L’intelligence artificielle en éducation, une question d’adaptation

Par Amélie Cournoyer, rédactrice agréée

L’introduction de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de l’éducation remonte aux années 1970. Or, ce n’est qu’en novembre 2022, au lancement de ChatGPT, qu’on a réalisé l’étendue de ses capacités, mais aussi à s’inquiéter de ses potentielles dérives. 

Le personnel en éducation travaille depuis plusieurs années avec de nombreux modèles d’IA (par exemple : livres intelligents, applications éducatives, plateformes d’apprentissage, moteurs de recherche, aide à la rédaction et à la correction du français, etc.). Néanmoins, l’adaptation aux IA génératives, c’est-à-dire un type de système d’IA capable de générer du contenu (texte, audio, code, images, vidéos), reste encore difficile aujourd’hui dans le milieu de l’éducation. « Il n’y a pas eu d’action concrète pour aider les enseignantes et enseignants à s’adapter à cette nouvelle réalité technologique », fait remarquer Dave Anctil, enseignant au Collège Jean-de-Brébeuf et chercheur affilié à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique (Obvia) de l’Université Laval.

Résultat : le flou persiste quant à son utilisation par les élèves et le personnel en éducation. En effet, en l’absence de politiques formelles de la part des conseils scolaires, certaines écoles l’interdisent, alors que d’autres la permettent; certains enseignantes et enseignants y ont recours, d’autres non. « Et il n’existe toujours pas de guide méthodologique pour comprendre comment travailler de manière intègre avec ces outils », ajoute Dave Anctil.

Mais qu’est-ce qui explique une telle confusion? « Les gens n’étaient pas prêts. Il y a donc un déficit de littératie numérique. Mais pas juste ça : on ne s’attendait pas à ce que des outils aussi puissants, comme OpenAi, Google et compagnie, soient disponibles aussi rapidement et à un aussi grand nombre de personnes », répond celui qui enseigne l’intelligence artificielle, la philosophie, le droit et les sciences cognitives.

 

L’IA au service des enseignantes et enseignants

En tant que professeur, Dave Anctil tire parti de l’IA depuis 2013 : « Je l’utilise pour absolument tout; elle est intégrée à toutes mes routines de travail. » Il s’en sert comme aide pour simplifier ou vulgariser son contenu pédagogique, planifier des activités pédagogiques, corriger certains types de travaux, répondre à des courriels, écrire des lettres de recommandation pour ses élèves, traduire des publications scientifiques de l’anglais vers le français. « Je pourrais continuer comme ça longtemps », dit-il en arrêtant son énumération.

Dave Anctil n’est pas le seul professeur enthousiaste par rapport à l’IA. Selon le spécialiste en sciences de l’éducation et technologies François Guité, un des grands avantages de l’IA est l’automatisation partielle de certaines tâches administratives, répétitives ou prévisibles, telles que la planification des cours de même que l’évaluation ou la détection des risques d’échec. « L’enseignement perd de son attractivité : on a de la difficulté à recruter du personnel enseignant en ce moment et il y a un fort taux de décrochage. Pourquoi? Notamment parce qu’il y a des parties de la tâche de l’enseignement qui sont ennuyeuses, fastidieuses », soutient-il.

Partant du constat que seulement 49 % de la tâche en enseignement est consacré aux interactions directes avec les élèves, une étude de McKinsey & Company rapportée par François Guité avance que l’utilisation de l’IA permettrait aux enseignantes et enseignants de regagner environ le quart du temps, qu’elles et ils pourraient investir dans le soutien aux élèves. « C’est un gain en temps et en motivation qui va rendre le travail beaucoup plus agréable », affirme celui qui a lui-même enseigné pendant 25 ans.

Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO, abonde dans le même sens : « Quand on regarde comment l’IA aurait le potentiel de réduire le fardeau administratif pour nos membres, c’est vraiment excitant parce que ça voudrait dire que nos membres pourraient se concentrer sur ce qui les passionne le plus : l’enseignement et les élèves. »

 

Un appui aux apprentissages des élèves

« L’autre grande promesse de l’IA en éducation, avance François Guité, c’est d’offrir des outils capables de personnaliser l’approche pédagogique en fonction des besoins propres à chaque jeune et ainsi de voir à la réussite de l’ensemble des élèves. »

Selon plusieurs, l’IA peut être vue comme une ressource importante afin de renforcer l’engagement scolaire des élèves, de prévenir le décrochage et de favoriser leur réussite. En voici quelques exemples :

  • Les systèmes de tuteurs intelligents (STI) en assistance au personnel enseignant peuvent intégrer des données scolaires et les combiner aux habitudes d’apprentissage des élèves afin de personnaliser les objectifs d’apprentissage.
  • Les chatbots (agents conversationnels) permettent d’accroître les interactions entre les élèves et le contenu d’apprentissage en clarifiant ou en approfondissant le sujet ou en proposant des ressources d’apprentissage additionnelles.
  • Certains outils basés sur l’IA peuvent améliorer et personnaliser l’aide aux devoirs selon les défis rencontrés par les élèves.
  • Des modèles d’IA peuvent être utilisés pour rendre plus agréables les exercices répétitifs (par exemple : outils qui ont recours à la ludification, algorithmes qui favorisent la motivation et la mémorisation).
  • Les données recueillies sur les élèves permettent d’identifier plus rapidement ceux et celles à risque de décrochage scolaire et de le mentionner au personnel enseignant.
  • Des outils basés sur l’IA peuvent fournir une aide aux élèves avec des besoins particuliers (par exemple : Dytective pour la détection précoce de la dyslexie, StorySign pour traduire les livres en langue des signes afin d’aider les enfants vivant avec une surdité à lire, les chatbots pour aider les élèves atteints d’un trouble du spectre de l’autisme à améliorer leurs compétences en communication et à développer leurs interactions sociales).

Des enjeux éthiques à considérer

Il n’y a évidemment pas que des avantages à intégrer l’IA en éducation. Les enjeux éthiques soulevés sont nombreux; en voici quelques-uns :

  • Le plagiat et la tricherie : Des élèves consultent déjà des robots conversationnels pour rédiger une partie de leur texte ou pour faire leurs devoirs à la maison; d’autres ont recours à Photomath afin de résoudre des équations mathématiques à partir d’une photo. Selon Dave Anctil, il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable. « La majorité des élèves, dès l’âge de 13 ou 14 ans, utilisent ces outils », soutient-il. Le personnel enseignant doit donc adapter ses évaluations à cette nouvelle réalité. « On ne peut pas demander aux ados de faire un résumé de texte à la maison en s’imaginant que l’IA ne sera pas utilisée », poursuit-il. Cela dit, il prévient les enseignantes et enseignants qui souhaiteraient employer des outils en ligne afin de détecter du contenu plagié (comme Copyleaks) : « Ces outils sont loin d’être fiables pour le moment; ils créent souvent de faux positifs et de faux négatifs. »
  • La protection des données personnelles : Un grand volume de données personnelles sur les élèves est collecté par les applications, ce qui entraîne son lot de questions : qui possède ces données et qui peut y avoir accès? Quelles sont les limites éthiques de la collecte et de l’utilisation de données sur les élèves? Quelle est la validité légale du consentement par les élèves? « On ne sait pas à quelles fins les données colligées sur les élèves serviront ultérieurement », rapporte François Guité en ajoutant un autre point important : « Et, pour l’instant, il y a un vide juridique à savoir à qui appartiennent les données produites à l’école par les élèves. »
  • Les biais dans les algorithmes : Les algorithmes ne sont pas totalement neutres. Ils portent en effet les biais cognitifs conscients ou inconscients des personnes ou des entreprises qui les conçoivent. On sait entre autres que les outils d’intelligence artificielle qui analysent des données photographiques performent davantage avec des individus d’origine européenne, et ce, parce que les bases de données d’entraînement n’incluent pas un contenu suffisamment représentatif de notre société. De plus, en raison du manque de diversité linguistique au sein des gens qui conçoivent les algorithmes, l’IA est plus performante avec les données linguistiques anglophones. « Elle perpétue donc toutes sortes de biais que l’on retrouve dans la société, que ce soit de genre, de race, de sexe et autres », commente François Guité. Ces biais peuvent contribuer à maintenir ou à renforcer les préjugés ainsi que la discrimination envers les membres de la diversité.
  • La privatisation en enseignement : L’IA ouvre bien grande la porte des écoles et des salles de classe aux entreprises privées qui conçoivent des outils basés sur celle-ci. « Le fait que les données et l’expertise en matière d’IA soient détenues par un petit nombre de superpuissances technologiques et militaires internationales suscite également des inquiétudes », mentionne l’UNESCO dans un guide destiné aux autorités politiques. Autre chose : l’IA en éducation ne devrait pas être élaborée seulement par des personnes qui en profitent sur le plan financier. « Il y a toute une industrie qui cherche à prendre le contrôle de l’IA, confirme Dave Anctil. Cela devrait nous encourager à nous autonomiser pour choisir les types d’outils qu’on veut utiliser et ne pas payer les sommes astronomiques que le secteur privé nous propose. »

Éduquer à l’IA tout en éduquant avec l’IA 

Selon les experts interrogés dans le cadre de cet article, les élèves devraient dès maintenant comprendre l’IA (ce qu’elle est, comment elle fonctionne, comment elle peut influencer leur vie) afin de développer un esprit critique face à celle-ci et d’apprendre à l’utiliser de façon adéquate et responsable. « Les enseignantes et enseignants doivent être des modèles pour leurs élèves, c’est-à-dire les amener à une pensée critique bien sûr, mais aussi à un certain pragmatisme : on ne peut pas nier que cette technologie est révolutionnaire, omniprésente dans la société et qu’elle le sera de plus en plus. Donc, il faut les préparer à devenir des citoyennes et des citoyens responsables à ce sujet », pense François Guité. 

Cela permettrait, d’une part, de prévenir les risques liés à une mauvaise utilisation de l’IA, comme le plagiat ou la tricherie, et, d’autre part, de préparer les jeunes à s’en servir dans leur vie personnelle et professionnelle. « C’est important de préparer les élèves, qui sont les travailleuses et les travailleurs de demain, à prendre le contrôle de cette technologie parce qu’elles et ils évolueront dans une réalité professionnelle complètement différente de celle d’aujourd’hui. Pas dans 10 ou 20 ans, mais dans 4 ou 5 ans », prédit Dave Anctil.

Dans le guide destiné aux autorités politiques, l’UNESCO résume bien la situation : « [P]our aider les [élèves] à apprendre à vivre au mieux dans un monde de plus en plus influencé par l’IA, il faut une pédagogie qui, plutôt que de se concentrer sur ce que les ordinateurs savent faire (par exemple, mémoriser et calculer), mette davantage l’accent sur les compétences humaines (la pensée critique, la communication, la collaboration ou la créativité) et sur la capacité à collaborer avec des outils d’IA omniprésents dans la vie, l’apprentissage et le travail. »

L’importance de s’approprier l’IA dès maintenant

Pour pouvoir accompagner les élèves dans leur utilisation responsable et bénéfique de l’IA, le personnel enseignant doit d’abord apprendre à s’en servir. « Il est impératif que les enseignantes et les enseignants s’y intéressent, soutient Dave Anctil. Non seulement elles et ils ont l’obligation de le faire, professionnellement parlant, mais elles et ils ont énormément d’avantages à tirer de l’utilisation professionnelle de l’IA. Et elles et ils n’ont pas besoin de formations avancées ni d’apprendre la programmation. Leurs compétences pédagogiques et leur expertise dans les matières qu’elles et ils enseignent sont amplement suffisantes pour en tirer parti. »

Une autre bonne raison d’embarquer dans le train tout de suite plutôt que de le regarder passer, c’est que le développement de l’IA s’effectue à un rythme effréné. Dave Anctil tient à mentionner que ChatGPT-4, le modèle le plus puissant développé à ce jour, sera disponible gratuitement pour tout le monde quelque part cet été. « C’est comme si on passait de la bicyclette au Boeing d’un coup, image-t-il. C’est énorme le saut entre les deux versions parce que le modèle est dix fois plus puissant. Cela aura des répercussions immenses sur la prochaine rentrée scolaire. »

Bref, selon les experts interrogés, il est inutile de tenter de bannir l’IA des salles de classe ou de faire comme si elle n’existait pas. Il faut plutôt apprendre à s’en servir pour en tirer le maximum de bénéfices tout en réduisant au minimum les risques. Il importe également de commencer à la comprendre et à réfléchir dès maintenant à la façon dont on veut s’en servir pour améliorer le système d’éducation. « Il faut être capable d’anticiper l’avenir pour ne pas seulement être le sujet du développement, mais bien pour façonner le développement », conclut François Guité.

La négociation des conventions collectives démystifiée

Par Philippe Boivin, rédacteur agréé

Cette rubrique fait le point sur des sujets relatifs aux conditions de travail et aux droits des membres de l’AEFO.

Un des aspects importants sur lequel l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) travaille, et qui est au cœur même de sa mission de défendre et de promouvoir les intérêts des membres, est de tenter de négocier des meilleures conditions de travail possible. C’est par la négociation des conventions collectives de ses membres qu’elle tend notamment à y parvenir.

 

Une année forte en négociations pour l’AEFO 

Pour la première fois, de mémoire corporative, les conventions collectives de tous les membres de l’AEFO étaient en négociation durant la dernière année!

De plus, après plusieurs mois de négociation, l’AEFO et le Lycée Claudel ont conclu une entente de principe en mai dernier pour les membres des unités 201 et 202. La nouvelle convention collective, d’une durée de 3 ans, sera en vigueur jusqu’au 31 août 2026.

Après une période de négociation de plusieurs mois également, une entente de principe avec le CAE et le gouvernement a été conclue par l’Alliance des travailleuses et travailleurs en éducation (ATEO) pour les membres de l’Unité 103 – PAPSP, avec l’appui d’un conciliateur.

Pour ce qui est de la convention collective des membres de l’Unité 203, qui travaillent au Centre d’appui et de prévention (Le CAP), une entente de principe a finalement été ratifiée à la suite de longues négociations et d’une grève de 73 jours.

« Il va sans dire que les équipes de l’AEFO ont travaillé d’arrache-pied afin de négocier des ententes justes et équitables pour ses membres au cours de la dernière année », précise Julie Skinner.

 

Mais avant de monter au front pour défendre les intérêts de nos membres… 

… il faut d’abord s’entendre au sein de l’AEFO! C’est pourquoi l’association n’hésite pas à sonder ses membres pour connaître leurs besoins et leurs priorités sur différents enjeux. « À la lumière de ces informations, les membres de l’équipe de négociation vont prioriser les demandes. Cela leur permettra de mieux déterminer l’orientation à prendre lors des négociations et de décider des sujets précis qui y seront discutés », résume Julie Skinner.

 

Le cœur des négos 

Aux tables de négociation, les parties doivent s’entendre sur les sujets à négocier et, par la suite, les échanges de points de vue sur les sujets choisis ont lieu. C’est l’étape qui nécessite le plus de temps, car autant les personnes syndiquées que les employeurs doivent trouver un terrain d’entente. « D’ailleurs, quand l’équipe de négociation décide des sujets à discuter, elle tente le plus possible de les définir et de les formuler de manière à répondre aux attentes de nos membres ainsi qu’à celles du CAE et du gouvernement afin de faciliter la discussion », précise la directrice générale adjointe.

Cet exercice exige une écoute active de la part de l’équipe de négociation. C’est essentiel pour, d’une part, comprendre l’autre partie et les raisons de ses réticences et pour, d’autre part, trouver les solutions adéquates et négocier des ententes justes et équitables pour les membres. « Décidément, on apprend à développer notre intelligence émotionnelle à toutes les étapes d’une négociation! », admet-elle.

Vient ensuite la conclusion de l’entente. « Ce qu’on vise par-dessous tout ici, c’est que chaque entente fasse valoir les droits de nos membres et préserve leurs acquis », souligne-t-elle. Finalement, les membres du syndicat doivent voter pour l’accepter ou la refuser. Si elle est refusée, les négociations reprendront.

 

Les conventions collectives du personnel enseignant et suppléant 

Chaque convention collective pour le personnel enseignant et suppléant est divisée en deux parties : A et B. Pour la partie A, l’AEFO négocie avec des représentantes et des représentants du gouvernement et du CAE, qui représente les 13 conseils scolaires franco-ontariens. « Elle comprend majoritairement les points sur la rémunération, les avantages sociaux, les vacances et les différents congés », précise Julie Skinner. Une fois ratifiée, cette partie vaut pour toutes les conventions collectives du personnel enseignant et suppléant de l’AEFO.

La partie B, quant à elle, est négociée entre l’AEFO et chacun des 13 conseils scolaires. Elle porte sur des sujets qui n’ont pas été traités dans la partie A et qui concernent exclusivement chacune des 30 unités. « Ses points peuvent entre autres porter sur l’ancienneté et la sécurité d’emploi ou encore sur les changements de poste », cite en exemples la directrice générale adjointe. Pour cette partie, l’AEFO détermine un mode de négociation (une négociation conjointe de plus d’une unité ou une négociation par unité) et désigne des équipes de négociation spéciales.

Notons cependant que, pour certaines unités, comme la 201, la 202 et la 203, les ententes ne contiennent qu’une seule partie et que les points sont négociés directement avec l’employeur, en raison de la Loi sur les relations de travail de l’Ontario.

 

De récents succès qui remplissent de fierté

Cette année, les négociations menées par l’AEFO se sont toutes conclues en ententes de principe ratifiées, c’est-à-dire que les membres ont voté en leur faveur de façon majoritaire.

En outre, différents points de la dernière entente de principe pour la partie A des conventions collectives réjouissent particulièrement les membres du personnel enseignant, à commencer par l’absence de retranchement des acquis de la précédente convention. « C’est une victoire pour nous! De plus, on est parvenus à mieux encadrer l’enseignement hybride et virtuel, puis à supprimer l’exception de la non-remise de préparation lors d’une situation d’urgence pour l’Unité 66 », relate Julie Skinner.

Celle-ci tient également à mentionner l’engagement et la patience des membres. L’implication dont ont fait preuve les membres de l’Unité 203 a été remarquable pendant la grève de 73 jours. « On tient à remercier toutes les personnes ayant participé de près ou de loin à ces récentes négociations », conclue-t-elle.

Bienvenue au nouveau ministre de l’Éducation

OTTAWA, le 7 juin 2024 — Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a fait, aujourd’hui, la déclaration suivante à la suite de la nomination de l’honorable Todd Smith à titre de ministre de l’Éducation de l’Ontario : 

« En mon nom et en celui de l’AEFO, je tiens à féliciter l’honorable Todd Smith pour sa nomination à titre de ministre de l’Éducation de l’Ontario.  

Notre plus grand souhait est que le ministre Smith adopte une approche collaborative et concertée avec les travailleuses et les travailleurs en éducation pour adresser les nombreux enjeux auxquels nous sommes confrontés en éducation et particulièrement dans le système francophone.   

Après plusieurs années marquées par un sous-financement chronique et des politiques douteuses, nous espérons que cette nomination est une indication que le gouvernement est prêt à réellement mettre les meilleurs intérêts des élèves, du personnel en éducation et des citoyens de l’Ontario au premier plan.  

Pour réellement améliorer les choses en éducation, il faut s’attaquer aux vrais enjeux qui menacent l’éducation de langue française, de même que le bien-être et la réussite des élèves, et la liste est longue: violence dans les écoles, lourdeur de la tâche, absence de nombreuses ressources spécialisées pour besoins changeants des élèves, santé mentale, pénuries de main d’œuvre, et j’en passe. 

L’AEFO est donc prête à travailler avec vous, ministre Smith!  » 

– Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO. 

Réaction aux annonces du gouvernement concernant la restriction des cellulaires et l’interdiction du vapotage à l’école

OTTAWA, le 29 avril 2024 — Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a fait, aujourd’hui, la déclaration suivante en réaction aux annonces du gouvernement concernant la restriction des cellulaires et l’interdiction du vapotage à l’école :

« Les annonces de vendredi et de dimanche dernier sont encore la preuve que le gouvernement Ford effectue des exercices de relations publiques futiles, car s’il souhaite réellement améliorer les conditions d’apprentissage des élèves, comme il prétend vouloir le faire, il devra nous démontrer qu’il a l’intention de mener de réelles consultations avec le personnel en éducation et les élèves pour établir, ensemble, des plans d’action. Que ce soit sur les questions des cellulaires, du vapotage, de la violence ou de la santé mentale, le personnel et les élèves doivent faire partie des solutions pour améliorer de façon concrète notre système d’éducation financé par les fonds publics. Nous prendrons le temps d’analyser de plus près les différentes annonces des derniers jours et comment ceci va être mis en œuvre au quotidien. Il va sans dire que ces annonces n’apportent pas grand-chose de nouveau et bien des écoles ont déjà des codes de conduite qui adressent ces enjeux. Chose certaine, ce sont les enseignantes et les enseignants les mieux placés sur le terrain et en salle de classe pour savoir ce dont les élèves ont réellement besoin pour apprendre et s’épanouir dans des environnements scolaires sains, sécuritaires et de haute qualité. » – Anne Vinet-Roy, présidente, AEFO.

L’entente de principe pour les enseignantes et les enseignants franco-ontariens est ratifiée!

 

English follows

 

OTTAWA, le 27 mars 2024 – Les membres de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) ont ratifié à 93,5 % l’entente de principe conclue avec le gouvernement et le Conseil des associations d’employeurs (CAE) pour le renouvellement de la partie A des conventions collectives des membres du personnel enseignant et suppléant, échues depuis le 31 août 2022. Le vote électronique s’est tenu les 26 et 27 mars 2024.

« Nous tenons à remercier les membres de leur appui continu, leur solidarité et leur engagement pendant ces longues négociations. La ratification de l’entente de principe démontre que c’est grâce à cette force collective et syndicale que nous avons réussi à démontrer à ce gouvernement qu’il doit faire de l’éducation une réelle priorité. Nous continuerons à revendiquer un meilleur financement du système d’éducation en langue française et davantage d’appuis et de ressources en salle de classe pour améliorer les conditions d’apprentissage pour les élèves. Il est plus que temps que ce gouvernement reconnaisse que les enseignantes et les enseignants sont une valeur sûre pour former notre jeunesse et bâtir la société de demain. », déclare Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO.

Les négociations locales avec les conseils scolaires débuteront au cours des prochaines semaines et devraient se poursuivre jusqu’à l’automne.

 

L’AEFO compte environ 12 000 membres et représente les enseignantes et les enseignants des écoles élémentaires et secondaires de langue française de l’Ontario, tant catholiques que publiques, en plus du personnel professionnel et de soutien œuvrant dans différents lieux de travail francophones.

 

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The Franco-Ontarian Teachers’ Tentative Agreement Has Been Ratified!

OTTAWA, March 27, 2024 – The members of the Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) have ratified, with a 93.5% majority, their tentative agreement with the government and the Council of Trustee’s Association (CTA) for the renewal of Part A of the collective bargaining agreements of regular and supply teachers, expired since August 31, 2022. AEFO held an electronic vote on March 26 and 27, 2024.

“We thank our members for their continued support, solidarity, and dedication throughout these long negotiations. The ratification of the tentative agreement is proof that by standing together within our union, we showed the government that it must prioritize education. We will continue to advocate for better financing of the French language education system and more classroom support and resources to improve student’s learning conditions. It is long overdue for this government to recognize that teachers’ contributions to educate our youth is essential, to build the future for our society,” said Anne Vinet-Roy, AEFO President.

Local bargaining with school boards will be commencing within the next few weeks and is expected to continue through the fall.

 

AEFO has 12,000 members and represents French-language elementary and high school teachers in Ontario, from both Catholic and public school boards, and professional and support staff working in various French-language workplaces.

 

Réaction au budget provincial 2024

OTTAWA, le 26 mars 2024 — Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a fait, aujourd’hui, la déclaration suivante en réaction au budget provincial 2024 :

« Au courant de la dernière année, le gouvernement Ford s’est vanté de prioriser l’éducation à maintes reprises et il sort aujourd’hui un budget sans investissement significatif en éducation. Où sont les réelles actions et les gestes concrets? Il est temps que ce gouvernement cesse de jouer des jeux politiques et adresse les vrais défis que les communautés scolaires vivent depuis trop longtemps. Si le système d’éducation en Ontario continue de difficilement tenir le coup, c’est grâce au grand dévouement du personnel, et non grâce aux soi-disant investissements que le gouvernement fait faussement miroiter.  La pénurie du personnel en éducation est causée, entre autres, par la violence dans les salles de classe, de plus en plus préoccupante, et par la lourdeur de la tâche du personnel, qui a un impact important sur les conditions d’apprentissage des élèves.

Nous prendrons le temps d’analyser le budget provincial, mais chose certaine, nous nous attendons à beaucoup plus de ce gouvernement pour qu’il finance adéquatement l’éducation là où sont les réels besoins et surtout pour assurer une véritable équité des services pour les francophones. M. Ford, vous vous vantez de contribuer à la stabilité dans les salles de classe, pourtant vos solutions temporaires sont nettement insuffisantes. Votre gouvernement doit reconnaître qu’une économie ontarienne solide et forte passe par une éducation de qualité. Les travailleuses et les travailleurs en éducation font partie de la solution. Consultez-les, et valorisez le travail inestimable qu’elles et qu’ils font au quotidien pour former les citoyennes et les citoyens de demain. » – Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO.

La privatisation en éducation : une menace supplémentaire pour le système francophone

Par Amélie Cournoyer, rédactrice agréée

La privatisation est une solution de plus en plus souvent avancée par les entreprises et le gouvernement pour pallier les idées ou des perceptions de lacunes du système d’éducation financé par les fonds publics. Or, cette option représente une menace importante pour l’accès équitable à une éducation de qualité qui est gratuite et universelle pour l’ensemble des élèves, en particulier celles et ceux qui évoluent dans le système francophone en Ontario.

 

Depuis les 10 à 15 dernières années, la privatisation de l’éducation est une tendance à la hausse partout dans le monde, comme le rapporte la Campagne mondiale pour l’éducation (CME), un mouvement qui vise à faire avancer le droit à l’éducation sur la scène internationale. Dans de nombreux pays, une partie de plus en plus importante du système éducatif est détenue, gérée et financée par des intérêts privés. Et le Canada n’y fait pas exception.

«  L’éducation est un droit fondamental de la personne. Pour demeurer gratuite, de qualité et accessible, elle doit être perçue par le gouvernement et la population comme un investissement prioritaire, elle doit également continuer d’être financée par l’État et reposer sur des décisions prises démocratiquement », rappelle Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO).

 

Les différentes formes de privatisation

L’Internationale de l’Éducation (IE), une organisation syndicale mondiale dans le domaine de l’éducation, distingue deux types de privatisation :

  • la privatisation dans  l’enseignement public, c’est-à-dire « l’importation d’idées, de techniques et de pratiques issues du secteur privé afin de rendre le secteur public plus réceptif à l’esprit d’entreprise et plus conforme au style de fonctionnement d’une entreprise »;
  • la privatisation de  l’enseignement public, soit « l’ouverture de services publics éducatifs à une participation du secteur privé dans un but lucratif [ou non] et en utilisant le secteur privé dans le but de concevoir, de gérer ou de mettre à disposition certains aspects de l’enseignement public ».

Le Rapport sur la privatisation de l’éducation de la maternelle à la 12e année, au Canada, qui a été produit par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), recense plusieurs exemples de privatisation dans et de l’enseignement public en Ontario. En voici seulement quelques-uns :

  • les bons d’études qui fournissent des fonds publics à des écoles privées;
  • les campagnes de financement à l’école (p. ex. : les écoles qui demandent aux élèves de vendre des produits contre un pourcentage des ventes);
  • le financement d’écoles privées par des dons provenant de l’étranger;
  • la sous-traitance de services en milieu scolaire destinés aux élèves ayant des besoins particuliers (p. ex. : orthophonie, ergothérapie);
  • le parrainage de ressources scolaires et d’équipement sportif par des entreprises;
  • les cours en ligne donnés par des entreprises privées (comme la Virtual High School);
  • la présence d’entreprises dans les salles de classe par l’intermédiaire d’applications et de plateformes, telles que Google et Brightspace;
  • les tests de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) ainsi que le classement des écoles qui en découle;
  • les partenariats public-privé (PPP) pour la construction et le fonctionnement des écoles;
  • le retrait de services aux élèves qui force les familles à se tourner vers des services privés.

 

Une stratégie de privatisation en 6 étapes

À travers le monde, plusieurs groupes s’opposent farouchement à la privatisation et à la monétisation de l’éducation (p. ex. : parents, personnel enseignant, syndicats de l’enseignement, organisations de défense des droits humains). En 2015, par exemple, des rapporteuses et rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont déclaré que « la privatisation nuit à l’éducation en tant que bien public ». L’année suivante, l’organisation internationale adoptait une résolution concernant l’importance de gérer « les impacts négatifs possibles de la commercialisation de l’éducation ».

Face à cette opposition, les adeptes d’une éducation payante et lucrative ont développé une stratégie qui a déjà été éprouvée dans d’autres pays, comme les États-Unis. La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) s’est d’ailleurs basée sur les travaux de l’American Federation of Teachers (AFT) afin de détailler la façon dont cette stratégie est appliquée en Ontario :

  1. Exagérer les problèmes auxquels fait face le système public et trouver un coupable. Dans le but de gonfler le déficit du système d’éducation et de créer une panique financière, le gouvernement Ford utilise des rapports triés sur le volet, comme celui de la Commission d’enquête indépendante sur les finances ainsi que Managing Transformation d’Ernst & Young. Il a de plus créé des lignes téléphoniques de dénonciation du personnel enseignant.
  1. Affaiblir le soutien populaire au système en suscitant le doute et la méfiance. Le gouvernement Ford a déjà suggéré que les parents devaient se doter d’une charte des droits, par exemple. Il discrédite aussi les groupes qui sont en désaccord avec lui.
  1. Créer des solutions de rechange au système. À ce stade-ci, les adeptes de la privatisation vont parler de « remèdes miracles » afin de sauver le système d’éducation en évoquant des solutions commerciales (p. ex. : bons d’études, crédits d’impôt pour les droits de scolarité, écoles à charte, implication des entreprises dans les salles de classe). Le gouvernement Ford a, pour sa part, fait référence aux économies qui découleraient de l’instauration d’un choix en éducation.
  1. Adapter le message. L’objectif ultime de la privatisation n’est pas d’améliorer l’éducation, mais de réaliser des profits. Ainsi, lorsque la recherche de profits ne permet pas d’améliorer les apprentissages, les adeptes de la privatisation modifient le message et recommencent à zéro. 
  1. Développer une stratégie juridique. Lorsque leur campagne visant à affaiblir le soutien populaire au système d’éducation financé par les fonds publics n’atteint pas pleinement son objectif, des adeptes de la privatisation mènent leur lutte devant les tribunaux (p. ex. : pour le financement public des établissements privés ou contre les syndicats en éducation). 
  1. Diversifier les formes de privatisation. Aux États-Unis, le mouvement des écoles à charte a beaucoup ralenti puisque celles-ci n’ont pas réussi à respecter leurs engagements. Des adeptes de la privatisation explorent donc de nouvelles formes de privatisation, telles que l’intelligence artificielle, l’apprentissage personnalisé ou sur demande ainsi que d’autres formes d’intrusion des entreprises dans les salles de classe.

Lors d’une conférence offerte à l’Université de Toronto en 2011, l’intellectuel et activiste Noam Chomsky a très bien résumé cette stratégie : « C’est la technique standard de la privatisation : définancer le système, s’assurer qu’il ne fonctionne pas, mettre les gens en colère, puis le confier au capital privé. »

 

Les risques associés à la privatisation

Laisser l’éducation à des intérêts privés n’est pas sans risque. Voici une liste de risques qui est inspirée du document Bien public contre profits privés réalisé par la CME :

  • La fin de l’universalité de l’éducation. Les écoles payantes ne sont pas abordables pour les familles moins favorisées. Par ailleurs, il a été démontré que seuls les gouvernements ont la capacité financière d’offrir une éducation universelle. 
  • L’accroissement des iniquités dans l’accès à l’éducation. Dans son livre The Market Approach to Education, John F. Witte explique que le modèle de marché en éducation ne peut que stratifier l’éducation, comme c’est le cas pour tous les produits commercialisés. En découlera une éducation à deux vitesses : une pour l’élite et une autre pour la masse. 
  • L’instabilité dans le parcours scolaire. Les enfants ont besoin de constance dans leur éducation. Or, les écoles privées sont sujettes à fermer leurs portes lorsqu’elles sont insoutenables ou déficitaires. En outre, les parents qui n’arrivent plus à payer les droits de scolarité de leurs enfants n’ont d’autre choix que de les retirer de l’école et de trouver une solution de rechange moins coûteuse.
  • La dégradation de la qualité de l’éducation. La privatisation favorise l’embauche d’enseignantes et d’enseignants sans qualification. Comme le rappelle l’Elementary Teachers Federation of Ontario (ETFO) dans le rapport de la FCE, « [a]ucune loi ni aucun cadre réglementaire ne régit la privatisation de l’éducation en Ontario. La province traite les écoles privées comme des entreprises; ces écoles ne sont soumises à aucun règlement ni aucune directive. […] Les enseignantes et enseignantes en poste dans des écoles privées de l’Ontario n’ont pas besoin d’être certifiés ni membres de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario. »
  • Le changement dans les rôles. Dans un article publié dans la revue scientifique Éducation et francophonie, Denis Haché, professeur agrégé à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario de l’Université de Toronto, dénonce les répercussions du modèle privé sur les professionnelles et les professionnels de l’éducation. La direction d’école, par exemple, devient gestionnaire d’affaires. En plus d’être responsable des programmes, du personnel et des budgets, elle doit s’occuper des relations publiques avec les parents, les entreprises et la communauté. Le corps enseignant pourrait, pour sa part, voir l’influence qu’il exerce en tant que professionnel au sein de la société se réduire au simple statut de transmetteur de connaissances. Quant à l’élève, on ne le perçoit plus comme une personne qui apprend, mais comme une cliente ou un client.
  • L’introduction de nouvelles valeurs et priorités. En faisant entrer les écoles en compétition entre elles, la privatisation introduit un langage des affaires de même que des valeurs entrepreneuriales et commerciales, telles que la productivité, l’efficacité, la compétition et le leadership. Surtout, la privatisation alimente une vision marchande de l’éducation, où l’intérêt privé et individuel passe devant le bien public au service de toute la collectivité.
  • La dégradation des conditions de travail. La privatisation nuit à la capacité des syndicats d’appuyer et de protéger leurs membres. Leur rôle s’amenuise et le principe même de négociation collective est menacé. En résulte une diminution des conditions de travail, des salaires et de la sécurité d’emploi. Sans conventions collectives, la rémunération du personnel enseignant pourrait être liée au mérite et à la performance plutôt qu’à l’ancienneté. Le corps enseignant pourrait également devoir assumer des tâches supplémentaires, répondre à de nouvelles exigences de certification et effectuer de plus longues heures de travail.

« Les risques associés à la privatisation du système éducatif en Ontario sont bien réels. Ils se font d’autant plus préoccupants lorsqu’il s’agit du système francophone puisque nous ne connaissons pas encore les conséquences que ces réformes pourraient avoir sur l’attrait et la rétention des élèves et du personnel dans nos écoles pour lesquels nous nous battons encore », mentionne Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO.

 

Ne pas répéter les mêmes erreurs

Dans un article de blogue de la FCE, la directrice exécutive Cassandra Hallett écrit que nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil sur la Grande-Bretagne ou les États-Unis, des pays pourtant prospères, pour voir des systèmes d’éducation en déroute à cause de la privatisation. « Nous ne voulons pas, dans une dizaine d’années, regarder en arrière et nous demander : “Pourquoi n’avons-nous rien fait pour stopper la privatisation et la commercialisation du système d’éducation publique du Canada?” »

La FCE propose donc d’agir sur deux fronts : résister à la privatisation et à la commercialisation de l’éducation publique financée par l’État, puis nous attaquer aux faiblesses et aux lacunes du système public qui découlent de son sous-financement. « Cette double mission est essentielle. Les entreprises de services éducatifs continueront d’exploiter ces failles (réelles et perçues) à leur avantage, surtout là où les gouvernements facilitent en fait l’intervention du secteur privé en éducation », clame la fédération.

L’AEFO appuie cette déclaration. « Le système d’éducation public rencontre de nombreux problèmes depuis plusieurs années. Ce n’est pas avec les fausses promesses du privé que nous parviendrons à les surmonter, mais plutôt avec une volonté et un engagement de la part de notre gouvernement, soutenus par des investissements adéquats », conclut la présidente Anne Vinet-Roy.

Pénurie criante de personnel enseignant francophone : le gouvernement Ford doit faire beaucoup plus et plus rapidement

OTTAWA, le 19 mars 2024 – L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), tout comme ses homologues des autres syndicats en enseignement en Ontario (OECTA, ETFO et FEESO*), appuie la décision de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (FEO) de ne pas acquiescer à la demande du ministre de l’Éducation de prolonger la limite de réemploi des enseignantes et des enseignants à la retraite de 50 à 95 jours.  

« Étendre la limite de réemploi pour les enseignantes retraitées et les enseignants retraités n’est définitivement pas une solution pour retenir et recruter du personnel. Cette mesure risque plutôt d’avoir un effet contraire en incitant le personnel en poste à prendre une retraite prématurée en ayant la possibilité de bénéficier d’une rente et d’un revenu d’emploi pendant près d’une demi-année scolaire. Le régime de retraite est conçu pour fournir un revenu aux enseignantes retraitées et enseignants retraités et ne doit pas être un outil pour contrer les défis du marché du travail. », déclare Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO. 

L’AEFO est d’avis que de meilleures solutions sont à portée de main et ne cessera de le répéter : le gouvernement tarde beaucoup trop à mettre en œuvre l’ensemble des 37 recommandations du rapport du Groupe de travail sur la pénurie du personnel enseignant dans le système d’éducation en langue française. Il s’agit de solutions concrètes qui font consensus et qui lui ont été soumises il y a plus de trois ans déjà. 

Tout comme les autres syndicats en enseignement, cela fait plusieurs années que l’AEFO soutient qu’il est impératif de s’attaquer concrètement au cœur du problème du recrutement et de la rétention des enseignantes et des enseignants et de leur offrir les ressources nécessaires pour des conditions d’apprentissage et de travail à la hauteur des importants services qu’elles et qu’ils offrent aux élèves.  

« Nous ne nous attendons à rien de moins qu’à une réelle volonté politique et des actions concrètes pour régler ce problème. Le gouvernement doit faire des investissements majeurs pour lutter contre la violence croissante dans les écoles, réduire le nombre d’élèves par classe et améliorer les ressources et le soutien au personnel avec une attention particulière aux besoins des francophones. », poursuit Anne Vinet-Roy.  

L’AEFO et les autres syndicats en enseignement auraient d’ailleurs souhaité que le gouvernement aborde davantage ces questions dans le cadre des négociations centrales, mais il a refusé de saisir cette occasion pour démontrer une réelle volonté de régler ce problème; un problème qu’il a lui-même créé. 

Une fois de plus, l’AEFO exhorte le gouvernement d’agir rapidement afin : 

  • d’augmenter le nombre de places et le financement dans les programmes de formation en enseignement en français; 
  • de favoriser l’insertion professionnelle et la rétention du nouveau personnel enseignant; 
  • d’adresser la question de la lourdeur de la tâche et de l’augmentation inquiétante de la violence dans les écoles;  
  • de valoriser publiquement la profession enseignante; et 
  • de promouvoir les opportunités d’emploi en éducation en langue française. 

*OECTA : Ontario English Catholic Teachers Association
ETFO : Elementary Teachers Federation of Ontario
FEESO : Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario  

 

 

Assemblée annuelle 2024 : Gabrielle Lemieux élue à la présidence provinciale de l’AEFO

Les membres choisissent un nouveau comité exécutif  

OTTAWA, le 25 février 2024 – Mme Gabrielle Lemieux, une enseignante de la région de Sudbury, a été élue à la présidence provinciale de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) par les 165 membres délégués réunis à Ottawa les 24 et 25 février 2024 pour l’assemblée annuelle du syndicat.  Son mandat de deux ans débutera le 1er septembre 2024 et elle succèdera à Mme Anne Vinet-Roy.  

Forte de plus de 15 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation comme membre et délégué à l’Unité 57 – Nord-Ouest publique et actuellement première vice-présidente du conseil d’administration de l’AEFO, Gabrielle Lemieux se dit heureuse de la confiance que lui accordent les membres et s’engage à continuer de valoriser les valeurs collectives et syndicales d’équité, de transparence, de solidarité, d’inclusivité et d’engagement pour favoriser leur bien-être dans leurs milieux de travail respectifs.  

« Je me sens privilégiée de servir et représenter les quelque 12 000 membres de l’association. Je compte exercer un leadership rassembleur et miser sur la concertation des forces de chacune et de chacun pour bâtir, ensemble, l’AEFO de l’avenir plus juste, plus équitable et plus diversifiée. Pour ce faire, je continuerai d’entretenir et de maintenir des relations avec les différents organismes du monde syndical, de l’éducation et de la francophonie. Je serai à l’écoute des membres, de leurs besoins et de leurs préoccupations pour continuer de revendiquer de meilleures conditions de travail et d’adresser les importants défis qui nous affectent au quotidien, comme la pénurie du personnel en éducation, la valorisation de nos professions, tant en éducation qu’en santé mentale ou en petite enfance, et la nécessité d’obtenir un meilleur financement de nos services publics en langue française. » déclare Gabrielle Lemieux. 

Les membres délégués ont également élu leur nouveau comité exécutif, qui entrera en fonction le 1er septembre 2024.  

  • Gabrielle Lemieux, de la région de Sudbury, présidente élue 
  • Sylvain Ducharme, de la région d’Ottawa, première vice-présidence 
  • Ambroise Gomis, de la région d’Ottawa, deuxième vice-présidence  
  • Patrice Dufour, de la région de Sarnia, conseiller 
  • Francis Bourgon, de la région de l’Est ontarien, conseiller 

Les personnes suivantes ont aussi été élues comme administratrices ou administrateurs au conseil d’administration de l’AEFO provinciale pour les unités paires pour un mandat de deux ans débutant le 1er septembre 2024.  

  • Abdelmajid Rahmouni, Unité 58 
  • Josée Trudel, Unité 60A 
  • Nathalie Drolet, Unité 60B 
  • Émilie Brochu, Unité 62
  • Mylène Comeau, Unité 64
  • Carla Khazzaka, Unité 202
  • Renée-Lyne Girard, Unité 204 

Prix anniversaire 

Lors de son assemblée annuelle, l’AEFO a donné le coup d’envoi des célébrations pour souligner son 85e anniversaire sous la thématique L’AEFO, une valeur sûre depuis 85 ans !  Découvrez la vidéo souvenir.   

Pour l’occasion, l’AEFO a remis son prix anniversaire qui reconnaît des personnes ou des organisations qui se démarquent par leur engagement social et l’importance de leur contribution auprès de la francophonie. Le récipiendaire 2024 du Prix anniversaire de l’AEFO est La Coopérative Pas à Pas, La CEPAP qui œuvre à l’intégration professionnelle des enseignantes immigrantes et des enseignants immigrantes.  Découvrez le travail exceptionnel et l’impact de la CEPAP auprès du personnel en éducation et auprès des élèves.  

 

Mérite franco-ontarien 

L’AEFO a également remis pendant son assemblée annuelle un prix de reconnaissance, le Mérite franco-ontarien, à deux de ses membres : Suzanne Mongrain-Smith, enseignante à l’École secondaire catholique Algonquin à North Bay, qui, par son engagement auprès de la jeunesse franco-ontarienne, a contribué de façon exceptionnelle au rayonnement de la langue française et de la culture francophone et Suzanne Arbour-Michel, technicienne en éducation spécialisée à l’École secondaire catholique Franco-Cité à Sturgeon Fall pour son engagement syndical exceptionnel auprès des membres de l’AEFO dans les lieux de travail.  

 

L’AEFO compte environ 12 000 membres et représente les enseignantes et les enseignants des écoles élémentaires et secondaires de langue française de l’Ontario, tant catholiques que publiques, en plus du personnel professionnel et de soutien œuvrant dans différents lieux de travail francophones. 

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