce qui me donne confiance, c’est que la solidarité que nous observons en ce moment n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur des relations authentiques, des échanges francs et une volonté partagée de mettre de côté nos différences au service d’un objectif plus grand. »

 

Une solidarité qui percole dans les équipes syndicales

La collaboration ne se limite pas aux présidences ou aux directions générales. « Il y a énormément de travail collectif qui se fait de la part, non seulement des équipes en communications, mais aussi celles des relations politiques. On nous a demandé de faire de cette solidarité-là une priorité », rapporte Marianne Raina, cadre aux communications de l’AEFO. « On se rencontre donc sur une base régulière pour travailler sur des actions et des déclarations communes. Ça nous a permis de tisser des liens avec nos homologues des différents syndicats. Ces liens n’existaient pas ou très peu avant », poursuit-elle.

Résultat, les déclarations communes des syndicats en éducation se multiplient en 2025-2026, par exemple contre le projet de loi 33, qui concentre davantage de pouvoirs entre les mains du ministre de l’Éducation, ou pour demander au gouvernement de débuter les prochaines négociations dès que possible. Les cinq syndicats se sont également présentés ensemble à Queen’s Park pour témoigner devant le comité parlementaire, leur rappelant l’importance d’investir dans l’éducation publique.

Le cadre aux relations gouvernementales et communautaires de l’AEFO Émile Maheu y voit un signe concret que le mouvement prend une ampleur inédite. « Ce qui est différent maintenant, c’est que les manifestations sont publiques. C’est vraiment intéressant de voir qu’on passe à l’action ensemble. » dit-il en ajoutant : « Autant il est important que nos membres soient solidaires entre eux, autant il est important que cette solidarité émerge et que l’on travaille avec les autres syndicats. »

 

La force du nombre

Avec ses 12 500 membres, l’AEFO est la plus petite filiale syndicale en éducation de l’Ontario et la seule francophone. « En nous joignant à un front commun, notre voix est amplifiée et résonne encore plus loin », fait remarquer Gabrielle Lemieux. Pour les membres, poursuit-elle, voir leur association prendre place à côté de partenaires qui représentent des dizaines de milliers d’enseignantes et d’enseignants ainsi que de travailleuses et travailleurs envoie un message fort : leurs revendications ne sont pas marginales. Elles font partie d’un mouvement provincial d’envergure.

La force du nombre est un grand avantage que considère également David Mastin. « Ensemble, nous représentons 255 000 membres. C’est une force considérable, dit-il. Ensemble, nous savons que nous pouvons faire progresser l’éducation publique, que nous pouvons faire avancer nos négociations et que nous pouvons faire pression pour obtenir le soutien et les ressources dont nos élèves, nos membres et nos écoles ont besoin. »

Joe Tigani résume bien les retombées positives de cette solidarité : « Pendant trop longtemps, les gouvernements ont pu présenter les négociations en éducation comme une série de conflits isolés. Ensemble, nous redéfinissons complètement la situation : il ne s’agit pas des revendications d’un seul syndicat. Il s’agit de l’avenir de l’éducation publique en Ontario. »

Martha Hradowy confirme l’idée que la solidarité renforce le pouvoir de négociation : « Les gouvernements et les employeurs ne peuvent plus isoler un groupe et le mettre sous pression de façon indépendante. » Selon elle, la solidarité intersyndicale renforce les campagnes publiques, car les parents et les communautés reçoivent des messages cohérents de la part des personnes qui travaillent quotidiennement avec leurs enfants. Elle améliore également la représentation politique, car les gouvernements sont bien plus susceptibles de réagir lorsque des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs de l’éducation ainsi que d’enseignantes et d’enseignants sont ralliés. « Cela renforce aussi le moral des membres, car les travailleuses et travailleurs ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls », soutient-t-elle.

René Jansen in de Wal partage cette lecture. « Un front uni amplifie notre influence et notre crédibilité », dit-il. Ce dernier met de plus en évidence les avantages techniques d’une collaboration intersyndicale : « Cela nous permet de réunir des perspectives et des expertises diverses, ce qui renforce notre pouvoir d’action et nous permet de répondre de manière plus efficace et stratégique aux nouveaux défis. »

 

Les défis d’une solidarité à plusieurs voix

Les présidences s’entendent pour dire que le plus grand défi est de poursuivre une collaboration active avec les autres syndicats tout en ne perdant pas de vue le mandat particulier qu’elles ont à défendre. « Chaque organisation a sa propre gouvernance, ses priorités et les besoins spécifiques de ses membres, ce qui nécessite parfois une navigation délicate », admet René Jansen in de Wal.

Cela est d’autant plus vrai pour l’AEFO, la seule organisation francophone du front commun. Ses membres font face à des enjeux spécifiques, tels que l’inclusion d’un nombre important de nouvelles arrivantes et de nouveaux arrivants au sein de la profession, la construction et le maintien de leurs écoles et la gouvernance de leurs conseils scolaires qui opèrent en contexte minoritaire. « Les besoins de nos membres ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux qui œuvrent dans le système anglophone, confirme Gabrielle Lemieux. Il faut donc saisir toutes les occasions de travailler ensemble sans jamais perdre de vue notre mission et notre rôle. »

À cela s’ajoute une difficulté propre à tout travail de consensus entre plusieurs organisations : dégager une position commune sur un enjeu donné, dans un délai souvent court. « La coordination des messages et des stratégies demande des efforts et un dialogue continus », indique René Jansen in de Wal. Anne Lavoie de l’AEFO est d’accord : « Chacune doit faire des compromis. Mais je pense que c’est une concertation dans le respect des différences. »

Pour Joe Tigani, la clé est l’honnêteté. « Une véritable collaboration exige une communication ouverte, une confiance sincère et la volonté de reconnaître que ce que nous avons en commun est bien plus grand que ce qui nous distingue, pense-t-il. Il ne s’agit pas que tout le monde fasse les choses de la même façon. Il s’agit d’avancer dans la même direction. »

La collaboration intersyndicale amène aussi des défis logistiques. « On a chacune et chacun nos agendas, nos budgets, nos activités provinciales. Puis, nos bureaux ne sont pas dans la même ville. C’est parfois difficile de trouver du temps pour nous rencontrer, mais nous réussissons », rapporte Gabrielle Lemieux.

 

Vers les négociations 2026 : « Plus forts ensemble »

Les conventions collectives de l’ensemble des membres qui travaillent pour un conseil scolaire en Ontario viennent à échéance le 31 août 2026. Il en va de même pour les membres des autres syndicats. C’est sous la bannière « Plus forts ensemble » que les cinq associations vont entreprendre le prochain cycle de négociations centrales.

Le contexte est difficile. Dans une déclaration commune de mars 2026, les syndicats dénoncent un sous-financement chronique qui se traduit par des classes bondées, une montée de la violence et un besoin urgent d’agir pour retenir et recruter le personnel enseignant et scolaire.

Le message envoyé par les présidences à ce sujet est clair : « Nous sommes solidaires et travaillons ensemble pour nos écoles financées par les fonds publics. Nous rencontrerons ce gouvernement à la table des négociations et ferons valoir les investissements dont les élèves de l’Ontario ont besoin pour réussir. » René Jansen in de Wal a une manière unique de représenter les prochaines négociations en comparant les syndicats à des voitures roulant dans le même sens sur une autoroute à plusieurs voies avec chacune leur propre sortie. « Nous avancerons ensemble pendant un certain temps et chacune quittera l’autoroute au moment opportun pour ses membres. Mais reconnaître qu’on est capables de faire un bout de chemin ensemble, c’est ça qui compte », dit Gabrielle Lemieux.

 

Une alliance stratégique

Porter du rouge et du mauve est un geste simple. Mais quand 255 000 membres s’y mettent le même jour et pour la même cause, le geste cesse d’être simple. Il devient une déclaration commune ; il devient un mouvement.

 

Des membres de l’AEFO de l’École élémentaire Le Flambeau, accompagnés d’Abdelmajid Rahmouni, président de l’Unité 58 – Centre-Sud et Sud-Ouest publique; Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO; Joe Tigani, président de l’OSBCU; René Jansen in de Wal, président d’OECTA; David Mastin, président de la FEEO; et Malini Leahy, vice-présidente de la FEESO.

 

Les prochains mois seront décisifs. Les avis d’intention de négocier seront déposés conjointement et les présidences se tiendront côte à côte. « Nous entrons dans cette ronde de négociations non seulement avec la force de chacun de nos membres, mais aussi avec la force collective de tous nos membres réunis », se réjouit David Mastin.

Gabrielle Lemieux conclut : « Cette solidarité n’est ni une capitulation identitaire ni une fusion des organisations. C’est une alliance stratégique, bâtie dans le respect des particularités de chacune, dont la nôtre. »

Les syndicats de l’éducation de l’Ontario envoient un avis d’intention de négocier

 

OTTAWA (Ontario) – Aujourd’hui, les syndicats de l’éducation de l’Ontario — l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) — ont chacun envoyé un avis d’intention de négocier aux organismes négociateurs patronaux et informé le gouvernement provincial, présent à la table des négociations.

« Ensemble, nos syndicats représentent plus de 255 000 membres du personnel enseignant et scolaire de partout en Ontario. Solidaires dans notre engagement envers notre système d’éducation financé par les fonds publics, nous sommes prêtes et prêts à entreprendre des négociations constructives axées sur le soutien aux élèves et l’amélioration des conditions d’apprentissage et de travail dans les écoles de la province.

Les élèves et leurs familles méritent un système d’éducation public sûr, stable et doté des ressources nécessaires. La négociation est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour concrétiser cet objectif. Les membres du personnel enseignant et scolaire sont les premiers à constater les pressions croissantes auxquelles les classes et les écoles sont confrontées chaque jour : complexification des besoins des élèves, violence dans les écoles, insuffisance des ressources destinées aux élèves ayant des besoins particuliers, classes bondées, manque de personnel et difficultés de recrutement et de rétention.

Les élèves, le personnel scolaire et les enseignantes et enseignants ne devraient pas avoir à recourir à la négociation pour garantir les conditions essentielles au bon fonctionnement et à la sécurité des écoles. Mais après des années de sous-financement et de pénurie de personnel, on ne peut plus faire abstraction de ces défis. Le gouvernement ne peut plus continuer à ignorer les conséquences négatives du sous-financement chronique, de l’insuffisance de personnel et du manque de ressources sur les élèves, le personnel enseignant et les travailleuses et travailleurs du secteur de l’éducation. C’est pourquoi nous avons réclamé le début anticipé des négociations le 2 mars, demande qui a été rejetée.

Les syndicats de l’éducation de l’Ontario réclament depuis longtemps des investissements substantiels dans nos écoles, ainsi qu’un processus de négociation centré sur les véritables enjeux qui touchent nos jeunes, leurs familles et nos communautés. Notre engagement commun en faveur de la réussite et du bien-être des élèves guidera notre approche tout au long de cette ronde de négociations.

Les enseignantes et enseignants et les membres du personnel scolaire disposent d’une expérience sur le terrain et de connaissances pratiques acquises dans les classes et les établissements scolaires de toute la province. Cette expertise sera cruciale dans le cadre des négociations, alors que les syndicats chercheront à ce que tous les élèves, notamment ceux ayant des besoins particuliers, bénéficient des milieux d’apprentissage de qualité auxquels ils ont droit.

Maintenant que nous avons déposé un avis de négocier, les parties sont légalement tenues d’entamer des négociations dans un délai de 15 jours. Nous pressons le gouvernement provincial et les organismes négociateurs patronaux à se présenter à la table des négociations dès que possible, prêts à échanger de façon constructive pour garantir que chaque élève ait accès au soutien, aux ressources et aux conditions d’apprentissage nécessaire à sa réussite. L’Ontario ne peut pas se permettre une autre année de sous-financement, d’insuffisance de personnel et d’instabilité. »

 

Martha Hradowy, présidente d’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de la FEEO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

AEFO — Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
SCFP-CSCSO — Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
FEEO — Carla Pereira au 416-962-3836, poste 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA — Michelle Despault au 416-925-2493, poste 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO — Munib Sajjad au 416-527-3276 ou munib.sajjad@osstf.ca

 

Réaction au rapport de la vérificatrice générale de l’Ontario sur l’éducation spécialisée

OTTAWA, le 13 mai 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction au rapport de la vérificatrice générale de l’Ontario sur l’éducation spécialisée :

« Le rapport de la vérificatrice générale confirme plusieurs préoccupations que l’AEFO soulève depuis longtemps concernant l’éducation spécialisée en Ontario.

Nos membres, enseignantes et enseignants, personnel de soutien et professionnelles et professionnels de l’éducation accompagnent chaque jour les élèves ayant des besoins particuliers avec compétence, dévouement et bienveillance, souvent dans des conditions difficiles et avec des ressources limitées. Sur le terrain, elles et ils voient chaque jour les effets du manque de ressources, des délais d’attente trop longs pour obtenir des services spécialisés et du manque de personnel pour répondre adéquatement aux besoins réels des élèves.

Le rapport met aussi en lumière une réalité bien connue des familles d’élèves à besoins particuliers : un système souvent compliqué et difficile à naviguer, notamment en ce qui concerne les comités d’identification, de placement et de révision (CIPR) et l’accès aux services.

Les constats liés aux plans d’enseignement individualisés (PEI) sont également préoccupants. Les PEI sont essentiels à la réussite des élèves, mais leur qualité dépend directement du temps, de la formation et des ressources accordés au personnel pour les préparer adéquatement.

L’AEFO accueille favorablement les recommandations de la vérificatrice générale visant à réduire les délais, améliorer les services et rendre le système plus clair pour les familles qui souhaitent avant tout que leurs enfants reçoivent les services et l’appui nécessaires pour réussir et s’épanouir à l’école.

L’AEFO réaffirme sa volonté de collaborer avec le ministre de l’Éducation et l’ensemble des partenaires du milieu scolaire pour mettre en place des solutions concrètes et durables. C’est en travaillant ensemble que nous pourrons mieux répondre aux besoins des élèves et renforcer la confiance des familles envers le système d’éducation. Les élèves ayant des besoins particuliers, tout comme le personnel qui les accompagne au quotidien, méritent un soutien réel et à la hauteur des besoins. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Plus de 255 000 enseignantes, enseignants et membres du personnel scolaire s’unissent pour une journée d’action provinciale

 

OTTAWA (Ontario) – L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) publient la déclaration suivante en amont de la journée d’action provinciale qui aura lieu ce mercredi :

« Le 29 avril, plus de 255 000 membres de l’AEFO, de la FEEO, de l’OECTA, du SCFP-CSCSO et d’OSSTF/FEESO participeront à une journée d’action à l’échelle de la province. Cette mobilisation concertée est une démonstration éloquente de l’unité des enseignantes et enseignants ainsi que des membres du personnel scolaire de l’Ontario, dans un contexte où le système d’éducation financé par les fonds publics demeure confronté à des défis de taille.

En effet, le système d’éducation de l’Ontario subit des pressions croissantes et le plus récent budget provincial n’en a atténué aucune. Le sous-financement chronique continue de façonner la réalité quotidienne des écoles. Classes bondées, montée de la violence, insuffisance des ressources destinées aux élèves ayant des besoins particuliers, difficulté persistante de recruter et de retenir le personnel enseignant et scolaire, bâtiments vieillissants et en mauvais état sont autant de facteurs qui convergent et exercent une pression considérable. Dans le secteur postsecondaire, des années de sous-financement combinées aux récentes compressions apportées au Régime d’aide financière aux étudiants de l’Ontario (RAFEO) compromettent l’accès aux études et mettent en péril la main-d’œuvre ontarienne de demain.

Les enseignantes et les enseignants ainsi que les membres du personnel scolaire sont témoins de ces réalités au quotidien. Nos membres sont bien conscients des conséquences sur les milieux d’apprentissage ainsi que sur la réussite et le bien-être des élèves, et savent que nos jeunes et leurs familles méritent un système stable et doté des ressources nécessaires pour répondre à leurs besoins et les préparer pour l’avenir.

Le 29 avril, plus de 255 000 membres des quatre coins de l’Ontario se réuniront pour afficher clairement leur appui et réclamer qu’on investisse dans le système d’éducation public. Partout en Ontario, nos membres porteront du rouge et du mauve dans le cadre des mouvements « Red for Ed » et « Le pouvoir du mauve ». Cette action collective démontrera la solidarité des enseignantes et enseignants et des travailleuses et travailleurs de l’éducation, qui réclament de meilleures conditions d’apprentissage et de travail dans nos écoles et nos universités. Sous la bannière « Plus forts ensemble », les cinq syndicats sont prêts à entreprendre le prochain cycle de négociations centrales et à en demander davantage pour nos élèves que le gouvernement néglige depuis son arrivée au pouvoir en 2018.

Le mouvement prend de l’ampleur. Nos membres s’engagent, s’informent et se mobilisent pour défendre et renforcer notre système d’éducation financé par les fonds publics. Cet engagement partagé est notre plus grande force. Ensemble, nous continuerons de défendre le système de grande qualité et pleinement financé auquel chaque élève de l’Ontario a droit. Nous invitons les familles et les autres alliées et alliés communautaires à se joindre à nous pour réclamer des investissements concrets et un engagement véritable envers la réussite et le bien-être des élèves. »

 

Martha Hradowy, présidente d’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de la FEEO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

AEFO – Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
SCFP-CSCSO – Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
FEEO – Carla Pereira au 416-962-3836, poste 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA – Michelle Despault au 416-925-2493, poste 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO – Caitlin Reid au 416-576-8346 ou caitlin.reid@osstf.ca

 

 

Réaction à l’annonce visant à améliorer l’accès aux services en français

OTTAWA, le 17 avril 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement pour un renforcement de l’accès aux services en français :

« L’AEFO salue l’annonce du gouvernement de l’Ontario visant à améliorer l’accès aux services en français. 

Rendre obligatoire le bilinguisme pour le poste d’Ombudsman représente un pas concret pour mieux protéger les droits linguistiques et assurer une surveillance plus rigoureuse sur la livraison des services en français. Cela permettra aussi de simplifier les échanges et de mieux répondre aux réalités des communautés francophones. 

Cette mesure contribue à un accès plus direct, plus équitable et sans entrave aux services en français, particulièrement pour les francophones qui font face aux mêmes enjeux que la majorité mais pour qui la langue devient souvent un enjeu supplémentaire. 

À l’instar de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, l’AEFO y voit une avancée attendue. Ombudsman Ontario doit être pleinement en mesure d’agir et de communiquer dans les deux langues officielles, sans dépendre d’intermédiaires.» 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO 

Réaction à l’annonce de réforme de la gouvernance des conseils scolaires

OTTAWA, le 14 avril 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement sur la réforme de la gouvernance des conseils scolaires : 

« Ce qui se passe en ce moment avec les conseils scolaires est profondément inquiétant. En retirant des pouvoirs aux instances locales pour les concentrer à Queen’s Park, le gouvernement impose une ingérence politique sans précédent. 

Je veux être très claire : l’AEFO est solidaire des conseils de langue anglaise et de nos collègues. Ce qu’elles et ils vivent est inacceptable, avec une perte d’autonomie, des élues et élus mis de côté et des décisions imposées sans consultation. 

C’est tout le concept de démocratie locale qui est fragilisé. Réduire les pouvoirs des conseils scolaires, c’est réduire au silence la voix des parents, des élèves et du personnel. 

On le voit déjà : des décisions importantes qui touchent directement nos membres, notamment sur l’évaluation des élèves, l’assiduité et l’organisation scolaire, se prennent sans consultation. 

Oui, le ministre reconnaît le droit des francophones à gérer leurs écoles. Mais une reconnaissance ne suffit pas. Elle doit se traduire en actions concrètes, et cela passe aussi par le respect des conseils scolaires de langue anglaise.  

Il ne doit pas y avoir de système à deux standards entre francophones et anglophones. Les décisions en éducation doivent rester ancrées localement. 

Au fond, c’est simple : affaiblir la gouvernance des conseils scolaires, c’est fragiliser tout le système d’éducation.» 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO 

Réaction à l’annonce du gouvernement sur la réduction du programme de formation à l’enseignement

OTTAWA, le 10 avril 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement sur la réduction du programme de formation à l’enseignement à 12 mois.

« L’AEFO accueille positivement l’annonce du gouvernement de l’Ontario concernant la réforme de la formation à l’enseignement. Cette annonce envoie un signal attendu et encourageant pour le milieu de l’éducation. Les principales orientations vont dans le sens d’une formation plus accessible, plus flexible et mieux adaptée aux réalités actuelles.

Elle reconnaît aussi clairement l’ampleur du défi de main-d’œuvre dans le système d’éducation, particulièrement en contexte francophone. C’est un pas important de voir que cet enjeu est pris au sérieux et qu’il y a une volonté d’agir.

Un programme de formation plus court est un pas dans la bonne direction. Le modèle de deux ans créait un désavantage pour le secteur francophone, notamment en limitant l’accès à la profession. En raccourcissant le parcours, on pourra former plus rapidement du nouveau personnel, ce qui aidera à répondre à certains besoins sur le terrain.

L’augmentation du nombre de journées de stage est également une avancée très encourageante. En misant davantage sur l’expérience terrain, on donne aux futures enseignantes et futurs enseignants de meilleurs outils pour se préparer concrètement à la réalité de la classe.

Cela dit, former davantage de personnes ne suffira pas à régler tous les défis actuels. La rétention du personnel enseignant demeure un enjeu central. Il faut améliorer concrètement les conditions de travail, notamment en assurant un lieu de travail sécuritaire, pour donner envie aux enseignantes et enseignants de rester dans la profession.

Le manque de personnel enseignant qualifié francophone a des impacts qui dépassent l’école. Les écoles de langue française jouent un rôle clé dans la vitalité et l’identité des communautés francophones. Lorsqu’elles sont fragilisées, ce sont toutes les communautés franco-ontariennes et même la société ontarienne dans son ensemble qui en ressentent les effets. »

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Les syndicats de l’éducation de l’Ontario s’unissent : le budget confirme l’urgence de négociations anticipées

OTTAWA (Ontario) — L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) publient la déclaration commune suivante en réaction à l’annonce du budget de l’Ontario :

« Les familles, les enseignantes et enseignants et le personnel scolaire de l’Ontario continuent d’entendre le gouvernement Ford soutenir que le système d’éducation financé par les fonds publics bénéficie d’investissements sans précédent. Mais dans nos écoles, la réalité est sans appel : notre système est en crise et le budget proposé par le gouvernement, qui échoue encore à soutenir les élèves, les enseignantes et enseignants et le personnel scolaire, ne fera qu’empirer la situation.

Le sous-financement chronique se traduit par des classes bondées, une montée de la violence et un besoin urgent d’agir pour retenir et recruter le personnel enseignant et scolaire. Les élèves ayant des besoins particuliers attendent des années pour des évaluations et des services, et nos membres s’épuisent à répondre à des besoins de plus en plus complexes, sans disposer des moyens nécessaires. Ce ne sont pas là les signes d’investissements “historiques”, mais les conséquences prévisibles d’années de négligence.

En dépit des déclarations du gouvernement, le financement par élève (une fois corrigé pour tenir compte de l’inflation) est plus bas qu’au début de son mandat. Nous sommes prêtes et prêts à collaborer de manière constructive et à trouver des solutions dans le cadre du processus de négociation, dès que le gouvernement sera prêt à s’asseoir à la table.

Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, a refusé d’entamer les négociations de manière anticipée, mais la crise des écoles ontariennes exige du leadership, pas d’autres délais. Il est temps d’entamer sans attendre le processus pour bâtir le système éducatif stable et bien outillé dont les élèves sont privés depuis trop longtemps.

À la table des négociations, nous défendrons les conditions et le soutien dont ont besoin les élèves, le personnel scolaire et les enseignantes et enseignants, tout en continuant d’exiger du gouvernement qu’il investisse réellement dans l’éducation.

Nous sommes solidaires et travaillons ensemble pour nos écoles financées par les fonds publics. Nous rencontrerons ce gouvernement à la table des négociations et ferons valoir les investissements dont les élèves de l’Ontario ont besoin pour réussir. »

Martha Hradowy, présidente d’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de la FEEO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

 

AEFO – Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
SCFP-CSCSO – Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
FEEO – Carla Pereira au 416-962-3836, poste 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA – Michelle Despault au 416-925-2493, poste 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO – Caitlin Reid au 416-576-8346 ou caitlin.reid@osstf.ca

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