Les syndicats de l’éducation de l’Ontario font une mise en garde contre l’adoption du projet de loi 33

OTTAWA, le 18 novembre 2025 — L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (ETFO/FEEO), Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) ont publié la déclaration conjointe suivante au sujet de l’adoption probable du projet de loi 33, intitulé la Loi sur le soutien aux enfants, aux élèves et aux étudiants :

 « Les écoles de l’Ontario sont confrontées à de vraies crises : classes pleines à craquer, montée de la violence, infrastructures délabrées et réduction massive des services d’éducation spécialisée. Or, le projet de loi 33 ne fait que détourner l’attention de chacun de ces problèmes, et risque même de les exacerber.

Une fois de plus, le gouvernement conservateur utilisera sa majorité comme une arme. Non pas pour venir en aide aux élèves, mais pour réduire des collectivités au silence et éroder la confiance du public. Le projet de loi 33 n’est rien de moins qu’une prise de contrôle hostile de la gouvernance de l’éducation financée par des fonds publics, et une attaque stratégique contre la démocratie, présentée sous le masque de la modernisation et de la responsabilisation.

Cette loi mettra à l’écart les conseillères et conseillers scolaires locaux démocratiquement élus, ce qui privera les familles de leur pouvoir, compromettra la transparence et ouvrira la voie à des décisions politiques qui font fi des besoins des élèves et de la parole des communautés. Elle accordera des pouvoirs à des superviseurs nommés par le Ministère qui n’ont souvent aucune expérience en éducation, aucun lien avec les communautés locales, possiblement aucune compréhension de la mission des écoles de langue française, et aucun engagement en faveur de l’équité ou les droits de la personne. Ces superviseurs n’auront de comptes à rendre qu’au gouvernement Ford, alors qu’ils devraient être redevables aux personnes que nos écoles sont censées servir. À ce jour, les actions du gouvernement sont éloquentes : coupes dans l’enseignement spécialisé, réduction du soutien à l’apprentissage de l’anglais et du français, et financement centralisé des arts qui en limite l’accès. Sa mission est claire : réduire les coûts, au mépris de l’impact sur la réussite et le bien‑être des élèves.

Les conseillères et conseillers scolaires élus ne sont pas parfaits. Certaines ou certains ont commis des erreurs, d’autres ont manqué à leurs responsabilités envers leurs communautés. Mais dans une démocratie, c’est à la population qu’il faut rendre des comptes. Pas aux élites politiques. Si le gouvernement Ford se souciait vraiment de la reddition de comptes, il commencerait par examiner son propre bilan, entaché de scandales et d’un mépris flagrant pour le contrôle citoyen.

Le ministre de l’Éducation veut faire croire à la population ontarienne que les conseillères et conseillers scolaires sont le problème, mais soyons clairs : la véritable crise, c’est le sous-financement chronique de nos écoles. Depuis des décennies, les conseils scolaires doivent étirer au maximum des budgets toujours plus restreints, alors que les besoins des élèves ne cessent de croître. La province n’a fait qu’empirer les choses en forçant les conseillères et conseillers scolaires à en faire plus avec moins, puis en leur faisant porter le blâme des conséquences.

L’adoption du projet de loi 33 ne sera pas un incident isolé. Cela s’inscrit dans un programme plus vaste et profondément troublant qui vise à démanteler l’enseignement public et à livrer les écoles à des intérêts privés. Le personnel en éducation de l’Ontario ne restera pas les bras croisés pendant que le gouvernement prive le peuple de son pouvoir et met en péril l’avenir des élèves de notre province. »

 

Martha Hradowy, présidente de l’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de la FEEO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec :

AEFO – Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
SCFP-CSCSO – Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
FEEO – Carla Pereira au 416-962-3836, poste 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA – Michelle Despault au 416-925-2493, poste 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO – Caitlin Reid au 416-576-8346 ou caitlin.reid@osstf.ca

 

Réaction à l’annonce du gouvernement au sujet de nouveaux bureaux d’assistance aux élèves et aux familles

OTTAWA, le 13 novembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement concernant la création de nouveaux bureaux d’assistance aux élèves et aux familles dans chaque conseil scolaire :

« Cette nouvelle annonce du gouvernement démontre une fois de plus l’ingérence persistante du gouvernement dans la gouvernance des conseils scolaires, tout en préparant le terrain pour une élimination graduelle des postes d’élues et élus scolaires.

Sous prétexte d’offrir une solution rapide, le gouvernement met en place un mécanisme parallèle qui ne règle rien aux véritables problèmes dans les écoles : surcharge, manque de services, ratios intenables et besoins criants en santé mentale.

Les conseils scolaires disposent déjà de procédures claires et formelles pour traiter les préoccupations des élèves et des familles. En imposant un nouveau mécanisme sans ajouter de ressources, le gouvernement alimente la confusion et laisse croire qu’il agit.

Plutôt que de multiplier les structures administratives, il serait préférable d’investir là où les besoins se trouvent réellement : dans les salles de classe, en soutenant le personnel enseignant et en donnant aux élèves les meilleures chances de réussite. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Réaction à l’Exposé économique de l’automne 2025 de l’Ontario

OTTAWA, le 8 novembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en lien avec L’exposé économique de l’automne 2025 de l’Ontario : 

« Encore une fois, on constate l’absence d’une véritable vision pour l’éducation financée par les fonds publics dans l’énoncé économique du gouvernement. En cette période de grands bouleversements économiques et sociaux, investir dans l’éducation, c’est pourtant miser sur l’avenir de l’Ontario. 

Malgré des besoins criants dans nos écoles, aucun investissement concret n’est prévu pour soutenir les élèves, le personnel enseignant ou la santé mentale. De plus, la francophonie ontarienne, pourtant essentielle à la vitalité de la province, est à peine mentionnée dans cet énoncé. Nous saluons le soutien au MIFO et à l’Université de Sudbury, mais ces quelques appuis ponctuels ne remplacent pas une stratégie durable de financement et de développement. 

Nous continuons d’éplucher l’énoncé économique afin d’en mesurer pleinement les impacts potentiels sur nos membres et leurs élèves. L’AEFO poursuivra également ses efforts de revendication auprès du gouvernement pour que l’éducation publique et francophone retrouve enfin la place qu’elle mérite parmi ses priorités. » 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Déclaration de la présidence à l’occasion du décès de Bernard Grandmaître

OTTAWA, le 29 octobre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante à la suite du décès de monsieur Bernard Grandmaître :

« C’est avec une profonde émotion que nous avons appris le décès de Bernard Grandmaître, ce 28 octobre 2025, à l’âge de 92 ans. Bernard n’était pas seulement une figure publique : pour nous, il était un bâtisseur, un allié, un homme dont l’engagement a changé concrètement la vie des francophones de l’Ontario.

Maire de Vanier, puis député d’Ottawa–Vanier à partir de 1984, il a porté nos aspirations avec une conviction inébranlable. En tant que ministre délégué aux Affaires francophones, il a été l’artisan de la Loi sur les services en français, adoptée le 19 novembre 1986. Ce n’était pas qu’une victoire politique : c’était une avancée majeure pour des milliers de familles, d’enfants, de travailleuses et de travailleurs qui, grâce à lui, ont pu enfin être servis dans leur langue.

En Ontario, avant cette loi, communiquer avec le gouvernement provincial en français, c’était presque impensable. Un rêve fou, une utopie. Mais pour Bernard Grandmaître, c’était autre chose — un but à atteindre absolument. Un droit à conquérir. Et il a réussi.

Cette loi historique a transformé l’Ontario français. Rien n’est parfait, on le comprend et l’AEFO continue à veiller, à revendiquer; et à défendre chaque avancée. Mais un droit est un droit. Et celui qui garantit l’accès aux services gouvernementaux en français dans 25 régions désignées de la province demeure. C’est un acquis que l’AEFO protège farouchement. Et qui n’est plus à négocier. »

 

Une mission de vie

« Pour Bernard Grandmaître, la francophonie n’était pas une cause parmi tant d’autres. C’était une passion, un combat quotidien, chaque pas en avant se gagnait par le travail et la persévérance. Il a tracé la voie à celles et ceux qui continuent à se battre pour notre langue française.

Il a reçu l’Ordre du Canada en 2013. Une école et un aréna portent son nom à Ottawa; et le Prix Bernard-Grandmaître célèbre chaque année des gens qui s’engagent pour la francophonie. Mais son vrai legs, c’est un Ontario où les francophones ont le droit de vivre, pleinement et fièrement, dans leur langue.

Au nom de l’AEFO et de tous ses membres, j’offre nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Bernard Grandmaître. Nous lui devons une reconnaissance éternelle. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Déclaration conjointe en solidarité avec le personnel enseignant de l’Alberta

 

OTTAWA, le 28 octobre 2025 — L‘Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (ETFO/FEEO), la Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO), et la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) ont émis une déclaration conjointe :  

« Nous nous dressons en toute solidarité aux côtés de nos collègues, le personnel enseignant de l’Alberta, qui luttent pour obtenir une entente juste afin d’assurer de meilleures conditions d’apprentissage et de travail pour le personnel enseignant, les travailleuses et travailleurs en éducation et les élèves.  

Nous sommes profondément alarmées et alarmés et indignées et indignés par la décision du gouvernement de l’Alberta de légiférer pour forcer le personnel enseignant à retourner au travail et par son recours à la clause dérogatoire pour imposer une convention collective. Il s’agit d’un abus de pouvoir dangereux et antidémocratique. En invoquant la clause dérogatoire, le gouvernement a délibérément bafoué les droits constitutionnels du personnel enseignant de l’Alberta à une négociation collective libre, équitable et pertinente, réduisant ainsi au silence leur capacité à se défendre elles-mêmes et eux-mêmes, à défendre leurs élèves et à défendre leur profession.  

La clause dérogatoire n’est pas censée être un outil de convenance politique ou une arme visant à priver les travailleuses et les travailleurs de leurs droits fondamentaux. Son utilisation par le gouvernement de l’Alberta porte atteinte à la démocratie et crée un précédent profondément troublant qui menace les droits de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens.  

Le mouvement syndical de l’Ontario a déjà connu cela par le passé. Quand le gouvernement Ford a utilisé la clause dérogatoire contre les travailleuses et les travailleurs en éducation du SCFP-CSCSO en 2022, nous nous sommes unies et unis à nos alliées et alliés de partout au Canada et avons forcé le gouvernement à revenir sur sa décision et à abroger le projet de loi. Le gouvernement de l’Alberta doit maintenant faire la même chose et abroger cette loi honteuse de retour au travail.  

Partout au pays, le personnel enseignant et les travailleuses et travailleurs en éducation sont unies et unis par un engagement commun à soutenir chaque élève, à renforcer l’éducation financée à même les fonds publics et à bâtir une société juste et équitable. Le personnel enseignant de l’Alberta a fait preuve d’un courage et d’une unité extraordinaires face à l’inaction et au manque de respect du gouvernement. Leur combat en est un que nous comprenons et défendons tous — la lutte pour des écoles financées adéquatement, des classes dotées d’effectifs qui garantissent la réussite et le respect essentiel pour soutenir au mieux les élèves dans leur apprentissage, leur croissance et leur épanouissement.  

À tous les membres du personnel enseignant de l’Alberta, vous n’êtes pas seuls. Les syndicats et le personnel en éducation de l’Ontario se dressent à vos côtés. Votre force, votre détermination et votre solidarité nous inspirent tous. »  

 

Martha Hradowy, présidente de l’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de l’ETFO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

Pour plus d’information, veuillez contacter :

AEFO—Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
CUPE—Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
ETFO—Carla Pereira au 416-962-3836 ext. 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA—Michelle Despault au 416-925-2493 ext. 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO—Caitlin Reid au 416-576-8346 ou caitlin.reid@osstf.ca

 

 

 

 

Les syndicats de l’éducation de l’Ontario unis contre le projet de loi 33

OTTAWA, le 21 octobre 2025  — Alors que la législature provinciale reprend ses travaux, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (ETFO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-OSBCU) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) publient la déclaration conjointe suivante :

Plus tôt cette année, le gouvernement Ford a présenté le projet de loi 33, Loi sur le soutien aux enfants, aux élèves et aux étudiants. Il s’agit d’une mesure législative rétrograde qui ne fait rien pour soutenir les élèves, et qui vise uniquement à concentrer davantage de pouvoir entre les mains du ministre de l’Éducation, Paul Calandra.

Nos écoles traversent une crise, mais pas celle que ce gouvernement prétend vouloir résoudre. Le système d’éducation publique de l’Ontario s’effondre sous le poids du sous-financement. Certaines classes sont pleines à craquer. Des programmes essentiels sont supprimés. Le personnel enseignant et les travailleuses et travailleurs en éducation sont poussés à bout. Les besoins des élèves peuvent être négligés, ce qui entraîne des retards d’apprentissage et une hausse de la violence en milieu scolaire. En clair, il manque cruellement de personnel qualifié et de services pour soutenir adéquatement nos élèves.

Nous avons déjà vu ce scénario. La centralisation du pouvoir, l’érosion de la démocratie locale et l’imposition de systèmes punitifs sont les marques de fabrique des politiques à l’américaine. Malheureusement, le premier ministre Ford semble déterminé à toutes les reproduire. Ce n’est pas l’Ontario auquel croit la majorité d’entre nous.

Le premier acte législatif du ministre Paul Calandra dans ses nouvelles fonctions n’a rien à voir avec la sécurité ou la réussite des élèves : il s’agit d’une manœuvre politique calculée, conçue pour détourner l’attention de la véritable crise qui frappe l’éducation en Ontario : le sous-financement chronique et la réduction drastique du personnel. Au lieu d’investir dans des classes plus petites et dans le soutien aux élèves, le gouvernement préfère faire des conseillères et conseillers scolaires des boucs émissaires, tout en dissimulant le fait que, depuis 2018, il a retranché 6,3 milliards de dollars de notre système d’éducation publique.

Au début de septembre, le ministre Calandra a déclaré qu’il envisageait « à cent pour cent » d’éliminer le rôle des conseillères et conseillers scolaires. Ces derniers, élus par leurs communautés, pourraient être remplacés par des personnes nommées par le gouvernement ou par des superviseures et superviseurs pour la plupart des conseils scolaires, comme c’est déjà le cas pour cinq conseils scolaires de l’Ontario. Depuis plus de 175 ans, les conseillères et conseillers scolaires élus localement représentent fidèlement les voix des parents, des élèves, des proches aidantes et aidants et des communautés.

Nous savons que les conseillères et conseillers scolaires ne sont pas parfaits, mais ce rôle demeure essentiel au bon fonctionnement de notre système d’éducation. Elles et ils sont accessibles et redevables aux Ontariennes et Ontariens qui les élisent. Et s’ils ne remplissent pas leurs responsabilités envers leurs communautés, ils peuvent être remplacés par un vote. Quant aux superviseures et superviseurs nommés, ces derniers ne rendent de comptes qu’au gouvernement Ford et à personne d’autre — pas aux parents, pas aux élèves, ni aux résidentes et résidents locaux. C’est ainsi que meurt la démocratie.

Les élèves de l’Ontario ont besoin de milliers d’enseignantes, d’enseignants et de travailleuses et travailleurs qualifiés supplémentaires dans leurs écoles. Ils ont besoin de classes moins nombreuses, d’un meilleur soutien en éducation spécialisée et en santé mentale, et de programmes entièrement financés qui répondent à leurs besoins. Ce dont ils n’ont pas besoin, c’est d’un contrôle accru de la part d’un gouvernement qui refuse d’investir dans leur réussite.

Nous devons faire front commun — personnel enseignant, parents, élèves et Ontariennes et Ontariens préoccupés — pour défendre nos écoles contre cette ingérence politique flagrante. Des écoles fortes reposent sur des voix locales fortes. Le gouvernement Ford doit renoncer à cette mesure législative rétrograde et investir de manière significative dans ce que méritent nos élèves et notre personnel éducatif. Il est temps de tourner la page sur les compressions et les projets de centralisation — les élèves de l’Ontario méritent un avenir à la hauteur de leur potentiel.

 

Martha Hradowy, présidente de l’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de l’ETFO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

Pour plus d’information, veuillez contacter :

AEFO—Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
CUPE—Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
ETFO—Carla Pereira au 416-962-3836 ext. 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA—Michelle Despault au 416-925-2493 ext. 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO—Caitlin Reid au 416-576-8346 ou caitlin.reid@osstf.ca

 

 

 

 

Réaction au retrait des programmes-cadres PANA et ALF du curriculum

OTTAWA, le 8 octobre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en lien avec le retrait des programmes-cadres Programme d’appui aux nouveaux arrivants (PANA) et Actualisation linguistique en français (ALF) du curriculum :

« En août dernier, à peine quelques jours avant le retour en classe, le ministère de l’Éducation a publié la Directive en matière de politiques et de programmes (NPP) 172, qui officialisait le retrait des programmes-cadres PANA et ALF du curriculum et leur intégration au programme régulier, laissant les conseils scolaires et le personnel éducatif en panique pour s’organiser pour la rentrée. Selon le ministère, cette décision découle non seulement de démarches soutenues de groupes communautaires représentant des personnes en quête d’équité qui y voient une victoire importante dans la lutte contre la discrimination et le racisme systémique, mais également de changements démographiques de la clientèle scolaire, de résultats issus de la recherche en éducation inclusive ainsi que de rétroactions provenant du système éducatif.

Nous avons respecté cette perspective et suivi attentivement l’évolution depuis la rentrée pour voir si cette mesure améliorerait réellement la situation. Nous reconnaissons l’importance de ces objectifs et le fait que l’implémentation passée de ces programmes n’était pas parfaite. Toutefois, les solutions imposées par le ministère, sans consultation avec les communautés et le personnel éducatif, risquent d’aggraver la situation et de retirer un soutien essentiel aux élèves qui en ont le plus besoin.

De mon côté, j’entends beaucoup de frustrations en lien avec cette modification et je comprends que cette mesure soulève plusieurs préoccupations. Cette décision a été annoncée à la dernière minute, sans réelle consultation sur le terrain, sans temps de transition et sans mesures pour atténuer l’impact du retrait de ces programmes-cadres.

De toute évidence, le contexte actuel est loin d’être optimal.

Nous évaluons actuellement l’impact de cette mesure sur nos membres et leurs élèves. Ce que nous observons sur le terrain est préoccupant et inquiétant, et cette question reste définitivement sur notre radar. Soyez assurés que l’AEFO suivra de très près l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines en recueillant et analysant attentivement les données provenant de nos membres.

L’AEFO est d’avis que lorsqu’un ministère impose des NPP ou d’autres mesures, il est essentiel d’évaluer au préalable l’impact sur le terrain, tant pour les élèves que pour le personnel éducatif. La consultation avec les enseignantes, enseignants et le personnel sur le terrain demeure le meilleur moyen de comprendre l’ampleur réelle de ces décisions sur le service aux élèves. L’inclusion sans le soutien nécessaire c’est l’abandon et nous le répétons : nous implorons le gouvernement de consulter et nous restons ouverts et prêts à engager ce dialogue. Surtout, nous exigeons que les moyens mis en place soient à la hauteur de nos ambitions collectives — accueillir, accompagner et faire cheminer chaque élève. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Le temps de préparation : un outil essentiel pour le personnel enseignant

Par Véronique-Marie Kaye, adjointe aux communications

Cette rubrique fait le point sur des sujets relatifs aux conditions de travail et aux droits des membres de l’AEFO.

Dans le quotidien des enseignantes et enseignants des écoles franco-ontariennes, ce qu’on appelle « le temps de préparation » est bien plus qu’un simple moment hors classe. C’est un espace professionnel vital qui permet au personnel enseignant de réfléchir, de créer, de collaborer et de s’épanouir dans sa mission éducative.

Ce temps, prévu dans l’horaire de travail, est consacré à des tâches pédagogiques fondamentales : planification de cours, correction, échanges avec les collègues, communication avec les familles… Autant d’activités qui nourrissent la qualité de l’enseignement et soutiennent la réussite des élèves.

Une autonomie précieuse

Le temps de préparation est aussi un espace d’autonomie. C’est aux enseignantes et enseignants de décider comment l’utiliser, selon leurs besoins professionnels, leur rythme et leur réalité.

Cette autonomie professionnelle leur permet de mieux gérer la charge de travail. Elle pourrait même soutenir la rétention du personnel enseignant.

Un droit à respecter

Malgré son importance reconnue, le temps de préparation est souvent précaire. À tous les paliers – élémentaire, intermédiaire, secondaire –, le personnel enseignant rapporte un manque de temps pour répondre aux exigences du travail (préparation des cours et des évaluations, correction des travaux, etc.).

Une étude pancanadienne récente de la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants (FCE) confirme cette réalité :

  • 65% du personnel de l’éducation considère l’augmentation du temps de préparation comme une priorité;
  • 73% travaillent plus de 45 heures par semaine actuellement, et 35 % dépassent les 48 heures.

À cela s’ajoutent une surcharge chronique de travail, notamment en raison de tâches administratives ayant peu ou pas de lien avec l’enseignement, ainsi que le manque de ressources en période de pénurie de personnel. On comprend mieux pourquoi il arrive que le personnel enseignant soit à bout de souffle!

Dans un milieu professionnel où il existe de plus en plus de contraintes, il n’est donc pas étonnant que le temps de préparation soit considéré comme un appui indispensable… à prolonger.

Des revendications légitimes

Le temps de préparation n’est pas un privilège, car il est inscrit clairement et sans équivoque dans les conventions collectives. C’est un droit, négocié et reconnu, qui vise à soutenir la pratique professionnelle des enseignantes et enseignants.

Bien qu’il soit protégé, ce droit mériterait d’être adapté aux réalités actuelles de l’enseignement. Comme le rappelle souvent l’AEFO, augmenter le temps de préparation serait une façon directe de valoriser la profession enseignante Promouvoir une culture de respect de ce temps auprès des employeurs en serait une autre. Et reconnaître que les leçons bien construites, les échanges constructifs avec les élèves et la qualité de l’enseignement dépendent, en grande partie, du temps consacré par les enseignantes et enseignants à répondre aux exigences de la profession… tout en exerçant leur autonomie professionnelle, bien évidemment!

Un droit négocié, pas un privilège

Le temps de préparation est un droit clairement établi dans votre convention collective. Ce droit n’est nullement une faveur accordée par la direction : c’est une garantie négociée, destinée à soutenir votre pratique professionnelle et à protéger l’équilibre entre votre vie personnelle et professionnelle.

Selon toutes les conventions collectives du personnel enseignant régulier et suppléant, vos heures de préparation doivent être intégrées dans votre horaire et réservées exclusivement à vos tâches pédagogiques, telles que planifier vos leçons, corriger et évaluer des travaux, créer du matériel pédagogique, collaborer avec vos collègues, etc.

Les directions des écoles élémentaires n’ont aucun pouvoir décisionnel sur l’utilisation de ce temps par le personnel enseignant, tandis que les directions du secondaire disposent d’un pouvoir très limité.

Palier élémentaire et intermédiaire

  • 240 minutes par cycle de 5 jours.
  • Tâches pédagogiques choisies entièrement par le personnel enseignant.
  • Bon à savoir : le conseil scolaire doit s’efforcer d’intégrer le temps de préparation dans l’horaire par blocs d’au moins 40 minutes. Des périodes de moins de 20 minutes sont interdites par la convention.

À moins d’une situation exceptionnelle, votre temps de préparation ne peut pas être utilisé pour surveiller la cour, la cafétéria ou les autobus, couvrir des absences, assister à des réunions administratives, effectuer des tâches de gestion non pédagogiques.

Palier secondaire 

  • Une période de 75 minutes de temps non assigné.
  • Tâches pédagogiques choisies par le personnel enseignant.
  • La direction a le droit de vous assigner deux types de tâches : la suppléance interne et la surveillance.

Toute demande d’utilisation de votre temps de préparation à d’autres fins doit être exceptionnelle, justifiée et compensée.

ATTENTION : toutes les conventions collectives du personnel enseignant régulier et suppléant ne sont pas identiques. Il est donc important de consulter votre convention collective pour connaître les dispositions précises qui s’appliquent à vous.

 

Comment protéger votre temps de préparation

  • Connaissez les clauses de votre convention collective concernant le temps de préparation.
  • Documentez les manquements de la direction en notant les dates, les raisons données et les durées.
  • Assurez-vous de suivre les procédures de votre conseil scolaire en cas de report du temps de préparation.
  • Proposez des solutions pour récupérer le temps perdu.
  • En cas de mésentente avec votre employeur, communiquez avec votre agente ou agent d’unité.

 

Questions fréquentes

Que faire si ma direction veut réduire mon temps de préparation?
Sachez tout d’abord qu’une direction n’a pas le droit de réduire votre temps de préparation.

Si cela se produit, discutez avec elle d’un moment pour le rattraper. La récupérer du temps perdu ne doit pas se faire en dehors de vos heures de travail ou durant vos pauses.

En cas de problèmes récurrents, l’AEFO vous conseille de documenter la situation (dates, heures, raisons, durées du temps perdu), et de communiquer dès que possible avec votre agente ou agent d’unité.

 

Puis-je refuser de faire une tâche administrative pendant mon temps de préparation?
En principe, un remplacement ponctuel peut être demandé en situation d’urgence, mais il ne doit pas devenir une pratique courante.

À l’élémentaire, votre convention collective prévoit que le temps de préparation est réservé à vos tâches pédagogiques uniquement.

Au secondaire, ce temps est alloué à vos tâches pédagogiques, mais la direction a le droit de vous demander de faire de la surveillance ou de la suppléance pour un maximum de 12 périodes par année scolaire. Si la direction veut dépasser ce nombre de périodes, n’hésitez pas à en informer votre agente ou agent d’unité.

Le drapeau franco-ontarien célèbre ses 50 ans!

Par Amélie Cournoyer, rédactrice agréée

Le 25 septembre 2025 marquera le 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien. Plus qu’un simple emblème, ce drapeau vert et blanc est devenu un puissant symbole d’identité, de solidarité et de résistance pour la communauté francophone de l’Ontario.

L’idée de concevoir un drapeau distinctif pour la communauté franco-ontarienne a germé dans les esprits au cours des années 1960. La Fédération des sociétés Saint-Jean-Baptiste de l’Ontario (FSSJBO) est le premier groupe à proposer un drapeau. Elle souhaite créer un symbole purement franco-ontarien afin de se distinguer de son homologue québécoise, sans toutefois renier son héritage canadien-français. Le drapeau conçu est donc semblable à un des ancêtres du drapeau québécois, le Carillon Sacré-Cœur, mais avec un trille (le symbole floral de l’Ontario) au centre de la croix blanche plutôt que le Sacré-Cœur.

Drapeau franco-ontarien - Articles | Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française – histoire, culture, religion, héritage

Dès 1964, la FSSJBO profite des discussions à la Chambre des communes entourant l’adoption de l’unifolié (le drapeau du Canada) ainsi que des célébrations du centenaire de la Confédération canadienne pour tenter de convaincre les écoles, les conseils municipaux, les paroisses et l’ensemble de la population d’adopter son drapeau. Mais ses efforts resteront vains et ce dernier tombera rapidement dans l’oubli.

 

La création d’un symbole rassembleur 

Le début des années 1970, en Ontario, est marqué par un mouvement d’affirmation culturelle et identitaire chez les francophones. C’est dans ce contexte que Gaétan Gervais, un professeur d’histoire à l’Université Laurentienne, ainsi que Michel Dupuis, un étudiant en science politique à la même université, ont conçu, dans le plus grand des secrets, un drapeau distinctif pour leur communauté. « Dès le début de l’histoire du drapeau, on voit l’importance, pour l’Ontario francophone, de la synergie entre les élèves et le personnel enseignant », fait remarquer Jacynthe Dupont, directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO).

« Le fait que ce duo ait conçu un symbole qui nous parle encore aujourd’hui est un bel exemple de l’importance pour le personnel enseignant de travailler ensemble avec nos élèves. Les résultats sont encore meilleurs! », ajoute Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO).

 

La signification du drapeau

Le drapeau de Gaétan Gervais et de Michel Dupuis diffère de celui proposé 10 ans plus tôt. Simple, il se compose de deux carrés : celui de gauche comprend la fleur de lys blanche sur un fond vert et celui de droite, un trille vert sur un fond blanc. « Sa fleur de lys, symbole de la francophonie, rappelle clairement les 400 ans de présence française en Ontario et traduit le profond enracinement de la communauté franco-ontarienne, tandis que le trille affirme l’attachement de la communauté à la province », peut-on lire sur le site Web de la Fiducie du patrimoine ontarien.

Quant aux couleurs du drapeau, il semble que le rouge et le bleu – qui sont rattachés aux drapeaux canadien et québécois – ont été sciemment écartés afin de créer un étendard distinct pour la population franco-ontarienne. Les créateurs ont plutôt opté pour le vert, qui symbolise les mois d’été, et le blanc, qui évoque les mois d’hiver en Ontario. Pour Jacynthe Dupont, ce choix de couleurs fait ressortir la dualité saisonnière présente dans la province, une dualité qui se retrouve aussi dans les combats menés par nos communautés.

Gabrielle Lemieux y voit pour sa part une évocation de nos racines et de notre histoire. « Le blanc de nos hivers est un rappel qu’en Ontario, malgré les difficultés d’être en milieu minoritaire, on peut contrer cet isolement parce qu’on est plusieurs d’un bout à l’autre de cette grande province. Et le vert représente tout le dynamisme et la vitalité de nos étés, de nos communautés, qui, année après année se relève les manches, se rassemblent et font vibrer cette francophonie », dit-elle.

 

L’acceptation du drapeau : une histoire de temps

Le premier lever du drapeau franco-ontarien a lieu à l’Université de Sudbury le 25 septembre 1975. Dans le but que la population s’approprie plus aisément ce symbole, les créateurs refusent d’en revendiquer la paternité. « Il y a tout un groupe d’élèves ainsi que de professeures et de professeurs qui se sont rassemblés pour le hisser et en faire la promotion. Les créateurs voulaient éviter que le drapeau soit associé à eux, à leur université ou à la ville de Sudbury afin que les gens s’y identifient plus facilement », raconte Joanne Gervais, directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du grand Sudbury. Joanne Gervais, qui est également la sœur de Gaétan Gervais, ajoute : « Ils ont gardé le secret pendant 20 ans! » 

Le drapeau ne s’impose pas instantanément, mais son adoption officielle par l’ACFO en 1977 marque un grand pas dans sa reconnaissance publique. Les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens deviennent ainsi la troisième communauté francophone au Canada à se doter d’un drapeau après le Québec et l’Acadie.

La population se l’approprie de façon graduelle par la suite, principalement grâce aux écoles élémentaires et secondaires qui le hissent devant leur établissement. « Il ne faut pas oublier que les premières institutions à faire flotter fièrement le drapeau, c’étaient les écoles », rappelle Joanne Gervais.

En parallèle, le drapeau vert et blanc devient un symbole rassembleur pour la population franco-ontarienne dans les moments de lutte et de résistance, par exemple pendant la crise scolaire de Penetanguishene en 1979 ou durant la crise SOS Montfort en 1997.

 

Un emblème officiel

En 2000, des célébrations sont organisées afin de souligner le 25e anniversaire du drapeau franco-ontarien. Puis, l’année suivante, ce dernier est officiellement reconnu comme emblème officiel des communautés franco-ontariennes à la suite de l’adoption, par l’Assemblée législative de l’Ontario, de la Loi de 2001 sur l’emblème franco-ontarien. Cependant, les municipalités de la province ne sont pas toutes enthousiastes à l’idée de faire flotter ce drapeau devant leur mairie. Le conseil municipal de Sudbury, par exemple, refuse de donner suite à une pétition de 15 000 signatures demandant d’ériger en permanence le drapeau en face de l’hôtel de ville.

Malgré une certaine opposition, le drapeau vert et blanc continue de prendre une place de plus en plus importante dans l’espace public. Des exemplaires de très grands formats sont notamment installés devant les 18 Monuments de la francophonie qui sont érigés aux quatre coins de l’Ontario dès 2006.

La preuve que le drapeau fait désormais partie intégrante de l’identité franco-ontarienne : la journée de son premier déploiement est proclamée le Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes, en 2010. Depuis, diverses activités, dont plusieurs levers de drapeau, sont organisées à travers la province le 25 septembre de chaque année.

Il faut toutefois attendre en 2020 pour que l’Assemblée législative de l’Ontario adopte le projet de loi 182, faisant du drapeau franco-ontarien un emblème officiel de la province. L’année suivante, il est installé en permanence dans la Chambre législative et sur les terrains de l’Assemblée législative. « En 1975, les créateurs du drapeau n’auraient jamais pu espérer une telle reconnaissance », commente Joanne Gervais.

 

Un signe de résistance

Aujourd’hui, le drapeau trône devant les écoles, les centres culturels et les autres institutions francophones. On le voit également flotter lors des événements militants ainsi que des activités culturelles et sportives. Il représente plus de 400 ans de présence francophone en Ontario. « C’est un symbole qui continue d’être porteur de fierté et de visibilité. Il est très rassembleur pour les communautés franco-ontariennes », note Jacynthe Dupont.

Bien qu’elle soit jalonnée de petites et de grandes victoires, l’histoire du drapeau est tout de même ponctuée de quelques défaites. Récemment, en 2024, la municipalité de Greenstone, dans le nord de la province, a décidé de ne plus déployer le drapeau en permanence devant l’hôtel de ville, comme c’était le cas depuis 10 ans.

En guise de protestation et dans le but que le symbole soit encore plus visible et présent, des gens de partout en Ontario ont envoyé des drapeaux à Greenstone. « Cet événement nous rappelle que la présence du français dans nos institutions n’est pas un acquis. C’est une lutte qui est toujours à recommencer afin que les communautés francophones en Ontario restent visibles et qu’elles soient entendues », affirme la présidente de l’AEFO.

Jacynthe Dupont abonde dans le même sens : « Le drapeau est un symbole de résistance. Il ne représente pas seulement une culture, mais aussi une lutte constante pour la reconnaissance et la survie du français en Ontario, même encore aujourd’hui. »

 

Le drapeau dans nos écoles et nos communautés

Pour les communautés franco-ontariennes, le drapeau vert et blanc représente un véritable symbole de l’identité franco-ontarienne. « C’est notre point de ralliement et notre badge de fierté lorsque nous sommes en public. Nous l’utilisons pour montrer notre attachement à cette belle communauté linguistique », résume Peter Hominuk, directeur général de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Hissé devant les écoles, il est un signe d’appartenance visible et rassembleur. « Il ne faut pas oublier que l’école est le pilier des communautés francophones dans plusieurs villes et villages », indique Gabrielle Lemieux. Peter Hominuk renchérit : « Voir le drapeau flotter devant l’école permet aux jeunes de sentir qu’elles et ils font partie intégrante de leur communauté. »

Par ailleurs, l’étendard rappelle au personnel scolaire son rôle primordial dans la mise en valeur de l’histoire franco-ontarienne auprès des élèves. « Le personnel scolaire a toujours eu un rôle clé dans le développement et le façonnement de nos communautés francophones partout en Ontario », poursuit la présidente de l’AEFO.

Bref, le drapeau franco-ontarien évoque l’importance de l’éducation en français pour la survie et la vitalité des communautés. « Ce n’est pas pour rien que le drapeau est encore de mise devant nos écoles. Il nous rappelle que, si les communautés franco-ontariennes sont encore présentes et visibles, c’est parce qu’elles se font éduquer dans leur langue », dit Jacynthe Dupont.

 

Les célébrations du 50e anniversaire

Cette année, l’Ontario célèbre le 50e anniversaire du tout premier lever de drapeau franco-ontarien. Une célébration officielle se déroulera le 25 septembre à l’Université de Sudbury. L’honorable Edith Dumont, la première francophone à occuper la fonction de lieutenante-gouverneure de l’Ontario, a accepté le haut patronage des activités.

« Le 50ᵉ anniversaire du drapeau franco-ontarien est une occasion de célébrer une francophonie vivante et plurielle, ancrée dans tous les aspects de notre société, de l’éducation à la culture, des affaires aux services publics. Ce symbole reflète la force de notre langue et de nos communautés, unies par l’histoire et tournées vers l’avenir. C’est un moment de fierté où francophones et francophiles se reconnaissent dans une identité partagée », a déclaré l’honorable Edith Dumont, qui a mené une longue et brillante carrière dans le domaine de l’éducation avant de représenter le roi du Canada.

« L’AFO, l’Université de Sudbury et du grand Sudbury ont décidé de travailler ensemble afin d’organiser des activités grandioses pour le 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien. L’idée est de coordonner un événement marquant à Sudbury tout en s’assurant qu’il y a un maximum de levers de drapeau à travers la province », rapporte Peter Hominuk.

Ces activités se veulent plus que de simples commémorations : elles rendront hommage aux créateurs du drapeau, tout en fêtant le dynamisme des communautés franco-ontariennes. « Puisque nous sommes minoritaires, nous travaillons d’arrache-pied pour chacune de nos avancées et nous nous donnons rarement l’occasion de célébrer. Le 50e anniversaire du drapeau est donc une formidable occasion de parler de nos réussites, de nos succès ainsi que de célébrer publiquement haut et fort », clame Joanne Gervais.

 

 

Le logo  officiel des célébrations – symbole de la fierté, de la résilience et de l’évolution de la francophonie ontarienne – a été dévoilé au printemps dernier. « Fêter 50 ans d’un symbole est l’occasion pour les communautés franco-ontariennes de se réapproprier leur histoire et de souligner le chemin qu’elles ont parcouru », pense Jacynthe Dupont. Elle ajoute : « Dans nos écoles, c’est un bon moment pour reparler de l’histoire franco-ontarienne, parce qu’il faut savoir d’où on vient pour savoir où on va. »

Pour découvrir toutes les activités du 50e anniversaire dans votre région, consultez la carte interactive de l’AFO. Sachez d’ailleurs que les festivités ne s’arrêteront pas au 25 septembre. « Nous voyons cela comme une année de festivités. Il y aura des levers de drapeau le 25, mais les gens pourront continuer de célébrer toute l’année », assure Peter Hominuk. Il conclut : « Comme il a su nous unir, notre drapeau mérite que nous nous rassemblions pour lui rendre hommage. Profitons-en pour montrer que nos communautés sont toujours aussi fières, résilientes et présentes qu’il y a 50 ans! »

 

Sources : heritagetrust.on.ca, monassemblée.ca, l-express.ca, journallereflet.com, ola.org, thecanadianencyclopedie.ca, ici.radio-canada.ca

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