Que se passe-t-il après l’échéance de votre convention collective?

Par l’équipe de l’AEFO

Cette rubrique fait le point sur des sujets relatifs aux conditions de travail et aux droits des membres de l’AEFO.

 

La convention collective : votre contrat de travail

La convention collective est le document qui régit un grand nombre de vos conditions de travail : salaire, heures de travail, congés, avantages sociaux, procédures de grief, règles de dotation, ancienneté, etc. Négociée par un syndicat pour un groupe de membres ayant le même employeur, elle constitue votre contrat de travail collectif.

Les membres de l’AEFO sont couverts par différentes conventions collectives, selon leur employeur, leur statut ou leur milieu de travail. Bien que ces conventions puissent varier dans leur contenu, elles reposent sur les mêmes principes fondamentaux : elles définissent les conditions de travail, encadrent les relations de travail et prévoient des mécanismes de protection des droits. C’est pourquoi, même si les clauses diffèrent d’une convention à l’autre, les règles générales applicables après l’échéance restent les mêmes pour l’ensemble des membres.

Toute convention collective comporte une date d’expiration (date d’échéance). Pour la majorité des membres de l’AEFO, cette date est le 31 août 2026; elle est toutefois fixée au 31 mars 2028 pour l’Unité 203. Cette échéance marque la fin de la période couverte par l’entente, mais elle ne met pas fin à vos droits ni à vos protections.

 

Après l’échéance : vos droits demeurent protégés

En Ontario, le droit du travail prévoit un mécanisme clair pour assurer la continuité et la stabilité des conditions de travail après l’échéance d’une convention collective : le gel statutaire.

Concrètement, l’entente arrivée à échéance ne disparaît pas. Elle continue de s’appliquer et demeure votre contrat de travail jusqu’à la conclusion d’une nouvelle entente ou jusqu’à ce que les parties atteignent légalement le stade de la grève ou du lock‑out.

 

Le gel statutaire : un filet de sécurité

Le gel statutaire empêche toute modification unilatérale des conditions de travail pendant la négociation. Les règles déjà négociées restent en vigueur, et l’employeur ne peut pas imposer de changements de son propre chef.

À compter du 1er septembre 2026, même en l’absence d’une nouvelle convention collective conclue et ratifiée, les protections suivantes continuent de s’appliquer :

  • Votre sécurité d’emploi
    Les règles encadrant la discipline et le congédiement demeurent en vigueur. L’employeur conserve l’obligation de démontrer une cause juste et suffisante pour ses décisions, et les protections contre les décisions arbitraires s’appliquent toujours.
  • Votre salaire
    Votre rémunération demeure en vigueur à l’échéance de votre entente. Elle ne peut pas être réduite, puisque les salaires font partie des matières négociées.
  • Vos avantages sociaux
    Assurances collectives, régime de retraite, banques de congés, etc. : l’ensemble de ces avantages reste en place. L’échéance de la convention n’entraîne pas l’interruption de votre couverture.
  • Le droit de grief
    Si une disposition de la convention n’est pas respectée, le mécanisme de grief demeure pleinement accessible. Une convention échue n’est pas une convention affaiblie.

Certaines clauses temporaires, comme des projets pilotes, peuvent comporter des modalités particulières. Cela ne signifie pas pour autant que les droits des membres cessent de s’appliquer : le cadre légal demeure contraignant, et l’AEFO exerce une veille constante afin d’en assurer le respect.

 

Quand commencent les négociations?

Le déclenchement officiel des négociations ne peut pas être déterminé à l’avance.

Personnel enseignant régulier et suppléant des conseils scolaires franco-ontariens – Unités 56 à 66 et Unité 204

Selon la loi*, l’avis d’intention de négocier peut être donné dans les 90 jours précédant l’échéance des conventions collectives. La loi permet aussi au ministre de l’Éducation, par règlement, d’autoriser un déclenchement plus précoce – jusqu’à 180 jours avant l’échéance.

Dans cette optique, les filiales syndicales**, dont fait partie l’AEFO, ont demandé au gouvernement de commencer à négocier le plus tôt possible. Un déclenchement plus précoce des discussions favoriserait une rentrée plus prévisible. Il permettrait aussi de clarifier plus tôt les priorités gouvernementales et de soutenir la stabilité du milieu éducatif.

Le ministre de l’Éducation ne semble toutefois pas préconiser cette approche pour l’instant.

* Loi de 2014 sur la négociation collective dans les conseils scolaires

** Ces filiales sont la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (ETFO), l’AEFO, la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO).

 

Unité 103 – PAPSP* (Conseil scolaire Franco-Nord)

Pour les membres de l’Unité 103 (PAPSP), le processus de négociation s’inscrit dans la même ronde provinciale, mais se déroule selon un cadre et un calendrier qui lui sont propres.

* Personnel administratif, professionnel et de soutien pédagogique

 

Unités 201 et 202 (Lycée Claudel)

Le Lycée Claudel est un établissement scolaire français privé situé à Ottawa. L’Unité 201 regroupe des membres du personnel enseignant et suppléant, tandis que l’Unité 202 comprend des membres du personnel administratif et de soutien.

Bien que les conventions collectives de ces deux unités arrivent à échéance le 31 août 2026, les discussions peuvent s’amorcer avant cette date, soit lorsque l’AEFO et le Lycée sont prêts à s’engager dans le processus.

 

Unité 203 – Le CAP

La convention collective des membres de l’Unité 203, qui travaillent au Centre d’appui et de prévention (Le CAP) à Ottawa, arrive à échéance le 31 mars 2028. Leur négociation se déroulera lors d’une ronde ultérieure.

 

Avant et pendant la négociation : le rôle des membres

La négociation ne se déroule pas uniquement à la table. Elle repose aussi sur la vigilance et l’engagement des membres dans chaque lieu de travail. Vous pouvez soutenir le processus de plusieurs façons :

  • Informez-vous.
    Les rumeurs peuvent circuler rapidement. Fiez-vous aux communications officielles de l’AEFO, notamment aux Infos NÉGOS envoyées à votre courriel personnel.
  • Gardez vos coordonnées à jour.
    Assurez-vous que l’AEFO dispose de votre adresse courriel personnelle. Pour mettre à jour vos coordonnées, rendez-vous à : Mon profil AEFO.
  • Signalez toute situation problématique.
    Si une directive semble contredire votre convention collective, communiquez rapidement avec votre unité locale. Une intervention précoce permet d’éviter qu’une pratique irrégulière s’installe.

 

Une transition protégée

La période du gel statutaire ne crée pas de vide : pendant la négociation, vos droits demeurent pleinement protégés par l’entente actuelle, dans l’attente de sa mise à jour.

La négociation pour le renouvellement des conventions collectives a un objectif clair : maintenir les droits déjà acquis et améliorer les conditions de travail afin que l’engagement professionnel des membres soit reconnu et appuyé par des conditions justes et respectées.

 

Réaction à la création d’un fonds pour les fournitures de classe

OTTAWA, le 11 mars 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement au sujet de la création d’un fonds pour les fournitures de classe destiné aux enseignantes et enseignants à l’élémentaire. 

« L’AEFO reconnaît que la création d’un fonds pour les fournitures scolaires peut sembler aider un peu en classe, mais elle rappelle qu’il faut rester vigilantes et vigilants. Même si cette mesure semble apporter de l’aide, elle met en lumière la tendance du ministère à offrir des solutions incomplètes au lieu de soutenir durablement le système d’éducation.  

Trop souvent, les enseignantes et enseignants doivent acheter eux-mêmes les fournitures de base pour faire leur travail, ce qui ne devrait pas être leur responsabilité. Ce fonds ne doit pas devenir un prétexte pour transférer une charge supplémentaire sur les enseignantes et les enseignants. Elles et ils doivent pouvoir se concentrer sur l’élève. Une aide pour les fournitures ne compense pas des années de sous-financement.  

Des investissements solides et durables tant dans les ressources matérielles que dans les ressources humaines et les services spécialisés sont essentiels pour permettre aux écoles et aux enseignantes et enseignants d’avoir ce dont elles et ils ont besoin pour soutenir l’apprentissage, répondre à la complexité croissante des salles de classe, et favoriser la réussite des élèves. 

L’AEFO demeure préoccupée par le sous-financement du système d’éducation financé par les fonds publiques, particulièrement en langue française, ce qui limite la capacité à répondre adéquatement aux besoins croissants des élèves. Nous rappelons au ministre que nous sommes toujours disponibles pour partager nos réflexions, nos préoccupations, notre expertise sur le terrain et nos recommandations, tant sur ces enjeux que sur d’autres dossiers prioritaires touchant l’éducation en langue française en Ontario. » 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO 

Réaction à l’annonce de la création d’un organisme consultatif pour évaluer l’apprentissage des élèves de l’Ontario

OTTAWA, le 4 mars 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement concernant la création d’un organisme consultatif expert qui mènera un examen exhaustif de la réussite des élèves partout en province :

« L’AEFO souligne l’annonce du gouvernement de l’Ontario concernant la nomination d’un organisme consultatif chargé d’évaluer l’apprentissage des élèves, notamment à la lumière des résultats provinciaux des tests de l’Office de la qualité et de responsabilité en éducation (OQRE).

Nous reconnaissons l’importance de se pencher sur les défis réels des élèves et de rassembler les expertises afin de mieux répondre à leurs besoins grandissants.

L’AEFO rappelle qu’elle possède une expertise essentielle liée aux réalités du terrain et aux besoins spécifiques de l’éducation en langue française. Les personnes qui travaillent au quotidien auprès des élèves sont les mieux placées pour identifier des solutions concrètes et porteuses.

Nous réitérons notre volonté de collaborer de façon constructive aux travaux de cet organisme et d’être pleinement consultés, afin que les mesures proposées reflètent concrètement les réalités vécues dans nos écoles et contribuent de manière tangible à la réussite de tous les élèves. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Les syndicats d’enseignantes et d’enseignants de l’Ontario réclament le début anticipé des négociations pour soutenir les élèves et les familles

OTTAWA (Ontario) — L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) ont publié la déclaration commune suivante afin de demander au gouvernement Ford et au ministre de l’Éducation, Paul Calandra, de débuter les négociations dès que possible par soucis de soutenir les élèves, les familles, le personnel enseignant et les travailleuses et travailleurs en éducation :

« Les enfants de l’Ontario sont notre avenir. Le processus de négociation nous donne la possibilité de travailler de manière collaborative et significative pour garantir cet avenir, tout en consolidant les forces de notre système d’éducation financé par les fonds publics reconnu à l’échelle mondiale.

Pour que nos élèves disposent des ressources et du soutien nécessaires pour s’épanouir, le personnel enseignant et les travailleuses et travailleurs en éducation de l’Ontario appellent le gouvernement à s’asseoir à la table des négociations dans les plus brefs délais.

Les enseignantes et enseignants et les membres du personnel scolaire disposent d’une expérience sur le terrain et de connaissances pratiques acquises dans les classes et les établissements scolaires de toute la province. Les négociations sont l’occasion de discuter des enjeux qui affectent nos écoles, de proposer de nouvelles idées et de trouver des solutions concrètes pour offrir aux élèves, au personnel enseignant et à l’ensemble du personnel scolaire le meilleur environnement d’apprentissage et de travail qui soit.

Nous devons saisir l’opportunité de lancer le processus de négociation par anticipation et travailler ensemble pour investir dans des classes propices à la réussite de nos enfants, nous attaquer de manière proactive à la crise croissante du recrutement et du maintien en poste du personnel enseignant et des éducatrices et éducateurs, et veiller à ce que les élèves, les enseignantes et enseignants et les autres membres du personnel scolaire disposent des ressources et du soutien nécessaires.

Nos écoles ne peuvent plus continuer à faire plus avec moins.

Le sous-financement chronique et l’insuffisance de personnel ont des conséquences dévastatrices sur les élèves, une réalité que nous voyons jour après jour dans nos écoles : classes surchargées, défis grandissants de recrutement et rétention de personnel éducatif et d’enseignantes et d’enseignants qualifiés et certifiés, manque de soutien pour les élèves en éducation spécialisée, multiplication des incidents violents et insuffisance de fournitures scolaires de base, comme le papier, les crayons et les manuels.

Le ministre Calandra est habilité à autoriser le début des négociations jusqu’à 180 jours avant que les conventions en vigueur viennent à échéance le 31 août. Si le ministre exerce cette autorité, les discussions pourraient débuter dès le mois de mars et le gouvernement démontrerait qu’il partage notre engagement en faveur de la stabilité et de la réussite des élèves.

Le personnel enseignant et les travailleuses et travailleurs en éducation de l’Ontario sont prêts. Nous sommes solidaires. Et nous nous engageons à défendre la voix des parents, des élèves, des enseignantes et enseignants et des membres du personnel éducatif à la table des négociations.

L’avenir de l’Ontario se construit dans nos salles de classe. Commençons les négociations et travaillons ensemble pour investir dans les ressources et le soutien dont les élèves ont besoin pour apprendre, grandir et s’épanouir. C’est la moindre des choses. »

 

Martha Hradowy, présidente d’OSSTF/FEESO
René Jansen in de Wal, président de l’OECTA
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO
David Mastin, président de la FEEO
Joe Tigani, président du SCFP-CSCSO

 

AEFO – Marianne Raina au 613-218-3702 ou mraina@aefo.on.ca
SCFP-CSCSO – Shannon Carranco au 514-703-8358 ou scarranco@cupe.ca
FEEO – Carla Pereira au 416-962-3836, poste 2332 ou cpereira@etfo.org
OECTA – Michelle Despault au 416-925-2493, poste 509 ou m.despault@catholicteachers.ca
OSSTF/FEESO – Caitlin Reid au 416-576-8346 ou caitlin.reid@osstf.ca

Réaction à la visite du ministre Calandra en Angleterre

OTTAWA, le 27 janvier 2026 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à la visite du ministre de l’Éducation, Paul Calandra, en Angleterre, dans le cadre de ses démarches visant à s’inspirer de modèles étrangers en matière d’éducation :

« Bien que nous reconnaissions l’importance de s’informer des meilleures pratiques à l’international, nous estimons essentiel que toute réflexion sur l’avenir du système d’éducation ontarien soit d’abord ancrée dans la réalité des élèves, du personnel scolaire et des communautés de la province.

Nous sommes également préoccupés par les coûts associés à ce déplacement en Angleterre, dans un contexte où chaque dollar public investi devrait prioritairement servir à soutenir directement les élèves et le personnel.

L’AEFO demeure préoccupée par le sous-financement du système d’éducation financé par les fonds publics, et particulièrement en langue française, qui limite la capacité à répondre adéquatement aux besoins croissants des élèves. Nous sommes également inquiets des risques de privatisation de l’éducation, qui pourraient découler de certaines orientations inspirées de modèles internationaux qui privilégient les entreprises et les mieux nantis, notamment à la suite de la visite du ministre d’une école à charte.

Avant d’importer des approches d’ailleurs, il est impératif d’investir pleinement dans notre système d’éducation et de consulter de façon significative les actrices et acteurs du milieu. L’éducation doit demeurer un bien collectif, accessible, équitable et géré dans l’intérêt des communautés.

D’ailleurs, nous avons hâte de rencontrer le ministre afin de lui faire part de nos réflexions, de nos préoccupations et de nos recommandations, tant sur ces enjeux que sur d’autres dossiers prioritaires touchant l’éducation en langue française en Ontario. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Le droit de refuser de travailler s’il y a risque de violence

Par l’équipe de l’AEFO

Pour beaucoup trop de membres du personnel en éducation, la violence dans les lieux de travail est devenue une réalité quotidienne. Coups, menaces, agressions physiques ou verbales… Ce qui choquait autrefois est maintenant courant et même banalisé dans plusieurs établissements du pays, y compris dans les milieux scolaires franco-ontariens.

Ces actes ne sont ni rares ni sans répercussions. Ils menacent la sécurité de toutes et de tous et ont un véritable coût humain. Stress, épuisement, absences répétées… À ces conséquences déjà très graves, il faut ajouter les départs prématurés. Des membres du personnel en éducation, autrefois des personnes passionnées qui aimaient profondément leur profession, finissent par la quitter, ne pouvant plus tolérer un environnement devenu hostile.

Dans de telles conditions, comment se concentrer pleinement sur son travail? Et comment créer un environnement propice à l’apprentissage et à l’épanouissement dans un climat d’insécurité?

 

Toujours le même constat

De nombreuses alertes ont été lancées depuis des années, notamment par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO). Pourtant, les incidents ne cessent d’augmenter.

En 2024, l’AEFO publiait l’article « Violence dans les écoles : une hausse alarmante », qui révélait déjà que le problème s’aggravait. En 2025, les témoignages des membres confirment une réalité similaire. On ne peut cependant pas connaître toute l’ampleur du problème, puisqu’un grand nombre d’incidents ne sont pas toujours déclarés.

« Depuis le temps que l’AEFO et d’autres syndicats sonnent l’alarme, il serait temps de cesser de faire l’autruche », rappelle Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO. « La violence au travail, personne ne peut plus se permettre de l’ignorer. »

 

Oser dire non face à la violence

La sécurité au travail n’est pas un privilège : c’est un droit fondamental. La Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) vous garantit un milieu sans violence, la possibilité de signaler tout incident sans crainte de représailles ainsi que le droit d’obtenir l’appui de votre employeur lorsqu’une situation devient dangereuse.

Qu’est-ce qu’un refus de travail?

C’est le droit de dire non à une tâche, à une situation ou à un environnement qui présente un danger sérieux et réel, qu’il soit immédiat, potentiel ou perçu.

Quand peut-on refuser de travailler?

Le refus de travailler est une démarche sérieuse : ce droit doit être exercé uniquement lorsqu’il y a une menace réelle.

Cela dit, vous pouvez exercer votre droit de refus lorsqu’une situation dangereuse se présente ou lorsqu’il existe une menace de violence, par exemple si une ou un élève ou une autre personne tient des propos menaçants, si un comportement violent se répète ou devient plus intense, ou si les mesures de sécurité en place ne suffisent pas à assurer votre protection.

Cependant, si la vie, la santé ou la sécurité d’une personne dont vous êtes responsable est en danger immédiat, la protection des personnes vulnérables reste votre priorité absolue dans votre rôle professionnel.

Signalement aux autorités policières
En tout temps, vous avez le droit de communiquer directement avec les services policiers, selon la gravité de l’incident qui vous concerne.

Comment exercer votre droit de refus
  1. Informez votre superviseure ou superviseur de votre refus de travail. Expliquez clairement le danger et les raisons de votre refus, en décrivant simplement les faits. Il est préférable de contacter votre superviseure ou superviseur uniquement avant ou après les heures de travail, ou pendant une pause.
    Important : Vous ne devez pas quitter votre poste de manière soudaine ou impulsive, surtout si vous êtes responsable de personnes vulnérables.
  2. Votre superviseure ou superviseur doit procéder immédiatement à une enquête, et ce, en votre présence.
  3. Si le problème n’est pas résolu et que votre sécurité demeure à risque, le ministère du Travail peut intervenir. Une inspectrice ou un inspecteur se rend alors sur les lieux de travail pour enquêter, en consultation avec vous, l’employeur, le syndicat ou une représentante ou un représentant du comité mixte sur la santé et la sécurité au travail (CMSST). Même si le refus n’est pas jugé fondé, l’inspectrice ou l’inspecteur peut recommander des mesures pour réduire les risques liés à votre poste.

La présidence de votre unité de l’AEFO est votre premier point de contact en cas de refus de travail. Elle peut vous accompagner, vous conseiller et vous informer sur vos droits.

N’hésitez pas à communiquer avec elle. Son rôle est de vous soutenir, que ce soit pour un refus de travail ou pour toute autre question sur la sécurité.

Pourquoi ce droit est-il si important?

En refusant de travailler dans un contexte à risque, vous protégez votre propre sécurité et obligez le système à réagir. Vous affirmez clairement que la sécurité n’est pas négociable et poussez votre employeur à prendre des mesures concrètes.

Vous évitez ainsi que des situations dangereuses se répètent tout en contribuant à rendre le milieu plus sécuritaire pour vous, vos collègues et les personnes dont vous avez la charge.

 

Un nouveau site pour vous soutenir : DireNonALaViolence.ca

Pour mieux accompagner ses membres, l’AEFO vient de lancer DireNonALaViolence.ca , une plateforme qui rassemble toute l’information sur la violence en milieu scolaire. Elle offre des ressources pratiques pour comprendre vos droits et préparer vos démarches.

Vous y trouverez :

  • des guides simples pour reconnaître les différents types de violence;
  • des modèles de rapports et des formulaires pour signaler un incident;
  • des instructions claires pour documenter les faits;
  • des explications accessibles sur vos droits et les responsabilités de l’employeur;
  • des contacts utiles : unités locales de l’AEFO, comités mixtes sur la santé et la sécurité, psychologues, travailleuses et travailleurs sociaux.

 

Vers des écoles plus sûres

La violence en milieu scolaire n’est pas une part « normale » du métier. La refuser, c’est protéger sa propre intégrité, soutenir ses collègues et offrir à toutes et à tous un environnement sain et sécuritaire.

Le droit existe. Les outils sont là. Comme le souligne la présidente de l’AEFO : « Trop longtemps, on a demandé aux membres de l’AEFO d’endurer l’inacceptable. Cette époque doit prendre fin. Signaler la violence, c’est déjà refuser le silence et revendiquer un milieu de travail où on peut accomplir son rôle sans peur. »

Réaction à l’annonce du gouvernement au sujet des résultats provinciaux des tests de l’OQRE

OTTAWA, le 3 décembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à l’annonce du gouvernement concernant les résultats provinciaux des tests de l’Office de la qualité et de responsabilité en éducation (OQRE) :

« Les résultats publiés aujourd’hui par l’OQRE reflètent une réalité bien connue du personnel scolaire : les élèves ont des besoins grandissants et les écoles manquent cruellement de ressources, de soutien et d’investissements ciblés. La santé mentale des élèves demeure préoccupante, les services spécialisés sont insuffisants, et des mesures comme le décloisonnement sont imposées sans appui additionnel pour les mettre en œuvre.

Plutôt que de reconnaître ces défis réels, le ministre choisit encore une fois de détourner l’attention en blâmant la gouvernance des conseils scolaires. L’annonce du ministre Calandra de ce matin divise et détourne l’attention du réel problème: le système fonctionne depuis trop longtemps en contexte de sous-financement. Ce que les résultats des tests de l’OQRE montrent, ce n’est pas un problème de gouvernance : c’est un manque de ressources sur le terrain. De plus, ces tests standardisés ne constituent pas le meilleur outil pour évaluer la réussite des élèves et ne reflètent pas la totalité des apprentissages ni les progrès authentiques réalisés en classe. Depuis plus de huit ans, les décisions majeures du gouvernement sont prises sans consulter véritablement les partenaires en éducation, alors qu’elles et ils sont les mieux placés pour identifier les solutions.

Si le gouvernement souhaite réellement améliorer la réussite scolaire, il doit investir dans le système d’éducation en langue française, renforcer le soutien au personnel scolaire et écouter enfin les personnes qui sont en première ligne. L’AEFO est prête à collaborer, mais il est temps que les actions du gouvernement reflètent les besoins réels des élèves et du personnel. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

L’AEFO lance son microsite sur la violence en milieux scolaires : un outil centralisé pour agir avec assurance

Des mesures concrètes pour outiller, former, revendiquer et collaborer

TORONTO (Ontario), le 21 novembre 2025 — Dans le cadre de sa conférence des déléguées syndicales et délégués syndicaux, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a lancé aujourd’hui son tout nouveau microsite DireNonÀLaViolence.ca, une plateforme numérique centralisée qui vise à outiller ses membres et à faciliter les démarches dans les situations de violence en milieu de travail.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du Plan d’action provincial pour contrer la violence dans les milieux scolaires de l’AEFO, dévoilé en octobre dernier et constitue une réponse directe à une situation qui s’aggrave, se banalise et met à risque la santé et la sécurité du personnel scolaire.

« La violence dans nos écoles est une réalité de plus en plus présente, et elle ne peut plus être tolérée ni banalisée. C’est inacceptable! L’AEFO prend cette situation très au sérieux : nos membres nous parlent de blessures physiques, de détresse psychologique et d’une surcharge qui s’ajoute à des conditions déjà difficiles. Tous nos membres et les élèves ont droit à des environnements d’apprentissage sains et sécuritaires », déclare Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO.

Le microsite DireNonALaViolence.ca regroupe des ressources fiables, à des outils pratiques et à des informations essentielles concernant leurs droits. Il vise également à remédier à un problème majeur : des mécanismes de signalement souvent ambiguës qui génèrent de la confusion., ce qui contribue au climat de silence et d’insécurité dans les écoles.

 

Un outil concret issu du Plan d’action provincial

Le microsite lancé aujourd’hui découle directement des engagements pris par l’AEFO dans son plan d’action provincial qui s’articule autour de quatre axes : outiller, former, revendiquer et collaborer. Il vise à simplifier, clarifier et renforcer les démarches de signalements d’incidents, un élément crucial alors que la violence est en hausse dans les écoles élémentaires comme secondaires.

Concrètement, le microsite propose :

  • des fiches informatives décrivant les premiers gestes à poser après un incident de violence ;
  • des modèles de formulaires et un guide complet sur les types de signalement conformes aux obligations légales ;
  • des parcours guidés selon les responsabilités de chacun, que vous soyez membre, déléguée ou délégué syndical, présidence d’unité ou membre d’un comité mixte sur la santé et la sécurité au travail ;
  • un répertoire des politiques pertinentes, des références juridiques et des ressources provinciales ; et
  • les coordonnées des personnes-ressources à contacter pour discuter d’une situation de violence ou obtenir un accompagnement personnalisé.

« Ce microsite est un pas important, mais il ne remplace pas les investissements que le gouvernement doit faire en prévention, en formation et en ressources humaines, notamment pour appuyer l’intégration des élèves à besoins particuliers. Sans personnel suffisant, sans formation en résolution de conflits et en désescalade, et sans mécanismes de signalement efficaces, la violence continuera d’augmenter », ajoute madame Lemieux.

L’AEFO demeure pleinement engagée dans la lutte contre la violence en milieu scolaire et participe activement au groupe de travail provincial en santé et sécurité pour améliorer les pratiques, les formations et les outils disponibles dans les écoles de l’Ontario.

 

L’AEFO compte plus de 12 500 membres et représente les enseignantes et les enseignants des écoles élémentaires et secondaires de langue française de l’Ontario, tant catholiques que publiques, en plus du personnel professionnel et de soutien œuvrant dans différents lieux de travail francophones.

 

Pour information et demandes d’entrevues :
Marianne Raina
Cadre, service des communications à l’AEFO
Courriel : mraina@aefo.on.ca
Tél. : 613-218-3702*

(*Compte tenu du volume élevé de demandes, nous recommandons de nous contacter par courriel.)

 

Réaction au fait que l’Alberta invoque la disposition de dérogation pour des lois sur les personnes trans

OTTAWA, le 19 novembre 2025 – Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante en réaction à la décision du gouvernement de l’Alberta de suspendre les droits protégés par la Charte pour les jeunes trans :

« La décision du gouvernement albertain de recourir à la clause dérogatoire pour retirer des protections constitutionnelles aux jeunes trans et 2SLGBTQIA+ constitue une violation grave des droits humains. C’est un recul inquiétant qui met en danger la santé, la sécurité et le bien-être de jeunes déjà vulnérables. Il ne s’agit pas du premier projet de loi déposé en Alberta qui touche aux droits, une multiplication particulièrement alarmante.

L’AEFO condamne fermement toute mesure cherchant à invisibiliser ou discriminer des personnes en quête d’équité. Les écoles doivent demeurer des milieux inclusifs, sécuritaires et respectueux pour toutes et tous.

L’usage de la clause dérogatoire pour éviter l’examen judiciaire d’une loi discriminatoire crée un précédent dangereux et affaiblit les protections de la Charte. La répétition de ce recours en Alberta trace une pente dangereuse qui menace l’intégrité démocratique et exige une vigilance accrue.

L’AEFO réitère sa solidarité envers les communautés trans et 2SLGBTQIA+ et poursuivra son engagement à défendre leurs droits et leur dignité. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

Réaction suite au décès de Rolande Faucher

OTTAWA, le 18 novembre 2025 — Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), a émis la déclaration suivante à la suite du décès de madame Rolande Faucher :

« C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Rolande Faucher, samedi dernier, à l’âge de 84 ans. Rolande était une bâtisseuse, une alliée dont l’engagement a marqué l’éducation en français en Ontario.

 

Une vie au service de la francophonie

Rolande a été de tous les combats. L’obtention de la gestion scolaire, en 1997. La reconnaissance des droits linguistiques et scolaires des francophones en milieu minoritaire. Pendant sept ans, elle a été recherchiste au Comité des langues officielles du Parlement canadien. De 1993 à 1996, elle a présidé le Conseil de l’éducation et de la formation franco-ontarienne. Elle a par ailleurs défendu la création d’une université de langue française en Ontario — ce qui deviendra une réalité en 2017, lors de la fondation de l’Université de l’Ontario français. Toujours avec la même conviction : transformer les revendications en réalité.

Rolande savait rassembler. Mais elle savait aussi rappeler que nos droits ne se défendent pas tout seuls. Consultante en langues officielles, en santé, en justice et en formation professionnelle, elle a produit des rapports qui demeurent des références. Elle a participé à d’innombrables panels — dont un panel sur l’avenir de l’éducation en langue française, lors du Congrès 2006 de l’AEFO. Des groupes de travail, aussi, et des consultations publiques. Son livre sur le sénateur Jean-Robert Gauthier, qui lui a valu le prix Champlain en 2009, et ses travaux sur l’école en milieu minoritaire restent des repères en Ontario français.

Chevalière de l’Ordre de la Pléiade, elle a reçu l’Ordre du mérite de l’AJEFO et le Prix du Centre de recherche en civilisation canadienne-française. En 2014, elle a été nommée membre honoraire du Réseau des services de santé en français de l’Ontario.

Au nom de l’AEFO et de tous ses membres, j’offre nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Rolande Faucher. Nous lui devons beaucoup. »

 

Gabrielle Lemieux
Présidente de l’AEFO

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