Réaction à la visite du ministre Calandra en Angleterre

OTTAWA, le 27 janvier 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à la visite du ministre de l’Éducation, Paul Calandra, en Angleterre, dans le cadre de ses démarches visant à s’inspirer de modèles étrangers en matière d’éducation :

« Bien que nous reconnaissions l’importance de s’informer des meilleures pratiques à l’international, nous estimons essentiel que toute réflexion sur l’avenir du système d’éducation ontarien soit d’abord ancrée dans la réalité des élèves, du personnel scolaire et des communautés de la province.

Nous sommes également préoccupés par les coûts associés à ce déplacement en Angleterre, dans un contexte où chaque dollar public investi devrait prioritairement servir à soutenir directement les élèves et le personnel.

L’AEFO demeure préoccupée par le sous-financement du système d’éducation financé par les fonds publics, et particulièrement en langue française, qui limite la capacité à répondre adéquatement aux besoins croissants des élèves. Nous sommes également inquiets des risques de privatisation de l’éducation, qui pourraient découler de certaines orientations inspirées de modèles internationaux qui privilégient les entreprises et les mieux nantis, notamment à la suite de la visite du ministre d’une école à charte.

Avant d’importer des approches d’ailleurs, il est impératif d’investir pleinement dans notre système d’éducation et de consulter de façon significative les actrices et acteurs du milieu. L’éducation doit demeurer un bien collectif, accessible, équitable et géré dans l’intérêt des communautés.

D’ailleurs, nous avons hâte de rencontrer le ministre afin de lui faire part de nos réflexions, de nos préoccupations et de nos recommandations, tant sur ces enjeux que sur d’autres dossiers prioritaires touchant l’éducation en langue française en Ontario. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Le droit de refuser de travailler s’il y a risque de violence

Par l’équipe de l’AEFO

Pour beaucoup trop de membres du personnel en éducation, la violence dans les lieux de travail est devenue une réalité quotidienne. Coups, menaces, agressions physiques ou verbales… Ce qui choquait autrefois est maintenant courant et même banalisé dans plusieurs établissements du pays, y compris dans les milieux scolaires franco-ontariens.

Ces actes ne sont ni rares ni sans répercussions. Ils menacent la sécurité de toutes et de tous et ont un véritable coût humain. Stress, épuisement, absences répétées… À ces conséquences déjà très graves, il faut ajouter les départs prématurés. Des membres du personnel en éducation, autrefois des personnes passionnées qui aimaient profondément leur profession, finissent par la quitter, ne pouvant plus tolérer un environnement devenu hostile.

Dans de telles conditions, comment se concentrer pleinement sur son travail? Et comment créer un environnement propice à l’apprentissage et à l’épanouissement dans un climat d’insécurité?

 

Toujours le même constat

De nombreuses alertes ont été lancées depuis des années, notamment par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO). Pourtant, les incidents ne cessent d’augmenter.

En 2024, l’AEFO publiait l’article « Violence dans les écoles : une hausse alarmante », qui révélait déjà que le problème s’aggravait. En 2025, les témoignages des membres confirment une réalité similaire. On ne peut cependant pas connaître toute l’ampleur du problème, puisqu’un grand nombre d’incidents ne sont pas toujours déclarés.

« Depuis le temps que l’AEFO et d’autres syndicats sonnent l’alarme, il serait temps de cesser de faire l’autruche », rappelle Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO. « La violence au travail, personne ne peut plus se permettre de l’ignorer. »

 

Oser dire non face à la violence

La sécurité au travail n’est pas un privilège : c’est un droit fondamental. La Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) vous garantit un milieu sans violence, la possibilité de signaler tout incident sans crainte de représailles ainsi que le droit d’obtenir l’appui de votre employeur lorsqu’une situation devient dangereuse.

Qu’est-ce qu’un refus de travail?

C’est le droit de dire non à une tâche, à une situation ou à un environnement qui présente un danger sérieux et réel, qu’il soit immédiat, potentiel ou perçu.

Quand peut-on refuser de travailler?

Le refus de travailler est une démarche sérieuse : ce droit doit être exercé uniquement lorsqu’il y a une menace réelle.

Cela dit, vous pouvez exercer votre droit de refus lorsqu’une situation dangereuse se présente ou lorsqu’il existe une menace de violence, par exemple si une ou un élève ou une autre personne tient des propos menaçants, si un comportement violent se répète ou devient plus intense, ou si les mesures de sécurité en place ne suffisent pas à assurer votre protection.

Cependant, si la vie, la santé ou la sécurité d’une personne dont vous êtes responsable est en danger immédiat, la protection des personnes vulnérables reste votre priorité absolue dans votre rôle professionnel.

Signalement aux autorités policières
En tout temps, vous avez le droit de communiquer directement avec les services policiers, selon la gravité de l’incident qui vous concerne.

Comment exercer votre droit de refus
  1. Informez votre superviseure ou superviseur de votre refus de travail. Expliquez clairement le danger et les raisons de votre refus, en décrivant simplement les faits. Il est préférable de contacter votre superviseure ou superviseur uniquement avant ou après les heures de travail, ou pendant une pause.
    Important : Vous ne devez pas quitter votre poste de manière soudaine ou impulsive, surtout si vous êtes responsable de personnes vulnérables.
  2. Votre superviseure ou superviseur doit procéder immédiatement à une enquête, et ce, en votre présence.
  3. Si le problème n’est pas résolu et que votre sécurité demeure à risque, le ministère du Travail peut intervenir. Une inspectrice ou un inspecteur se rend alors sur les lieux de travail pour enquêter, en consultation avec vous, l’employeur, le syndicat ou une représentante ou un représentant du comité mixte sur la santé et la sécurité au travail (CMSST). Même si le refus n’est pas jugé fondé, l’inspectrice ou l’inspecteur peut recommander des mesures pour réduire les risques liés à votre poste.

La présidence de votre unité de l’AEFO est votre premier point de contact en cas de refus de travail. Elle peut vous accompagner, vous conseiller et vous informer sur vos droits.

N’hésitez pas à communiquer avec elle. Son rôle est de vous soutenir, que ce soit pour un refus de travail ou pour toute autre question sur la sécurité.

Pourquoi ce droit est-il si important?

En refusant de travailler dans un contexte à risque, vous protégez votre propre sécurité et obligez le système à réagir. Vous affirmez clairement que la sécurité n’est pas négociable et poussez votre employeur à prendre des mesures concrètes.

Vous évitez ainsi que des situations dangereuses se répètent tout en contribuant à rendre le milieu plus sécuritaire pour vous, vos collègues et les personnes dont vous avez la charge.

 

Un nouveau site pour vous soutenir : DireNonALaViolence.ca

Pour mieux accompagner ses membres, l’AEFO vient de lancer DireNonALaViolence.ca , une plateforme qui rassemble toute l’information sur la violence en milieu scolaire. Elle offre des ressources pratiques pour comprendre vos droits et préparer vos démarches.

Vous y trouverez :

  • des guides simples pour reconnaître les différents types de violence;
  • des modèles de rapports et des formulaires pour signaler un incident;
  • des instructions claires pour documenter les faits;
  • des explications accessibles sur vos droits et les responsabilités de l’employeur;
  • des contacts utiles : unités locales de l’AEFO, comités mixtes sur la santé et la sécurité, psychologues, travailleuses et travailleurs sociaux.

 

Vers des écoles plus sûres

La violence en milieu scolaire n’est pas une part « normale » du métier. La refuser, c’est protéger sa propre intégrité, soutenir ses collègues et offrir à toutes et à tous un environnement sain et sécuritaire.

Le droit existe. Les outils sont là. Comme le souligne la présidente de l’AEFO : « Trop longtemps, on a demandé aux membres de l’AEFO d’endurer l’inacceptable. Cette époque doit prendre fin. Signaler la violence, c’est déjà refuser le silence et revendiquer un milieu de travail où on peut accomplir son rôle sans peur. »

Réaction à l’annonce du gouvernement au sujet des résultats provinciaux des tests de l’OQRE

OTTAWA, le 3 décembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement concernant les résultats provinciaux des tests de l’Office de la qualité et de responsabilité en éducation (OQRE) :

« Les résultats publiés aujourd’hui par l’OQRE reflètent une réalité bien connue du personnel scolaire : les élèves ont des besoins grandissants et les écoles manquent cruellement de ressources, de soutien et d’investissements ciblés. La santé mentale des élèves demeure préoccupante, les services spécialisés sont insuffisants, et des mesures comme le décloisonnement sont imposées sans appui additionnel pour les mettre en œuvre.

Plutôt que de reconnaître ces défis réels, le ministre choisit encore une fois de détourner l’attention en blâmant la gouvernance des conseils scolaires. L’annonce du ministre Calandra de ce matin divise et détourne l’attention du réel problème: le système fonctionne depuis trop longtemps en contexte de sous-financement. Ce que les résultats des tests de l’OQRE montrent, ce n’est pas un problème de gouvernance : c’est un manque de ressources sur le terrain. De plus, ces tests standardisés ne constituent pas le meilleur outil pour évaluer la réussite des élèves et ne reflètent pas la totalité des apprentissages ni les progrès authentiques réalisés en classe. Depuis plus de huit ans, les décisions majeures du gouvernement sont prises sans consulter véritablement les partenaires en éducation, alors qu’elles et ils sont les mieux placés pour identifier les solutions.

Si le gouvernement souhaite réellement améliorer la réussite scolaire, il doit investir dans le système d’éducation en langue française, renforcer le soutien au personnel scolaire et écouter enfin les personnes qui sont en première ligne. L’AEFO est prête à collaborer, mais il est temps que les actions du gouvernement reflètent les besoins réels des élèves et du personnel. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

L’AEFO lance son microsite sur la violence en milieux scolaires : un outil centralisé pour agir avec assurance

Des mesures concrètes pour outiller, former, revendiquer et collaborer

TORONTO (Ontario), le 21 novembre 2025 — Dans le cadre de sa conférence des déléguées syndicales et délégués syndicaux, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a lancé aujourd’hui son tout nouveau microsite DireNonÀLaViolence.ca, une plateforme numérique centralisée qui vise à outiller ses membres et à faciliter les démarches dans les situations de violence en milieu de travail.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du Plan d’action provincial pour contrer la violence dans les milieux scolaires de l’AEFO, dévoilé en octobre dernier et constitue une réponse directe à une situation qui s’aggrave, se banalise et met à risque la santé et la sécurité du personnel scolaire.

« La violence dans nos écoles est une réalité de plus en plus présente, et elle ne peut plus être tolérée ni banalisée. C’est inacceptable! L’AEFO prend cette situation très au sérieux : nos membres nous parlent de blessures physiques, de détresse psychologique et d’une surcharge qui s’ajoute à des conditions déjà difficiles. Tous nos membres et les élèves ont droit à des environnements d’apprentissage sains et sécuritaires », déclare Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO.

Le microsite DireNonALaViolence.ca regroupe des ressources fiables, à des outils pratiques et à des informations essentielles concernant leurs droits. Il vise également à remédier à un problème majeur : des mécanismes de signalement souvent ambiguës qui génèrent de la confusion., ce qui contribue au climat de silence et d’insécurité dans les écoles.

 

Un outil concret issu du Plan d’action provincial

Le microsite lancé aujourd’hui découle directement des engagements pris par l’AEFO dans son plan d’action provincial qui s’articule autour de quatre axes : outiller, former, revendiquer et collaborer. Il vise à simplifier, clarifier et renforcer les démarches de signalements d’incidents, un élément crucial alors que la violence est en hausse dans les écoles élémentaires comme secondaires.

Concrètement, le microsite propose :

  • des fiches informatives décrivant les premiers gestes à poser après un incident de violence ;
  • des modèles de formulaires et un guide complet sur les types de signalement conformes aux obligations légales ;
  • des parcours guidés selon les responsabilités de chacun, que vous soyez membre, déléguée ou délégué syndical, présidence d’unité ou membre d’un comité mixte sur la santé et la sécurité au travail ;
  • un répertoire des politiques pertinentes, des références juridiques et des ressources provinciales ; et
  • les coordonnées des personnes-ressources à contacter pour discuter d’une situation de violence ou obtenir un accompagnement personnalisé.

« Ce microsite est un pas important, mais il ne remplace pas les investissements que le gouvernement doit faire en prévention, en formation et en ressources humaines, notamment pour appuyer l’intégration des élèves à besoins particuliers. Sans personnel suffisant, sans formation en résolution de conflits et en désescalade, et sans mécanismes de signalement efficaces, la violence continuera d’augmenter », ajoute madame Lemieux.

L’AEFO demeure pleinement engagée dans la lutte contre la violence en milieu scolaire et participe activement au groupe de travail provincial en santé et sécurité pour améliorer les pratiques, les formations et les outils disponibles dans les écoles de l’Ontario.

 

L’AEFO compte plus de 12 500 membres et représente les enseignantes et les enseignants des écoles élémentaires et secondaires de langue française de l’Ontario, tant catholiques que publiques, en plus du personnel professionnel et de soutien œuvrant dans différents lieux de travail francophones.

 

Pour information et demandes d’entrevues :
Marianne Raina
Cadre, service des communications à l’AEFO
Courriel : mraina@aefo.on.ca
Tél. : 613-218-3702*

(*Compte tenu du volume élevé de demandes, nous recommandons de nous contacter par courriel.)

 

Réaction au fait que l’Alberta invoque la disposition de dérogation pour des lois sur les personnes trans

OTTAWA, le 19 novembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à la décision du gouvernement de l’Alberta de suspendre les droits protégés par la Charte pour les jeunes trans :

« La décision du gouvernement albertain de recourir à la clause dérogatoire pour retirer des protections constitutionnelles aux jeunes trans et 2SLGBTQIA+ constitue une violation grave des droits humains. C’est un recul inquiétant qui met en danger la santé, la sécurité et le bien-être de jeunes déjà vulnérables. Il ne s’agit pas du premier projet de loi déposé en Alberta qui touche aux droits, une multiplication particulièrement alarmante.

L’AEFO condamne fermement toute mesure cherchant à invisibiliser ou discriminer des personnes en quête d’équité. Les écoles doivent demeurer des milieux inclusifs, sécuritaires et respectueux pour toutes et tous.

L’usage de la clause dérogatoire pour éviter l’examen judiciaire d’une loi discriminatoire crée un précédent dangereux et affaiblit les protections de la Charte. La répétition de ce recours en Alberta trace une pente dangereuse qui menace l’intégrité démocratique et exige une vigilance accrue.

L’AEFO réitère sa solidarité envers les communautés trans et 2SLGBTQIA+ et poursuivra son engagement à défendre leurs droits et leur dignité. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Réaction suite au décès de Rolande Faucher

OTTAWA, le 18 novembre 2025 — Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante à la suite du décès de madame Rolande Faucher :

« C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Rolande Faucher, samedi dernier, à l’âge de 84 ans. Rolande était une bâtisseuse, une alliée dont l’engagement a marqué l’éducation en français en Ontario.

 

Une vie au service de la francophonie

Rolande a été de tous les combats. L’obtention de la gestion scolaire, en 1997. La reconnaissance des droits linguistiques et scolaires des francophones en milieu minoritaire. Pendant sept ans, elle a été recherchiste au Comité des langues officielles du Parlement canadien. De 1993 à 1996, elle a présidé le Conseil de l’éducation et de la formation franco-ontarienne. Elle a par ailleurs défendu la création d’une université de langue française en Ontario — ce qui deviendra une réalité en 2017, lors de la fondation de l’Université de l’Ontario français. Toujours avec la même conviction : transformer les revendications en réalité.

Rolande savait rassembler. Mais elle savait aussi rappeler que nos droits ne se défendent pas tout seuls. Consultante en langues officielles, en santé, en justice et en formation professionnelle, elle a produit des rapports qui demeurent des références. Elle a participé à d’innombrables panels — dont un panel sur l’avenir de l’éducation en langue française, lors du Congrès 2006 de l’AEFO. Des groupes de travail, aussi, et des consultations publiques. Son livre sur le sénateur Jean-Robert Gauthier, qui lui a valu le prix Champlain en 2009, et ses travaux sur l’école en milieu minoritaire restent des repères en Ontario français.

Chevalière de l’Ordre de la Pléiade, elle a reçu l’Ordre du mérite de l’AJEFO et le Prix du Centre de recherche en civilisation canadienne-française. En 2014, elle a été nommée membre honoraire du Réseau des services de santé en français de l’Ontario.

Au nom de l’AEFO et de tous ses membres, j’offre nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Rolande Faucher. Nous lui devons beaucoup. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Les syndicats de l’éducation de l’Ontario font une mise en garde contre l’adoption du projet de loi 33

OTTAWA, le 18 novembre 2025 — L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (ETFO/FEEO), Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) ont publié la déclaration conjointe suivante au sujet de l’adoption probable du projet de loi 33, intitulé la Loi sur le soutien aux enfants, aux élèves et aux étudiants :

 « Les écoles de l’Ontario sont confrontées à de vraies crises : classes pleines à craquer, montée de la violence, infrastructures délabrées et réduction massive des services d’éducation spécialisée. Or, le projet de loi 33 ne fait que détourner l’attention de chacun de ces problèmes, et risque même de les exacerber.

Une fois de plus, le gouvernement conservateur utilisera sa majorité comme une arme. Non pas pour venir en aide aux élèves, mais pour réduire des collectivités au silence et éroder la confiance du public. Le projet de loi 33 n’est rien de moins qu’une prise de contrôle hostile de la gouvernance de l’éducation financée par des fonds publics, et une attaque stratégique contre la démocratie, présentée sous le masque de la modernisation et de la responsabilisation.

Cette loi mettra à l’écart les conseillères et conseillers scolaires locaux démocratiquement élus, ce qui privera les familles de leur pouvoir, compromettra la transparence et ouvrira la voie à des décisions politiques qui font fi des besoins des élèves et de la parole des communautés. Elle accordera des pouvoirs à des superviseurs nommés par le Ministère qui n’ont souvent aucune expérience en éducation, aucun lien avec les communautés locales, possiblement aucune compréhension de la mission des écoles de langue française, et aucun engagement en faveur de l’équité ou les droits de la personne. Ces superviseurs n’auront de comptes à rendre qu’au gouvernement Ford, alors qu’ils devraient être redevables aux personnes que nos écoles sont censées servir. À ce jour, les actions du gouvernement sont éloquentes : coupes dans l’enseignement spécialisé, réduction du soutien à l’apprentissage de l’anglais et du français, et financement centralisé des arts qui en limite l’accès. Sa mission est claire : réduire les coûts, au mépris de l’impact sur la réussite et le bien‑être des élèves.

Les conseillères et conseillers scolaires élus ne sont pas parfaits. Certaines ou certains ont commis des erreurs, d’autres ont manqué à leurs responsabilités envers leurs communautés. Mais dans une démocratie, c’est à la population qu’il faut rendre des comptes. Pas aux élites politiques. Si le gouvernement Ford se souciait vraiment de la reddition de comptes, il commencerait par examiner son propre bilan, entaché de scandales et d’un mépris flagrant pour le contrôle citoyen.

Le ministre de l’Éducation veut faire croire à la population ontarienne que les conseillères et conseillers scolaires sont le problème, mais soyons clairs : la véritable crise, c’est le sous-financement chronique de nos écoles. Depuis des décennies, les conseils scolaires doivent étirer au maximum des budgets toujours plus restreints, alors que les besoins des élèves ne cessent de croître. La province n’a fait qu’empirer les choses en forçant les conseillères et conseillers scolaires à en faire plus avec moins, puis en leur faisant porter le blâme des conséquences.

L’adoption du projet de loi 33 ne sera pas un incident isolé. Cela s’inscrit dans un programme plus vaste et profondément troublant qui vise à démanteler l’enseignement public et à livrer les écoles à des intérêts privés. Le personnel en éducation de l’Ontario ne restera pas les bras croisés pendant que le gouvernement prive le peuple de son pouvoir et met en péril l’avenir des élèves de notre province. »

 

Martha Hradowy, présidente de l’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de la FEEO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec :

AEFO – Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
SCFP-CSCSO – Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
FEEO – Carla Pereira au 416-962-3836, poste 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA – Michelle Despault au 416-925-2493, poste 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO – Caitlin Reid au 416-576-8346 ou caitlin.reid@osstf.ca

 

Réaction à l’annonce du gouvernement au sujet de nouveaux bureaux d’assistance aux élèves et aux familles

OTTAWA, le 13 novembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement concernant la création de nouveaux bureaux d’assistance aux élèves et aux familles dans chaque conseil scolaire :

« Cette nouvelle annonce du gouvernement démontre une fois de plus l’ingérence persistante du gouvernement dans la gouvernance des conseils scolaires, tout en préparant le terrain pour une élimination graduelle des postes d’élues et élus scolaires.

Sous prétexte d’offrir une solution rapide, le gouvernement met en place un mécanisme parallèle qui ne règle rien aux véritables problèmes dans les écoles : surcharge, manque de services, ratios intenables et besoins criants en santé mentale.

Les conseils scolaires disposent déjà de procédures claires et formelles pour traiter les préoccupations des élèves et des familles. En imposant un nouveau mécanisme sans ajouter de ressources, le gouvernement alimente la confusion et laisse croire qu’il agit.

Plutôt que de multiplier les structures administratives, il serait préférable d’investir là où les besoins se trouvent réellement : dans les salles de classe, en soutenant le personnel enseignant et en donnant aux élèves les meilleures chances de réussite. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Réaction à l’Exposé économique de l’automne 2025 de l’Ontario

OTTAWA, le 8 novembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en lien avec L’exposé économique de l’automne 2025 de l’Ontario : 

« Encore une fois, on constate l’absence d’une véritable vision pour l’éducation financée par les fonds publics dans l’énoncé économique du gouvernement. En cette période de grands bouleversements économiques et sociaux, investir dans l’éducation, c’est pourtant miser sur l’avenir de l’Ontario. 

Malgré des besoins criants dans nos écoles, aucun investissement concret n’est prévu pour soutenir les élèves, le personnel enseignant ou la santé mentale. De plus, la francophonie ontarienne, pourtant essentielle à la vitalité de la province, est à peine mentionnée dans cet énoncé. Nous saluons le soutien au MIFO et à l’Université de Sudbury, mais ces quelques appuis ponctuels ne remplacent pas une stratégie durable de financement et de développement. 

Nous continuons d’éplucher l’énoncé économique afin d’en mesurer pleinement les impacts potentiels sur nos membres et leurs élèves. L’AEFO poursuivra également ses efforts de revendication auprès du gouvernement pour que l’éducation publique et francophone retrouve enfin la place qu’elle mérite parmi ses priorités. » 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Déclaration de la présidence à l’occasion du décès de Bernard Grandmaître

OTTAWA, le 29 octobre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante à la suite du décès de monsieur Bernard Grandmaître :

« C’est avec une profonde émotion que nous avons appris le décès de Bernard Grandmaître, ce 28 octobre 2025, à l’âge de 92 ans. Bernard n’était pas seulement une figure publique : pour nous, il était un bâtisseur, un allié, un homme dont l’engagement a changé concrètement la vie des francophones de l’Ontario.

Maire de Vanier, puis député d’Ottawa–Vanier à partir de 1984, il a porté nos aspirations avec une conviction inébranlable. En tant que ministre délégué aux Affaires francophones, il a été l’artisan de la Loi sur les services en français, adoptée le 19 novembre 1986. Ce n’était pas qu’une victoire politique : c’était une avancée majeure pour des milliers de familles, d’enfants, de travailleuses et de travailleurs qui, grâce à lui, ont pu enfin être servis dans leur langue.

En Ontario, avant cette loi, communiquer avec le gouvernement provincial en français, c’était presque impensable. Un rêve fou, une utopie. Mais pour Bernard Grandmaître, c’était autre chose — un but à atteindre absolument. Un droit à conquérir. Et il a réussi.

Cette loi historique a transformé l’Ontario français. Rien n’est parfait, on le comprend et l’AEFO continue à veiller, à revendiquer; et à défendre chaque avancée. Mais un droit est un droit. Et celui qui garantit l’accès aux services gouvernementaux en français dans 25 régions désignées de la province demeure. C’est un acquis que l’AEFO protège farouchement. Et qui n’est plus à négocier. »

 

Une mission de vie

« Pour Bernard Grandmaître, la francophonie n’était pas une cause parmi tant d’autres. C’était une passion, un combat quotidien, chaque pas en avant se gagnait par le travail et la persévérance. Il a tracé la voie à celles et ceux qui continuent à se battre pour notre langue française.

Il a reçu l’Ordre du Canada en 2013. Une école et un aréna portent son nom à Ottawa; et le Prix Bernard-Grandmaître célèbre chaque année des gens qui s’engagent pour la francophonie. Mais son vrai legs, c’est un Ontario où les francophones ont le droit de vivre, pleinement et fièrement, dans leur langue.

Au nom de l’AEFO et de tous ses membres, j’offre nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Bernard Grandmaître. Nous lui devons une reconnaissance éternelle. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

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